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RFI - Chronique des Matières Premières

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  • Chronique des matières premières - Dinde de Noël : la facture sera-t-elle salée ?
    La dinde de Noël sera-t-elle accessible à tous ? Aux États-Unis, en Grande-Bretagne, ou en France, les prix montent… mais pas dans les mêmes proportions.  Le porte-monnaie des Américains a souffert pour le repas de Thanksgiving, et il y a peu de chance que cela s'arrange d'ici Noël : la dinde est en moyenne pour ce quatrième trimestre 20 % plus cher que l'année dernière, selon les chiffres du ministère américain de l'Agriculture. Par crainte d'une demande en baisse pour ces fêtes et face au contexte sanitaire imprévisible les éleveurs ont redimensionné leurs élevages. Fin septembre, les stocks américains de petites dindes congelées et d'escalopes de dinde ont baissé de plus de 20 à 50 % selon les catégories de produits par rapport à l'année dernière. Une production moindre pour éviter les invendus au 1er janvier Une dinde plus rare est devenue une dinde plus chère, d'autant qu’il a fallu dépenser plus cette année pour la nourrir, les coûts de l'alimentation bétail ayant augmenté de 30 %. Et sachant qu’ils représentent 60 % des coûts de production pour un éleveur, on voit vite que la facture ne peut que monter. Cette tendance est générale, précise Jean-Paul Simier, économiste spécialiste des marchés agricoles et collaborateur du rapport Cyclope, la bible française des matières premières, le prix de la volaille a globalement augmenté de 15 à 20 % après la pandémie et personne ne sait dire pour quand sera le retour à la normale. Partout les éleveurs partagent la même crainte : celle de se retrouver le 1er janvier avec des dindes invendues qui n’auraient alors plus de valeur marchande une fois les fêtes passées. D'où la décision de certains fermiers américains de produire plus de petits volatils qui pourront plus facilement être écoulés hors période festive. La dinde britannique pourrait souffrir aussi du Brexit Au Royaume-Uni, où la dinde est aussi un plat incontournable, les prix s’annoncent encore plus tendus à cause du Brexit qui pèse très lourd sur la chaîne d’approvisionnement en produit alimentaire. La dinde pourrait se faire du coup plus rare sur les tables britanniques. Le prix de la française devrait lui se tenir sans flamber. La dinde bleu-blanc-rouge a la spécificité d'être une dinde fermière qu'il faut six mois à produire. Les prix du maïs et du soja ne s’étaient pas encore envolés au mois de juin et n’ont donc pas poussé les éleveurs à réduire la voilure.
    11/25/2021
    1:42
  • Chronique des matières premières - Le prix du transport en vrac sur gros navire en chute libre
    Les gros navires de transport en vrac ont vu leur prix s’effondrer depuis début octobre après avoir atteint des sommets. Là encore, c’est la Chine qui donne le ton. On parle aujourd’hui des géants du transport maritime en vrac : les capesize pour le minerai de fer, les panamax ou encore les supramax pour le charbon et les céréales, entre autres. Ce sont ces trois catégories de navire qui ont vu leur prix monter en flèche. Une hausse qui explique la baisse actuelle, une baisse impressionnante même si pour les compagnies maritimes, les marges restent très confortables, nuance Marc Pauchet, analyste chez Maersk Broker. Les achats chinois de minerai de fer ont considérablement ralenti Pour comprendre cette chute des prix du transport en vrac, il faut aller en Chine, pays vu comme « un vrai baromètre » dans le secteur, rappelle le Journal de la Marine marchande. C’est la Chine qui influence le Baltic Dry Index qui reflète les taux de fret sur une vingtaine de routes maritimes. Le poids des gros navires qui