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    Corée du Sud: les «nettoyeuses du Net» viennent en aide aux victimes de violences sexuelles en ligne

    04.09.2026
    La Corée du Sud est confrontée au fléau des « crimes sexuels en ligne » : des photos ou des vidéos à caractère sexuel, prises à l’insu de femmes, dans des espaces publics ou à domicile, qui finissent sur internet. Un phénomène amplifié par le boom de l'intelligence artificielle, qui facilite la création de deepfakes, des vidéos pornographiques réalisées par IA en incrustant le visage d'une victime bien réelle. Le gouvernement a créé, en 2018, un centre composé uniquement de femmes chargées de traquer et de supprimer ces contenus illicites en ligne.
    Dans un petit bureau du centre-ville de Séoul arborant des banderoles de soutien aux victimes de violences sexuelles, travaillent les « nettoyeuses du Net ». Elles sont 23 femmes à supprimer ces vidéos à caractère sexuel à la demande des victimes. Kim Hyojung est à la tête de cette équipe : « La plupart des victimes viennent nous voir après qu'un proche leur a dit qu'une vidéo d'elles circulait en ligne. Nous avons un programme d'intelligence artificielle qui détecte les republications de cette même vidéo sur internet, ce qui permet d'effacer ces contenus aussi bien sur les réseaux sociaux que sur des sites pornographiques. »
    Outre le retrait des contenus, le centre et ses 17 antennes régionales proposent un accompagnement psychologique et juridique aux victimes. Ces dernières sont de plus en plus nombreuses. Depuis son ouverture, le centre a déjà reçu 53 000 victimes et supprimé d'internet plus d'un million de contenus sexuels illicites. Des suppressions parfois difficiles, poursuit Kim Hyojung : « La majorité des vidéos sont hébergées sur des sites illégaux. L'hébergeur n'approuve donc pas notre demande de suppression. Dans ce cas, la police peut intervenir et faire fermer le site en question. Il y a aussi le problème des sites hébergés à l'étranger, mais, dans 80% des cas, ils le sont aux États-Unis et les autorités américaines collaborent avec nous pour supprimer ces contenus hébergés sur leur territoire. »
    Un impact sur la santé psychologique
    Ce sont des contenus pornographiques, parfois violents, parfois pédopornographiques, que les femmes du centre doivent consulter chaque jour pour les supprimer. Mme Park, qui doit garder l'anonymat pour effectuer son travail, nous explique l'impact que cela peut avoir sur sa santé : « Tout le monde est assez affecté émotionnellement et psychologiquement par ce travail. D'après l'expérience de collègues avec qui j'ai travaillé, certaines ont développé des insomnies, d'autres se sont mises à pleurer en voyant certains contenus filmés ou ont perdu l'appétit au point de sauter des repas. »
    Pour aider les 23 femmes chargées de supprimer ces contenus, le centre a mis en place un accompagnement psychologique permanent, explique Mme Park : « Nous avons, à raison d'une ou deux fois par mois, des consultations individuelles avec un psychologue pour prévenir les burn-out. Ce qui nous pousse également à continuer, c'est le soutien des victimes. Quand nous recevons des messages de remerciement de la part des personnes concernées, disant que cela les a aidées à retrouver leur vie quotidienne, je ressens que, même modestement, j'ai pu contribuer à ce que ces personnes surmontent une épreuve aussi lourde dans leur vie. »
    On estime que plus de la moitié des victimes de deepfakes pornographiques dans le monde seraient sud-coréennes. Cette tendance est en augmentation dans toutes les tranches d'âge.
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    Élections régionales en Allemagne: le parti d'extrême droite AfD mobilise le passé est-allemand

    04.09.2026
    C'est une élection régionale très attendue qui se tiendra, dimanche 6 septembre, en Allemagne. En Saxe-Anhalt, dans l'Est du pays, l'extrême droite pourrait arriver au pouvoir pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale. Une des raisons du succès de l'AfD (Alternative pour l'Allemagne), créditée de plus de 40% dans les sondages, c'est le sentiment d'identité des Allemands de l'Est et les frustrations accumulées depuis la réunification, que le parti met en avant avec succès.
