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RFI - Si loin si proche

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  • L'Amérique, selon Eddy L. Harris
    À l'occasion du Festival America qui s'est tenu du 22 au 25 septembre 2022 à Vincennes, en région parisienne, rencontre avec un écrivain qui interroge, depuis plus de 30 ans, à travers ses récits et ses voyages l'Amérique, son histoire, ses blessures et son racisme.  Dans les années 80, l’Américain Eddy L. Harris décide à 30 ans de se lancer seul, en canoë, sur le Mississippi pour voir « de quel bois il était fait », cherchant dans ses eaux troubles le reflet de sa propre histoire et celle de son pays: les États-Unis. Á l’issue de ce voyage initiatique sur près de 4 000 kilomètres, il va publier « Mississippi Solo », son premier livre devenu par la suite un classique des récits de voyage. Il a aussi relevé le défi qu’il s’était lancé, résumé à sa manière par son vieil oncle Robert : « aller de là où il n’y a pas de Noirs à là où on ne nous aime toujours pas beaucoup. ». Trente ans plus tard, l’écrivain noir américain repart seul sur ce fleuve mythique, immense, qui coule du Nord au Sud et traverse pas moins de 10 États, charriant la mémoire de la colonisation et de l’esclavage dans un pays hanté par ses blessures raciales. De ce nouveau voyage, il en tire un récit, « Mississippi dans la peau », publié en 2022 en France. On y croise pêle-mêle l’ombre de Mark Twain et d’Obama, des barges obèses signes d’une industrialisation effrénée autour du fleuve, des descendants d’autochtones amérindiens et d’autres oiseaux -les tourtes voyageuses- eux aussi décimés par le colon européen avide de prises et de conquête. Chemin faisant, à coup de pagaie et de réflexions puissantes sur ce qu’être Noir signifie encore aujourd’hui aux États-Unis, l’écrivain trace sa route et creuse son sillon, profond. Car entre ces deux livres, Eddy L. Harris a parcouru et écrit le monde, de Harlem où il a vécu un temps, en passant par le Vieux Sud américain, l’Afrique et la France où il a désormais élu domicile.   Quelques ouvrages d’Eddy L. Harris : - « Mississippi dans la peau ». 2022. Éditions Liana Levi - « Mississippi Solo ». 2020. Éditions Liana Levi. (Publication originale : 1988) - « Paris en noir et black ». 2009. Éditions Liana Levi - « Harlem ». 2007. Éditions Liana Levi.
    10/2/2022
    48:30
  • 20 ans après le naufrage du Joola: la mer n’est pas un cimetière
    Le 26 septembre 2002, au large des côtes gambiennes, a eu lieu l’une des pires catastrophes maritimes civiles connues à ce jour. 20 ans après, sur la liaison entre Dakar et Ziguinchor, le souvenir du drame du Joola est dans tous les esprits. Il y a 20 ans, par une nuit de tempête, le Joola sombrait en mer avec à son bord plus de 2 000 passagers de 12 nationalités. La capacité du bateau était de seulement 550 passagers et il n’y aura que 64 rescapés. Ce naufrage va endeuiller un pays tout entier: le Sénégal et une région la Casamance, frappant aussi au cœur l’humanité dans son ensemble, tant ce drame maritime, humain, nous concerne et nous touche tous encore, 20 ans après.  20 ans après, l’épave du bateau gît toujours au fond de l’océan, le dossier a été classé sans suite au Sénégal et les voies de recours sont épuisées en France. Aujourd’hui, entre Ziguinchor et la capitale Dakar, les navires font toujours la liaison entre les deux ports, assurant le transport du fret et des passagers. Dans leur sillage, ils charrient aussi la mémoire de ce naufrage, véritable drame national au sujet duquel de nombreuses questions demeurent sans réponses. 20 ans après, Raphaëlle Constant est allée à la rencontre de Malang Badji et Ousseynou Djiba, rescapés du Joola. Elle est également montée à bord du navire Aguène en route pour Ziguinchor, en compagnie de Boubacar Ba, président de l’Association Nationale des familles de victimes du Joola. Un voyage en mer où l’on navigue entre insouciance de la traversée au temps présent et gravité du souvenir, un souvenir qui pèse d’autant plus lourd que les familles de disparus réclament 20 ans après, encore justice.  Un documentaire de Raphaëlle Constant.   À lire : - « Les disparus du Joola ». Adrien Absolu. Éditions J.-C. Lattès. 2020. - « Souviens-toi du Joola ». Patrice Auvray. Éditions Globophile. 2015.
