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    La guerre d'Israël à Gaza détruit les familles, certains camps sont réservés aux veuves

    06.10.2026
    À Gaza, un foyer sur quatre est aujourd’hui dirigé par une femme seule, car les maris sont morts, disparus ou détenus par Israël. C’est deux fois plus qu’il y a trois ans, avant la guerre menée par Israël sur la bande de Gaza. Selon ces chiffres révélés par l’ONU début septembre, plus de 86 000 femmes se retrouvent seules pour subvenir à leurs besoins et élever leurs enfants. Certains camps de déplacés à Gaza sont réservés aux veuves.
    De nos correspondants dans la bande de Gaza et à Jérusalem,
    Le visage de Fatma, entouré d’un voile sombre, est marqué par la fatigue. Elle soulève une couverture tendue et montre l’intérieur de sa tente. Des morceaux de plastique couvrent le sol. Cette Palestinienne de 35 ans, déplacée par la guerre, vit dans un camp réservé aux veuves, près de Mawasi. Mère de 5 enfants, elle a les larmes qui lui montent aux yeux lorsqu’elle parle du petit dernier, Rakan, 3 ans : il est né peu de temps avant la mort de son père. « Récemment je suis allée rendre visite à ma sœur et son mari, Rakan s’est assis sur les genoux de son oncle, il s’est mis à jouer avec sa barbe, il la caressait, raconte-t-elle, j’ai senti qu’il était ému, qu’il ressentait le manque, la perte de son père. Ce jour-là, j’ai pleuré. Pour un enfant, apprendre à parler, c’est commencer par dire le mot papa. Mon fils Rakan n’a pas encore dit ce mot jusqu’à présent. »
    Les enfants d’Amna, sa voisine, sont plus âgés. Suffisamment en tout cas pour se souvenir du rôle de leur père au sein du foyer. « C’est mon mari qui s’occupait de tout pour les enfants : il leur achetait des vêtements, il subvenait à leurs besoins. C’est lui qui faisait les courses, témoigne Amna. Maintenant, c’est moi qui m’en charge. Aujourd’hui, c’est moi la responsable. Je suis responsable d’eux et de moi-même. Et je ne sais pas comment m’occuper d’eux, ni de moi, ni comment faire face à toutes les difficultés de la vie. »
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    Un habitat précaire
    Les difficultés que mentionne Amna sont notamment financières. Elle a trois garçons, dont deux adolescents. « Pour Mohamed et Youssef, je ne touche plus rien. Je reçois une aide uniquement pour Adam, il a 9 ans. C’est pour lui que je perçois des allocations, explique-t-elle. À peu près 500 shekels par mois, parfois, en plus on reçoit des colis alimentaires. Aujourd’hui, c’est la distribution de pain. Dieu n’oublie personne. »
    Dans ce camp, 150 bénévoles viennent en aide à ces veuves. Mais comme ailleurs, l’habitat est précaire et les femmes seules sont plus vulnérables face à d’éventuels abus. Islam explique avec pudeur qu’elle essaie de se protéger avec sa fille de 16 ans. « Elle allait souvent au village d'Al-Wafaa, un type a essayé de s’en prendre à elle et s’est mis à la suivre, raconte-t-elle. Ma fille s'est mise à courir à toute vitesse. Elle est venue de la ville jusqu'à chez moi, et quand elle est arrivée, elle était toute essoufflée, le visage tout pâle. Après cette affaire, il s’est raconté des choses, sur elle et sur moi. Une personne l'accuse d'avoir perdu son honneur en chemin. » Islam a décidé de régler deux problèmes en même temps : sa sécurité physique et financière : désormais, elle travaille comme employée pour surveiller l’entrée du camp des veuves.
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  • Reportage international

    À trois semaines des élections, les Israéliens exigent des réponses sur les failles de sécurité du 7-Octobre