    L'air est irrespirable. Des centaines de vieilles mobylettes et motos est-allemandes – Simson, Schwalbe et autres MZ – démarrent. À cette pollution d'un autre temps s'ajoutent celles des Trabant, les fameuses voitures pétaradantes aux moteurs à deux temps. La scène est impressionnante. En ce dimanche ensoleillé, l'AfD a rassemblé plusieurs milliers de personnes pour une grande kermesse populaire à Quedlinburg. Si la ville dans la région du Harz en Allemagne est un petit bijou architectural, avec ses maisons à colombage rénovées à la perfection, la vie n'y est pas trépidante. Avec l'Alternative pour l'Allemagne, enfin un dimanche où il se passe quelque chose. Mike a ressorti sa vieille Simson. Il précise : « C'est une histoire de famille. On a grandi avec. Mon père en avait une. C'est une affaire de sentiment et c'est culte. »
    Des motos portent des autocollants « Ostdeutschland / Allemagne de l'Est ». Des Trabant arborent le drapeau est-allemand. On aperçoit même les couleurs russes. La tête de liste de l'AfD, Ulrich Siegmund, qui enthousiasme les foules, a compris comment utiliser cette nostalgie et l'identité est-allemande. « Oui, on était enfermé en RDA. Ça n'était pas parfait, bien sûr. Même cette culture Simson, elle symbolise la liberté de mouvement que nous avions. Elle symbolise une époque où nous étions solidaires. C'est cette communauté que je veux restaurer car nous sommes un peuple. Nous voulons regagner notre liberté », explique-t-il.
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    Sur une Trabant flotte un drapeau de l'AfD. On peut y lire les mots « Wir sind das Volk » (« Nous sommes le peuple »). Le parti a récupéré le slogan de la révolution pacifique de l'automne 1989 qui a conduit à la chute du mur de Berlin et du régime communiste. Reprendre ce slogan, c'est établir un parallèle entre la dictature est-allemande et l'Allemagne d'aujourd'hui. C'est faire de l'AfD le parti de la liberté contre la nomenklatura des partis établis. 
    « L'Allemagne de l'Est est ma patrie », explique cette chanson jouée à Quedlinburg. Cette identité est très forte également chez les plus jeunes, alors que leurs parents ont d'abord dû s'intégrer dans l'Allemagne réunifiée. Steffen Mau est le sociologue qui explique l'Est : « Dans l'ex-RDA, six personnes sur dix affirment être des citoyens de seconde classe. Et quand on leur explique "vous êtes l'avant-garde de l'Allemagne", on retourne leur complexe d'infériorité. On redonne un espoir à un groupe qui se sent déclassé. » 
    Lors d'un meeting AfD cet été, un humoriste sur scène aux côtés de Ulrich Siegmund a chanté l'hymne de la RDA communiste. Surprenant au premier abord pour un parti d'extrême droite. 
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    Crue dans l'Himalaya: la douloureuse course contre la montre pour identifier les corps

    03.09.2026
    Au Népal, après les inondations meurtrières et les glissements de terrain du 26 août, le bilan s'établit, au 3 septembre, à 1 280 morts et 5 624 disparus. Pour leurs proches, l'attente est insoutenable. Et la plupart ont perdu espoir de retrouver les leurs vivants. Symbole du drame humain derrière cette catastrophe climatique : Barathpur, dans le district de Chitwan, située à près de 300 kilomètres en aval de l'origine des crues. Cette ville a vu affluer les cadavres. Environ cinq corps sont encore repêchés chaque jour et la police pense qu'il y en a encore plus dans le fond de la rivière. Pour tenter d'identifier les corps, déjà méconnaissables, la police et les autorités népalaises lancent des opérations de collecte d'ADN chez les survivants. Une course contre la montre douloureuse pour les familles.
     
    Après plus d'une semaine sans nouvelle de son fils de 22 ans, parti travailler près de la frontière tibétaine, Kulmaya Tamang, une paysanne, se présente au centre d'information de Barathpur. Sous un barnum, elle remplit des formulaires, donne des photos, dépose ses empreintes et s'approche d'un homme en blouse blanche, pour une prise de sang.