transportent le minerai de fer, acheté majoritairement par la Chine pèse lourd dans son calcul et donc quand l’index s’envole ou s’effondre, il illustre forcément ce qui se passe dans l’empire du milieu. Et c’est cette fois encore le cas : la Chine a fait flamber les prix du fret en vrac, en achetant des quantités de minerai de fer, fin septembre, début octobre. Non pas pour une utilisation immédiate, mais en prévision des productions futures et pour reconstituer les stocks des aciéries. Le prix du fer ayant lui-même chuté, l’occasion était trop belle. Mais les achats chinois ont ralenti depuis. Ajouté à cela la reprise de la production intérieure de charbon et la décongestion des ports chinois, le coût des transports en vrac ne pouvait que chuter. ► À lire aussi : Le transport maritime en surchauffe depuis le redémarrage de l'économie Les prix du transport par conteneurs restent très élevés Cette baisse est salutaire pour les acheteurs de dernière minute. Du côté des grands exportateurs de minerai de fer, l’impact devrait être minime, l’essentiel étant vendu sur des contrats à long terme et donc à des prix déjà fixés. Cette baisse en revanche ne dit rien des prix du transport par conteneur qui ne répondent pas aux mêmes contraintes, et qui restent très élevés. Il ne faut pas s’attendre à des prix qui baissent avant le troisième trimestre 2022, selon Marc Pauchet de Maersk Broker. Sous réserve d’une baisse de la congestion liée à la pandémie. ► À lire aussi : Le géant du fret maritime CMA CGM gèle ses tarifs face à l'explosion du prix des conteneurs
    11/24/2021
    1:40
  • Chronique des matières premières - Agrumes: une bulle de prix qui ne devrait pas durer
    Une récolte d’agrumes espagnols en berne, ça veut dire des prix qui remontent sur le marché européen et une petite bouffée d’air pour les cultivateurs.  Des prix en hausse de 10 à 15%, ce n’est pas énorme, mais cela devrait suffire à réconforter les agrumiculteurs. Certaines variétés sont en effet cultivées à perte aujourd’hui à cause des coûts des engrais qui explosent, ajoutés à ceux du fret. Cette bulle de prix est liée à un petit sursaut de consommation de citron et de pamplemousse pendant l’année Covid 2020. Et à une production espagnole qui a souffert à cause de pluies et de gelées par endroit, mais aussi à cause d’une cochenille qui a fait des ravages cette année. Pour le marché européen, alimenté à plus de 70% par l’Espagne, cette baisse de l’offre se fera sentir. La campagne de clémentines risque notamment d’être très courte cet hiver. Mais elle devrait être atténuée par des productions extra-européennes qui pourraient se reporter vers l’UE. Les coûts du fret redessinent la carte des flux commerciaux Plusieurs pays risquent en effet d’être contraints à des arbitrages. Les exportations du Maroc vers la Russie et l’Amérique du Nord risquent d’être ainsi remises en question partiellement à cause des prix du fret. Idem pour l’Égypte, leader mondial avec l’Espagne des exportations d’oranges, qui risque d’avoir du mal à assumer les coûts du transport vers ses clients asiatiques. Il faut donc s’attendre à ce que les flux se concentrent au profit du marché européen, explique Éric Imbert, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Cette bulle de prix ne devrait cependant pas durer, car à moyen terme, la production de citron et d’orange devrait croître. Au Maroc ou encore en Égypte pour des raisons différentes, les surfaces de plantation sont en augmentation, alors que le marché des agrumes est souvent qualifié de marché « mature » par les experts, autrement dit son potentiel de croissance est très limité notamment en Europe. Même si des efforts en communication accompagnés d’investissements dédiés suffiraient à rendre les agrumes plus attractifs.