    05.10.2026
    Les Israéliens vont voter le 27 octobre pour élire leurs députés au Parlement et donc un Premier ministre. Ce sont les premières élections depuis les attaques du 7-Octobre et ce traumatisme occupe une grande place dans le scrutin à venir, à la fois parce que plusieurs proches d’ex-otages, des parents endeuillés, se sont lancés dans la course, mais aussi parce qu’il reste de nombreuses questions sur les failles sécuritaires du 7-Octobre.
    De notre correspondante à Jérusalem,
    Gil Dickmann ne décolère pas. Sa cousine Carmel Gat a été tuée à Gaza après avoir été retenue en otage pendant les mois qui ont suivi le 7-Octobre. Aujourd’hui, il veut comprendre pourquoi le massacre du Hamas n’a pas été évité. Il tient le Premier ministre sortant pour responsable : « J’ai été obligé de lui faire confiance pour qu’il fasse revenir ma cousine Carmel. Il ne l’a pas fait revenir. Elle a été tuée après 228 jours de captivité, dénonce-t-il. Netanyahu a essayé de cacher qu’il avait reçu des avertissements avant le 7-Octobre, que quelque chose était sur le point d’arriver. Il a caché cette information pendant trois ans. Sur quoi d’autre a-t-il menti ? Nous n’avons pas de commission d’enquête indépendante. » 
    Les élections auront lieu dans trois semaines et cette question est au cœur de la campagne électorale. En Israël, il y a eu beaucoup de révélations dans la presse. Benjamin Netanyahu a même dit que personne ne l’avait réveillé le matin du 7-Octobre. Natalia a perdu son fils au festival de musique Nova il y a 3 ans et elle est outrée. « C'est quoi ces conneries, s'exclame-t-elle. On ne l’a pas réveillé !!! On n'est pas à la maternelle. C'est le Premier ministre ! »
    Le père de Noam Perry est mort en février 2024, il a été exécuté par le Hamas après avoir été enlevé au kibboutz Nir Oz. Elle lance un message aux électeurs : « Peu importe qu’il ait été éveillé ou non. Ce qui compte, c’est cette politique spécifique menée depuis une quinzaine d’années par Netanyahu et son gouvernement, affirme-t-elle, qui a contribué à renforcer le Hamas, à acheminer des fonds vers la bande de Gaza – y compris vers le Hamas – et puis à ignorer le fait que le Hamas allait attaquer. »
    À écouter, notre podcast Carte d'identité : Israéliens7. Face à Gaza, la rupture du 7 octobre 2023
    « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? » 
    Aucun camp politique ne veut laisser à l’autre le monopole du symbole du 7-Octobre. Malki, le père de l’ex-otage Omer Shem Tov, explique que pendant la captivité de son fils, les sensibilités politiques étaient mises de côté au sein du forum des familles des otages. « Nous avons essayé d'éviter toute considération politique, il s'agissait d'une question apolitique. Il y avait des otages et on devait les faire rentrer absolument, insiste-t-il. Ça n’avait rien à voir avec la droite ou la gauche. » 
    Aujourd’hui, lui aussi réclame une commission d’enquête. « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Je ne sais pas qui sera le prochain Premier ministre, mais j’espère que les choses vont bouger sur ce dossier. »  
    Il y a quelques mois, Talik Gvili, la mère d’un policier tué le 7-Octobre et dont la dépouille a été la dernière à rentrer en Israël, expliquait qu’elle avait toute confiance en Benyamin Netanyahu. « Il a ramené tous les autres à la maison, il me l’a promis, je le crois », clame-t-elle. Aujourd’hui, Talik Gvili est candidate pour être députée sur la liste du Likoud, le parti de l’actuel Premier ministre. Elle est en position éligible.
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    Aux États-Unis, de plus en plus de jeunes électeurs noirs se déclarent indépendants

    04.10.2026
    L’un des enjeux pour les démocrates pour les prochaines élections de mi-mandat, c'est de mobiliser les électeurs perdus à la dernière présidentielle, comme les jeunes hommes afro-américains. Donald Trump avait doublé sa part d’électeurs d’hommes afro-américains en 2024, mais de plus en plus de jeunes hommes noirs se déclarent indépendants. Un défi pour les démocrates, qui dans les années 1960 étaient devenus le parti du mouvement des droits civiques.
    De notre correspondant à Atlanta, 
    Elvis Casely a voté pour Joe Biden en 2020, mais petit à petit, il a remis en question certaines positions du Parti démocrate. Puis, en 2024, il acte sa bascule en votant pour Donald Trump. À 31 ans, il se présente aujourd’hui à une élection locale comme candidat républicain. La grande majorité des électeurs afro-américains est pourtant démocrate. « La première chose que me disent la plupart des démocrates quand je leur dis que je suis républicain, c’est : “Mais tu es noir !”, relate Elvis Casely. Et moi, je me dis : “Mais quel est le rapport avec mes opinions politiques ?” »
    À ses yeux, les gains de Donald Trump chez les hommes noirs s’expliquent par de plus en plus d’indépendance d’esprit. « Ceux qui changent de camp sont surtout des gens qui réfléchissent par eux-mêmes, qui font leurs propres recherches et qui se disent : “Vous savez quoi ? Peu importe ce que dit ma communauté, je dois faire preuve de bon sens. Je dois regarder les chiffres, examiner les faits et voter selon mes convictions” », poursuit le candidat.
    Samuel Dubois Cook, la cinquantaine, reçoit chez lui. Ses parents étaient des amis de figures du mouvement des droits civiques comme Martin Luther King. Cette augmentation d’électeurs indépendants ou républicains s’explique, selon le conseiller démocrate, par les difficultés économiques mais aussi par une absence de transmission de l’histoire. « C’est à nous d’éduquer nos enfants, insiste-t-il. C’est ce que j’essaie de faire avec les miens : je leur parle constamment de notre histoire, de la manière dont on en est arrivés là. Je pense aussi qu’à une époque, peut-être dans les années 1980 et 1990, certains parents noirs se disaient : “Je ne veux pas trop parler de l’histoire raciale à mes enfants, parce que c’est douloureux.” Et je peux le comprendre. Mais il faut quand même leur transmettre cette histoire pour les préparer. »
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    « Aujourd’hui, les gens veulent avoir le sentiment d’avoir le choix »
    Mais le véritable enjeu pour les démocrates n’est pas tant de récupérer ces électeurs républicains, mais de mobiliser les indépendants et surtout les abstentionnistes.
    Sur le campus de l’université Morehouse, les étudiants encouragent leur équipe de football américain ce weekend. La prestigieuse institution est destinée aux hommes noirs. Houston Brookshire, 21 ans, est un indépendant et il n’a pas voté à la dernière présidentielle. « Je pense qu’aujourd’hui, les gens veulent surtout penser par eux-mêmes et avoir le sentiment d’avoir le choix, analyse-t-il. Beaucoup de gens de mon âge n’aiment pas avoir l’impression de devoir choisir entre seulement deux options. Ils veulent avoir davantage de possibilités. »
    Seulement 25 % des hommes noirs de 29 ans et moins ont voté en 2024, contre 31 % quatre ans plus tôt, selon une estimation du centre de recherche Circle.
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    À Berlin, le Bode-Museum expose le portrait d’Angela Merkel et fait le plein