    « Serrez bien le poing (…) nous ne pouvons pas encore vous dire quand cela sera fait, mais tous ces dons vont être envoyés à Katmandou. Si votre ADN correspond à un corps, vous serez prévenue », lui annonce-t-il. Venir ici, c'est accepter l'idée que son fils est mort. Son mari Rajkumar a perdu espoir. « S'il était vivant, je pense qu'il nous aurait déjà contactés. Donc je pense qu'il n'a pas survécu », déclare-t-il. 
    D'autres familles, parfois venues de très loin, attendent aussi de savoir. Ajay Mandal a fait 11 heures de bus avec sa femme, Pratima, et son beau-père âgé. « Nous n'avons pu arriver qu'à 17 heures et on nous a dit de revenir que demain matin à 10 heures », déplore-t-il. « Le gouvernement devrait être plus rapide à retrouver les disparus. Cela nous soulagerait, nous sommes tous à bout et tellement stressés », ajoute sa femme. 
    À lire aussiCrue dans l'Himalaya: l'heure du recueillement pour les proches des disparus, désormais sans espoirs
    La famille cherche un fils et un frère ingénieur coincé dans l'un des tunnels du nord du pays. Elle veut croire que son corps a peut-être été repêché ici, près de Barathpur, dans la rivière. Là, avec des centaines de bénévoles, Fanendra, un entrepreneur local, raconte avoir participé aux recherches de la police : « Avec mon équipe, on a trouvé 50-70 cadavres. Ça brise le cœur, on aurait jamais imaginé ça. Tant de familles ont perdu leurs proches. »
    L'hôpital gouvernemental de Barahtpur, seul habilité à faire des autopsies, s'est retrouvé débordé. Son responsable, Dr Bishwabandhu Bagale, témoigne : « En vingt ans de carrière, je n'ai jamais vu d'hôpital qui doive faire 350 autopsies en quelques jours. Avec ces conditions climatiques si chaudes, humides, la décomposition s'est accélérée. Tout le monde s'inquiétait de l'odeur. Donc le choix de faire des enterrements "temporaires" a été rapide. Mais on n'avait pas d'autres options. »
    À Barathpur, les corps ont en effet été numérotés et entreposés sous une bâche, dans la terre rouge d'une forêt de la ville. Devant la grille de ce cimetière, des fleurs orange et des dizaines d'offrandes. Ce n'est qu'une solution temporaire, assure le gouvernement, en attendant de mettre un nom derrière chaque corps retrouvé. Même si pour l'instant, d'après la police, seules 12 familles ont pu identifier un proche à la morgue de Barathpur.
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    Thaïlande: les Lahu, une communauté vulnérable au trafic de drogue frontalier avec la Birmanie

    02.09.2026
    Direction la Thaïlande, tout au nord du pays, à la rencontre d'un groupe ethnique qui vit dans les montagnes : les Lahu. Victime de plusieurs années de négligence de la part de l'État thaïlandais, c'est une communauté autochtone très pauvre et vulnérable, notamment face au trafic de drogue frontalier, devenu conséquent depuis le coup d'État de 2021 en Birmanie. Les premières victimes sont les jeunes de la communauté lahu. Beaucoup d'entre eux sont analphabètes et ne vont pas à l’école. Sans perspectives d'avenir, ils consomment et vendent de plus en plus de substances. Face à ce fléau, peu de choses sont mises en place par le gouvernement, mais une famille de la communauté a décidé de ne pas les laisser tomber et d'essayer de les faire sortir de cet engrenage.
    De notre correspondante en Thaïlande,
    À quelques mètres de la maison de Yupin, se dessine entre les arbres la chaîne de montagnes du Daen Lao, qui sépare la Thaïlande de la Birmanie. « En traversant les montagnes que vous voyez ici, de l'autre côté, c'est la Birmanie. Avant, les Lahu pouvaient faire des allers-retours entre les deux côtés », raconte Yupin. 
