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    Aux îles Canaries, le football devient vecteur d'intégration des migrants

    01.07.2026
    Le gouvernement de Madrid a prolongé lundi 29 juin le dispositif de répartition territoriale des mineurs non accompagnés qui arrivent aux îles Canaries d’un an. La mesure s'inscrit dans un contexte de baisse du nombre d’arrivées de migrants sur l’archipel : 3 200 entre janvier et juin, soit 70 % de moins par rapport à 2025. Pour ceux qui n'ont pas rejoint l'Espagne continentale, le foot sert à la fois d'exutoire pour de longues journées et de vecteur d'intégration. L'équipe D de l'Union sportive Las Palmas est née il y a presque 10 ans pour soutenir les jeunes en risque d'exclusion sociale : aujourd'hui, elle est surtout composée de migrants.
    Un reportage de notre envoyé spécial à Las Palmas, à retrouver en intégralité dans l'émission Accents d'Europe à 19h40 TU sur RFI.
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    Cisjordanie occupée: les travaux au caveau des Patriarches à Hébron augmentent les tensions entre Israéliens et Palestiniens

    30.06.2026
    Alors que le lieu de prière est fréquenté à la fois par les juifs et les musulmans, les travaux d'entretien dans le caveau des Patriarches, également appelé la mosquée Ibrahimi, illustrent les tensions entre les colons israéliens et les Palestiniens. Car le monument se trouve sur la partie sous contrôle militaire israélien de Hébron. Difficile alors pour des Palestiniens de se rendre dans ce lieu sacré pour les trois religions monothéistes et qui abrite les sépultures d'Abraham, Jacob, Isaac et Rebecca.
    De notre envoyée spéciale à Hébron,
    Lieu de prière et de tension entre les deux communautés, les fidèles juifs et musulmans viennent se recueillir sur la sépulture d’Abraham à Hébron, la plus grande ville de Cisjordanie occupée. Les uns l’appellent le caveau des Patriarches, les autres, la mosquée Ibrahim. D’après les accords d’Oslo, signés en 1997, la ville inclut une zone sous contrôle militaire israélien, la zone H2, précisément où se trouve le monument. Impossible pour les 40 000 Palestiniens de circuler librement dans la zone, contrairement aux 200 familles de colons israéliens.
    Face à la polémique entre Israéliens et Palestiniens autour des travaux d’entretien, l'enjeu est désormais politique.
    Devant l’entrée du sanctuaire, côté juif, l’accès se fait sous escorte militaire car les Israéliens ont commencé les travaux il y a dix jours. « Il faut refaire le toit », explique Aaron Maruani, l’adjoint au maire de la colonie voisine d’Hébron, Kyriat Arba. « C’est l’endroit où tout a commencé pour nous. C’est un lieu de prière aujourd’hui pour les Israéliens, l’autre moitié pour les musulmans. La chambre principale du côté israélien est découverte, quand ils prient, ils sont sous la pluie. C’est vraiment un besoin basique d’avoir un toit, c’est devenu un drame mondial, mais il n’y a rien de spécial. »
    En vertu du protocole d’Hébron, signé au moment des accords d’Oslo en 1997, c’est la municipalité palestinienne qui assure l’entretien des édifices publics. Le dossier traîne depuis des années.
    Pour Anouar Abud Eisheh, ancien ministre de la Culture palestinien, la bataille autour du lieu de culte est surtout politique. « Cela fait 14 siècles que c’est le patrimoine des autochtones musulmans. Quand les colons arrivent, qu’ils veulent gérer la mosquée d’Abraham et qu’ils disent : "C'est le caveau des Patriarches et les musulmans n’ont pas le droit d’être là." C’est de l’occupation. »
    À lire aussiCaveau des patriarches : heurts entre Palestiniens et soldats à Hébron
    La mosquée Ibrahim « est en train d’être confisquée doucement par les colons »
    La configuration du sanctuaire est particulière, explique Johanna, une Israélienne juive venue prier. « On est très très attachés à Hébron. Les musulmans prient de l’autre côté, chacun a son entrée, chacun se respecte. » Surtout personne ne se croise et chacun rappelle les massacres passés à Hébron : 70 juifs avaient été assassinés par des Arabes en 1929, et puis en 1994, un colon a tué 29 musulmans lors de la prière, dans la mosquée.
    Aujourd’hui, les militaires israéliens sont présents partout des deux côtés et aux checkpoints, comme l’explique Hicham Sharabashi, activiste palestinien. « Aujourd’hui il n’y a qu’un accès, une entrée, un checkpoint pour aller à la mosquée et après la prière vous ne pouvez pas rester, il faut quitter la zone. »
    L’armée dit assurer la sécurité des colons. La question des travaux va donc bien au-delà du simple toit et le rabbin Ben le concède volontiers : « Si vous faites des travaux de rénovation dans votre maison, ça signifie bien que c’est votre maison. Donc on montre que nous sommes les propriétaires de la maison. »
    C’est précisément ce que craint Anouar Abu Eisheh : « On sent le danger. On sent que le patrimoine de mes parents, de mes grands-parents est en train d’être confisqué doucement par les colons. »
    Le ministre israélien d'extrême droite Bezalel Smotrich a récemment déclaré avoir retiré aux Palestiniens leur autorité sur le monument : il assume une forme d'annexion rampante dans la zone.
    À lire aussiCisjordanie occupée: Israël renforce un peu plus son contrôle sur la mosquée d'Ibrahim
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    Cuba: sous sanctions, les hôpitaux et les patients pâtissent de la situation