    9/25/2022
    48:30
  • Les objets africains pillés pendant la colonisation: voyage aller et retour
    Alors que le retour du patrimoine africain sur le continent s'impose progressivement à l'Europe, l'autrice franco-finlandaise Taina Tervonen est partie entre la France et le Sénégal, sur les traces d'un fascinant trésor.  Pendant longtemps, sur les cartels placés en dessous des objets du patrimoine africain exposés dans les musées de France et d'Europe, on pouvait lire les mots « collecte », voire « don ». Parfois, en plus de la date et la mention du lieu de provenance de ces objets, on pouvait lire le nom d’un homme, officier souvent, qui les aurait « collectés ». Un silence et des éléments de langage qui laissent peu de doute sur le contexte colonial dans lequel ces objets ont été capturés, pillés, pour arriver ensuite dans les collections des musées français et européens.  Pour Taina Tervonen, qui a grandi au Sénégal, appris le français à l’école sénégalaise mais surtout les héros africains de la Résistance à la colonisation, ce silence des salles Afrique des musées français est assourdissant. L'autrice franco-finlandaise décide alors de partir en quête du trésor de Ségou, dont s'est emparé, en 1890, le colonel français Louis Archinard, au moment de la chute de la capitale de l’Empire Toucouleur. Consultant les archives et la tradition orale africaine, Taina Tervonen suit à la trace ce butin colonial, qui va se disperser et rejoindre les réserves des musées français, loin des regards, comme oublié de nos mémoires. Ce trésor de Ségou est composé de manuscrits, d'armes, de bijoux, d'objets rituels et du quotidien, mais aussi d'un enfant Abdoulaye, enlevé par le colonel Archinard et envoyé en France à la fin du XIXè siècle. Il était le petit-fils du grand chef mystique El Hadj Oumar Tall, héros de la Résistance à la colonisation. Depuis des décennies, la communauté oumarienne réclame en vains le retour de ces objets. En novembre 2017, lors de son discours de Ouagadougou, le président Emmanuel Macron a officiellement plaidé « pour le retour d’ici 5 ans » des œuvres du patrimoine africain, une annonce qui a suscité de vifs débats en France. En 2018, la France a officiellement rendu au Sénégal le sabre attribué à El Hadj Oumar Tall, qui aurait été pris à Ségou, mais dont on a du mal à déterminer la trajectoire et la provenance. Ce sabre est désormais exposé au Musée des Civilisations noires de Dakar. C'est donc l'histoire d'un voyage aller ET retour que nous raconte Taina Tervonen, une histoire commune entre la France et l'Afrique, peuplée de fantômes de la colonisation, d'enfants arrachés à leur terre et à leur culture, d'officiers dévorés par leur gloire personnelle, de stratégie de conquêtes et de manipulation, mais aussi d'objets trophées coloniaux, témoins de cette époque violente et longtemps passée sous silence. Dans son récit choral passionnant «Les otages» paru aux Éditions Marchialy, elle donne alors la parole à ses objets; et à sa manière, elle leur donne vie.    En savoir plus : - Sur le rapport rendu en 2018 sur la restitution du patrimoine africain par Felwine Sarr et Bénédicte Savoy - Sur «Les vies du Trésor de Ségou». Un article de Daniel Foliard. Revue historique 2018. Cairn.info  - Sur Abdoulaye Tall, petit-fils d'El Hadj Oumar Tall, capturé en 1890 et envoyé en France par le Colonel Archinard. Abdoulaye Tall sera la premier Africain à intégrer l'École militaire de Saint-Cyr en France - Sur le retour des trésors royaux d'Abomey exposés au Bénin et le processus de réappropriation. Un Grand Reportage de Delphine Bousquet.