    Cette dernière fait partie de la communauté lahu. Elle habite avec son mari et ses deux enfants dans un petit village très pauvre, au nord du pays. Depuis près de 20 ans, elle se bat pour prendre soin des enfants et des adolescents de sa communauté. « Ici, les enfants lahu font face à beaucoup de problèmes, tous imbriqués les uns dans les autres », précise-t-elle. 
    En Thaïlande, de nombreux Lahu n'ont même pas la nationalité thaïlandaise. Dans les villages, les possibilités d'emploi sont rares et l'économie locale, l'agriculture, ne suffit pas à faire vivre les familles. « Cette pauvreté favorise le décrochage scolaire et les problèmes liés à la consommation de drogues, chez les jeunes comme chez les adultes », explique Yupin. 
    Le village de Yupin se trouve dans la célèbre région du « Triangle d'or », un lieu qui a été au cœur de la production mondiale d'opium dans les années 1960 et 1970. Après des années de campagnes anti-drogue en Thaïlande, la production et le trafic avaient ralenti. Mais le coup d'État militaire de 2021 en Birmanie leur a donné un nouvel élan.
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    « Chaque année, la consommation de drogue chez les jeunes augmente un peu plus », déplore Yupin. Pour y faire face, elle et son mari leur offrent un refuge : chez eux. Un endroit où se réunir, où manger, où dormir, et surtout, où apprendre. « Les enfants voulaient avoir une salle de classe. Alors, ils se sont regroupés, sont allés chercher du bois dans la forêt, puis ils l'ont rapporté pour la construire eux-mêmes », ajoute-t-elle.
    Cette salle de classe, c'est un préau en bambou. En dessous, il y a une petite bibliothèque remplie de livres et une grande table. Aujourd'hui, certains enfants du village sont venus manger. « ​​​​​​​Au menu : soupe Tom Yum », annonce Yupin. Parmi eux, il y a Siithikon, 19 ans. Il a commencé très tôt à « faire la mule », à transporter des comprimés d'amphétamine pour sa mère, puis à consommer lui-même de la drogue. « ​​​​​​​Quand j'en prenais, je ne pensais qu'à ça, à être ivre et défoncé », se souvient-il. Et puis, il y a aussi David, 17 ans. Lui a commencé par le cannabis, puis le kratom et la méthamphétamine. « Acheter de la drogue ici, c'est aussi simple qu'acheter des œufs dans une épicerie », lâche-t-il. 
    Depuis qu'ils sont pris en charge par Yupin et son mari, les deux garçons ont tout arrêté et sont en formation pour apprendre un métier. Mais il y a encore des dizaines d'autres enfants et de familles dans leur situation. Aujourd'hui, le couple dénonce un abandon de leur communauté par les pouvoirs publics : « Est-ce que le gouvernement, les agences publiques, les organisations viennent vraiment aider ces enfants ? La réponse est : non. La plupart du temps, ils viennent, ils parlent, ils demandent des informations, ils trouvent des excuses, puis ils disparaissent. »
    Il y a un an, après des dizaines d'années de lutte, une loi historique pour la protection des communautés ethniques de Thaïlande a été adoptée dans le pays. Yupin et sa famille, eux, depuis leur village, n'en avaient même pas entendu parler.
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    En Ukraine, la pénurie de chauffeurs pousse de nombreuses femmes à passer leur permis poids lourd

    01.09.2026
    En Ukraine, le manque de main-d'œuvre pèse lourd sur l'économie. Avec l'émigration massive, la loi martiale et la mobilisation des hommes, plusieurs secteurs essentiels manquent de bras : les transports, la logistique, les mines ou encore le bâtiment, alors que se profile la reconstruction du pays après la guerre. Pour combler ces pénuries, ces secteurs s'organisent pour recruter de nouveaux profils : des femmes, mais aussi des vétérans. À Kiev, Lucas Lazo nous emmène à un stage de formation au permis poids lourd un peu particulier.
    Le reportage de notre correspondant en Ukraine, Lucas Lazo  est à retrouver dans son intégralité dans l'émission Accents d'Europe. 
    Pour aller plus loin :
    L'association How she drives soutient les femmes conductrices de poids lourds
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