    03.10.2026
    Le Bode-Museum, un musée normalement plutôt confidentiel, spécialisé dans les arts religieux et byzantins, fait un carton depuis qu’Angela Merkel lui a proposé d’abriter temporairement son portrait officiel, l’œuvre de Jérémie Queyras, un jeune peintre franco-allemand de 28 ans, jusqu’alors inconnu et qu’elle a finalement préféré aux célébrités en course.
    De notre correspondante à Berlin,
    En quelques semaines, le Bode-Museum en Allemagne est passé de 500 à 900 visiteurs par jour. Presque tous sont venus pour un tête-à-tête avec l’ancienne chancelière. Et pas de doute possible, c’est bien elle. Au deuxième étage du Bode-Museum, au cœur de Berlin, blazer bleu flamboyant, regard pâle et concentré, une Merkel sobre et réaliste, avec toutes ses rides, observe les visiteurs. 
    Le peintre Jérémie Queyras se souvient de ce jour où il a envisagé de peindre la chancelière qui a accompagné toute son enfance. « En 2022, je lui ai écrit une lettre à la main. C’est surtout une collectionneuse d’art qui m’avait encouragé à lui écrire en me disant : "Mme Merkel va avoir besoin d’un portrait, il faut que vous essayiez", se rappelle le vingtenaire. Pendant trois ans et demi-quatre ans, je n’ai pas eu de retour. Et en 2025, j’ai reçu un mail dans lequel on me disait : "Mme Merkel aimerait bien vous rencontrer en personne." »
    S’ensuit une année de travail, une vingtaine de séances de pose et une double vie pour le jeune peintre, obligé de garder le plus strict secret sur son travail même vis-à-vis de ses colocataires berlinois. « Ça a été un peu un défi de concilier l’image de la femme politique et la personne privée que j’ai pu rencontrer », confie Jérémie Queyras.
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    Le culte Merkel
    Dans le public, face au tableau, de nombreux retraités, comme Barbara, une Allemande de l’Est, venue exprès pour voir Angela Merkel. « On retrouve bien ses vestes, son collier, son regard… Elle a l’air en paix avec elle-même », analyse-t-elle.
    Tous ne sont pas des fans de toujours. Comme ce couple de retraités originaire des bords de la mer Baltique, des électeurs du SPD. Ils n’ont jamais voté pour elle, et pourtant, ils la regrettent. « À ses débuts, elle a été beaucoup ridiculisée, pointe le retraité. Mais elle a consolidé la République fédérale et l’a rendue plus transparente. »
    Le politologue Gero Neugebauer est très surpris du tournant pris par le culte Merkel, un culte que l'on peut retrouver jusque sur les réseaux sociaux. « Elle représente le bon vieux temps, analyse-t-il, une époque où on pouvait avoir l’impression qu’il n’y avait pas de conflits dans la société. Et elle a l’image d’une femme proche du peuple, n’est-ce pas... »
    Une fois l'exposition terminée, le tableau rejoindra la galerie des portraits de la Chancellerie, aux côtés de Konrad Adenauer, Helmut Kohl ou Gerhard Schröder.
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    Thaïlande: à la K-pop Academy de Bangkok, tous rêvent de devenir une idole dès le plus jeune âge

    02.10.2026
    En Thaïlande, le succès grandissant de la K-pop, ce style musical coréen au succès planétaire, a fait naître des vocations. À Bangkok, depuis peu, des académies de K-pop ont émergé, pour fabriquer des futures idoles. Dès l'enfance, ils et elles suivent une formation pour espérer un jour être repéré(e)s par une prestigieuse agence coréenne et partir vivre leur rêve.
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