    11/23/2021
    1:42
  • Chronique des matières premières - Rouge ou noir, la fin d'année s'annonce tendue sur le marché du caviar
    Les œufs de saumon atteignent des prix historiques en Russie, la demande en œufs d'esturgeon est, elle, en train d'exploser en Europe. Le marché des caviars rouge et noir s'annonce tendu pour les fêtes.  Combien faudra-t-il payer pour avoir des toasts d'œufs de saumon sur la table de Noël ? C'est une vraie question, surtout en Russie, où ce qu'on appelle le caviar rouge est incontournable en fin d'année. Aujourd'hui, le kilo de ce produit de luxe a dépassé la barre des 60 euros – soit 5 000 roubles au taux actuel – selon les données de l'agence statistiques Rosstat. Un prix jamais payé depuis 2000, que personne n'avait visiblement anticipé et qui ne répond pas à la logique du marché. Le prix des œufs de saumon laisse perplexe Car la matière première, le saumon, ne manque pas. Au contraire, la pêche dans la péninsule du Kamchatka a même augmenté de près de 30% depuis janvier, par rapport à l'année dernière, selon l'agence fédérale de la pêche relayée par l'agence Tass. Résultat, le prix du poisson a baissé, et logiquement, le prix des œufs aurait dû lui aussi diminuer. Seule hypothèse à ce stade, la spéculation saisonnière plus forte que d'ordinaire qui anticipe peut-être une demande plus forte que d'habitude cette année. Car c'est ce qui se passe pour le caviar traditionnel, le noir, à base d'œufs d'esturgeon. La demande augmente de jour en jour, à tel point que beaucoup de producteurs en Europe craignent de ne pas pouvoir répondre aux commandes des revendeurs. Les producteurs de caviar craignent de ne pas pouvoir répondre à la demande Après un coup d'arrêt en 2020 avec le premier confinement et la fermeture des aéroports, haut lieu de vente des petites perles noires, la demande – qui était déjà bonne en 2019 –  est repartie de plus belle à Noël dernier, grâce à des fêtes célébrées en plus petit comité, qui ont fait la part belle aux produits festifs, du moins en Europe. Si la forte demande des consommateurs se confirme dans les prochaines semaines, les prix pourraient s'en ressentir l'année prochaine. Pour cette fin 2021, ils devraient rester stables, car les contrats de gros ont déjà été conclus il y a plusieurs mois. En revanche, il faut s'attendre à moins de promotion sur le prix, annonce un producteur, qui n'exclut pas un manque de caviar en fin d'année.
    11/22/2021
    1:37
  • Chronique des matières premières - L'Afrique profite de la petite production indonésienne de clous de girofle
    Avec une production indonésienne réduite cette année et des prix qui montent, la filière du clou de girofle africain devrait tirer son épingle du jeu. Avec 55 000 tonnes cette année, l'Indonésie, premier producteur de clous de girofle, affiche une récolte deux fois plus faible que les bonnes années. Et insuffisante en théorie pour répondre à ses besoins internes. Car l'Indonésie est avec l’Inde l'un des gros consommateurs de cette épice qui entre notamment dans la fabrication des « Kretek », ces cigarettes locales coupées au clou de girofle. Mais grâce aux stocks tampon des cigarettiers et à une consommation de cigarettes parfumées qui tend à baisser chez les jeunes, l’archipel devrait réussir à répondre à l’essentiel de la demande en interne et à l’export. Une bonne nouvelle pour Zanzibar et Madagascar Cette petite récolte indonésienne permettra, peut-être, aux autres producteurs de gagner quelques parts de marché, mais surtout elle a déjà un impact sur les prix.  Le clou se vend autour de 8 000 à 8 500 dollars la tonne, un prix qui n'avait pas été payé depuis six ou sept ans. Ce qui annonce cette année encore une source de revenus supplémentaire, notamment pour Madagascar et Zanzibar, les deux principaux producteurs du continent.  Zanzibar et la Tanzanie plus largement ont ainsi cette année exporté pour 41 millions de dollars de clous de girofle, soit deux fois plus qu’à la saison précédente. En raison des prix et aussi d’une récolte plus abondante.  Mais cette hausse des prix n'a pas que du bon, prévient un exportateur malgache. « C'est la stabilité des prix que nous cherchons, pas forcément le prix haut », explique t-il. Car un prix haut, c’est dangereux pour les stocks : celui qui en possède peut en effet être tenté de vendre avant que les prix ne redescendent.  Le prix actuel séduit les spéculateurs Un prix haut peut aussi entraîner une baisse de la qualité. Car l’appât du gain encourage parfois les producteurs à bâcler leur récolte et leur traitement. Cela peut même pousser à la fraude, les moins scrupuleux qui n’hésitent pas à tremper les clous dans l'eau pour qu'ils pèsent plus lourd.  ► À lire aussi : Madagascar: la récolte du clou de girofle perturbée par les spéculations C’est dans ce contexte que Madagascar qui produit un clou de girofle de haute qualité doit publier ce lundi la liste des exportateurs agréés pour la campagne qui s'ouvre. Les professionnels de la filière comptent donc plus que jamais sur les autorités pour distinguer les amateurs attirés par le gain facile des exportateurs sérieux et fins connaisseurs de la filière du clou de girofle.
    11/21/2021
    1:45

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