    9/18/2022
    48:30
  • L'incroyable odyssée des frères Omidvar
    Ces deux aventuriers iraniens ont entrepris dans les années 50-60, un improbable tour du monde, à moto d'abord à travers l'Asie, l'Océanie ou l'Amérique, puis en 2 CV sur le continent africain. Le récit de leurs dix ans de voyage, encore largement méconnu dans l'espace francophone, est enfin adapté et traduit en français. Téhéran, été 1954 Issa et Abdullah Omidvar enfourchent leur moto Matchless et tracent un chemin de liberté et de fraternité à nul autre pareil, qui les conduira sur les pistes africaines, les routes sablonneuses de l'Australie ou les voies sinueuses du Tibet. Depuis trois ans, les deux frères préparent ce grand voyage, avec en tête l'idée de rencontrer, filmer et « étudier » les peuples les plus isolés de la planète. Dix ans plus tard, ils auront traversé près de 100 pays, vécu des mois auprès des Aborigènes, des Inuits du Grand Nord, des Pygmées ou d'ethnies reculées d'Amazonie, récoltant au passage de précieux témoignages (écrits, objets, photos et films) d'un monde particulièrement riche, parfois sans frontières, mais déjà secoué par un ordre mondialisé qui a la ferme intention de s'imposer partout. À leur retour en Iran, ils seront accueillis en héros. Leur voyage inédit est un exploit.  Téhéran, années 2000  Jean-Louis Ozsvath, un français passionné de voyages, découvre comme beaucoup, l'existence de ces deux Iraniens pionniers de l'exploration, à travers le musée qui leur est consacré à Téhéran, dans le palais de Saadabad, présenté comme le « premier musée d'ethnologie d'Iran ». Il découvre aussi le récit publié en anglais de ce tour du monde, écrit par Abdullah et Issa. Mieux, Jean-Louis Ozsvath apprend que les deux frères sont encore en vie et continuent de partager leurs souvenirs depuis l'Iran où vit Issa, et le Chili où s'est installé pour sa part Abdullah (jusqu'à sa mort récente à l'été 2022). Il entreprend alors de les rencontrer de Santiago à Téhéran, et d'adapter en français leur récit de voyage, encore totalement méconnu dans le monde francophone.  Pendant leurs dix années passées sur les routes, les frères Omidvar n'ont pas fait que partager le quotidien des peuples qu'ils ont rencontré. Ils les ont filmés, suivi longuement, cherchant à les comprendre, les connaître sans les préjugés coloniaux qui guidaient alors encore beaucoup d'Européens. Ils étaient Iraniens, leur rapport était différent, le regard neuf souvent, naïf parfois. Mais ce qui frappe en lisant leur récit publié aux éditions Névicata/Elytis, c'est à quel point les deux ethnographes et documentaristes iraniens nous alertent, à leur manière, sur la direction que prend le cours de l'histoire et du monde, dénonçant la surpopulation, la surexploitation des ressources naturelles et la disparition en marche de la richesse et de la diversité culturelle qu'incarnent les peuples premiers. Deux aventuriers pas banals qu'il faut donc suivre et à qui il faut aussi, enfin, rendre hommage.  À lire, à voir et écouter  Le voyage des frères Omidvar : deux aventuriers iraniens à travers le monde d'Issa Omidvar, par Jean Louis Ozsvath. Éditions Nevicata Elytis Un article sur le musée des frères Omidvar et ce que cela dit de notre rapport au voyage, par l'autrice Lucie Azéma dans le Courrier International. Quelques extraits en ligne des films des frères Omidvar, sous-titrés en anglais. La musique enregistrée par frères Omidvar pendant leur tour du monde : Rahavard (2002). Disponible en ligne sur les plateformes audio.
    9/9/2022
    48:30
  • L’encre et la chaîne: sur les traces de la mémoire de l’esclavage à La Rochelle
    Nouvelle escale dans notre grand voyage sur les traces de la mémoire de l’esclavage. Après Nantes, Liverpool, la Louisiane ou les îles de La Guadeloupe, on prend la direction de La Rochelle, deuxième port négrier de France au XVIIIe siècle. Encre marine et chaînes d’esclaves. Chairs noires et pierres blanches. Ces mots hantent la visite de ceux qui cherchent les traces du passé négrier de cette belle cité marine et marchande, située au cœur du golfe de Gascogne, et qui, très tôt, s’est lancé dans cet « infâme trafic ».  En effet, dès le XVIe siècle, La Rochelle est le premier port français à s’engager dans le commerce transatlantique d’êtres humains et de denrées dites coloniales pour devenir au XVIIe siècle le premier port négrier du Royaume de France. En tout, on dénombre 427 navires partis de la cité rochelaise, des navires qui vont déporter plus de 130 000 Africains de l’autre côté de l’Atlantique. Aujourd’hui, au coin de la rue, à La Rochelle, on retrouve le nom d’un de ces bateaux négriers, L’Armide. Et depuis 2021, la ville a choisi d’adosser des explications à ce nom de rue, comme elle l’a fait pour six autres plaques de rue portant le nom d’armateurs négriers ou de descendants d’esclavagistes rochelais.  Ce travail de mémoire et de partage du passé négrier de La Rochelle a donc fait son chemin, sous l’impulsion d’associations comme Mémoria ou Mémoires et partages, qui a débuté à Bordeaux et ouvert récemment une antenne à La Rochelle. Elle propose aujourd’hui des visites guidées de « La Rochelle négrière ».  À l’issue du Black History Month ou Mois de l’histoire des Noirs en France qui s'est tenu en février 2022, on part comprendre comment se raconte et se retrouve ce passé dans une ville qui a, en partie, bâti sa prospérité sur l’esclavage et le commerce triangulaire. Les traces sont là, des quais du Vieux port aux belles façades de pierre blanche, des rues de la Vieille ville au musée du Nouveau Monde, situé dans un hôtel particulier, jadis propriété d’un planteur esclavagiste rochelais ayant fait fortune à Saint-Domingue, l’actuelle Haïti. Ouvert en 1982, ce musée est l’un des tout premiers musées français à avoir partagé ce passé à la fois tragique et fondateur.  Un reportage de Céline Develay-Mazurelle et Laure Allary. Initialement diffusé le 13 mars 2022. ► En savoir plus : - La mairie de La Rochelle a édité un parcours sur les traces de l’esclavage dans la ville. À retrouver et télécharger ici avant votre visite.  - Sur l’histoire de la traite rochelaise au XVIIIe siècle, une exposition virtuelle disponible ici et un dossier pédagogique élaboré par les archives départementales de Charente-Maritime. - Sur le musée du Nouveau Monde ouvert en 1982 qui revient longuement dans ses salles sur le passé négrier de la ville. - Sur l’antenne rochelaise de l’association Mémoires et partages qui organise des visites guidées « La Rochelle négrière » dans la ville. - Sur l’action de l’association Mémoires et partages créé par Karfa Diallo à Bordeaux, autour de visites du « Bordeaux Nègre ».  - Sur l’association Mémoria, une association mémorielle pionnière créée par Josy Roten. - Sur la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. ► À lire :  - Mémoire noire, histoire de l'esclavage : Bordeaux, La Rochelle, Rochefort, Bayonne, un ouvrage collectif de référence. Éditions Mollat, 2020. - La Rochelle, l'Aunis et la Saintonge face à l'esclavage, ouvrage collectif sous la direction de Mickaël Augeron et Olivier Caudron. Éditions Les Indes savantes, 2012. - La Rochelle, second port négrier français, de Jean-Michel Deveau. Cahiers des Anneaux de la Mémoire. Nantes, 2007.
    9/4/2022
    48:30

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