    29.06.2026
    À Cuba, les conséquences du blocus énergétique imposé par Donald Trump n’en finissent pas d’empoisonner la vie quotidienne de la population. Les pénuries d’électricité, de carburant, de médicaments et de fournitures médicales perturbent gravement le système de santé et la prise en charge des patients. L’OMS estime que 100 000 personnes sont en attente d’interventions chirurgicales retardées. Reportage à l’Institut national de néphrologie de La Havane, qui se maintient debout, en dépit des difficultés.
    De notre correspondante à La Havane,
    Jusqu’à la pandémie de Covid-19, l’espérance de vie et le taux de mortalité infantile à Cuba étaient comparables à ceux des pays développés : le ratio médecins-patients figurait parmi les plus élevés au monde. Mais le durcissement des sanctions américaines, l’économie stagnante du pays et son isolement international ont aggravé la situation. L’OMS évoque aujourd’hui une situation préoccupante et estime à 100 000 le nombre de personnes en attente d’interventions chirurgicales retardées. Même dans les hôpitaux de niveau 3, les plus spécialisés et sophistiqués du pays, le personnel médical voit son rythme de travail bouleversé.
    À l’Institut national de néphrologie de La Havane, une dizaine de patients demeurent allongés sur les lits, aux côtés de leurs dialyses, de gros appareils qui remplissent une fonction rénale. Le chef de service Jules César fait sa visite quotidienne : « Le service compte 92 patients. Ces patients reçoivent trois séances d’hémodialyse par semaine. Certains les suivent le lundi, le mercredi et le vendredi, tandis qu’un autre groupe les suit le mardi, le jeudi et le samedi. Nous avons donc un jour où il y a 42 patients, et un autre 50. Ces dialyses sont touchées par les coupures d’électricité. En effet, sans électricité, elles ne fonctionnent pas. » 
    Les « apagones », les coupures de courant, peuvent durer jusqu’à 20 heures. Si les hôpitaux font partie des zones prioritaires, ils n’y échappent toutefois pas complètement et pâtissent de ces interruptions. Comme l’explique Yamile Garcia Villar, la directrice de l’Institut : « En cas de coupure de courant sur le réseau alimenté par le système électrique national, les hôpitaux ont recours à des groupes électrogènes, c’est-à-dire des générateurs locaux fonctionnant au combustible fossile, notamment au pétrole. C’est pourquoi l’absence de ce pétrole, en plus d’affecter le réseau électrique national, compromet le bon fonctionnement des hôpitaux. »
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    « C’est vraiment la pire période que j’ai traversée »
    Un autre problème fondamental se pose, celui du transport des personnes. Les 3 000 patients sous dialyse du pays nécessitent un accompagnement spécifique, qui dépend du carburant. « Il en résulte donc une grande incertitude pour nous, en tant que professionnels, et les patients ressentent eux aussi une menace réelle pour leur vie. Car c’est la vie du patient qui est en jeu ici », explique la directrice de l’Institut.
    Un peu plus loin, Silvia Fernandez Vega Garcia, la responsable de l’unité de soins intensifs, se décrit comme épuisée : « Parfois, la présence du personnel est assurée, mais c’est plutôt pour partir le problème. Nous travaillons avec des patients gravement malades, des patients qui nécessitent un suivi, c’est-à-dire qu’il faut observer chaque jour l’évolution de leur état. Ce n’est pas la même chose que d’être de garde et de ne voir le patient qu’à un moment précis. Un patient gravement malade doit faire l’objet d’un suivi pour que son état évolue favorablement, détaille-t-elle. Il nous arrive de travailler dans des conditions vraiment difficiles. Parfois, pour pouvoir assurer la dialyse d’un patient, nous disposons tout juste de l’essentiel pour trois jours ou pour une semaine, et nous devons constamment surveiller la situation. Je pense que c’est l’une des choses qui nous affectent le plus. » 
    Quant à la directrice, Yamile Garcia Villar, elle conclut ainsi : « Depuis ma naissance, ce moment est le pire de ma vie. Et j’ai 50 ans. C’est vraiment la pire période que j’ai traversée et nous avons connu bien des étapes. » Elle craint que les hôpitaux comme le sien ne puissent bientôt plus faire face.
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    Dans l'Ukraine en guerre, la lutte contre la corruption reste fragile

    28.06.2026
    En Ukraine, de grands scandales liés à la corruption éclatent régulièrement, dans plusieurs secteurs critiques, comme l'énergie ou la défense, et éclaboussent le gouvernement et le pays à l’échelle internationale. Ainsi, le pouvoir doit mener un combat à l'intérieur même du pays, afin d'endiguer la corruption. Comment cette corruption s'est-elle installée dans le pays et que fait Kiev pour s'en défaire ? La mobilisation des institutions anticorruption et la mobilisation de la société civile sont-elles suffisantes ?
    De notre correspondante à Kiev,
    Un reportage à retrouver en intégralité sur le site de RFI, rubrique podcast Accents d'Europe
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    Au Brésil, une loi pour partager la garde des animaux de compagnie

    27.06.2026
    Au Brésil, le Parlement a adopté, au mois d’avril, une loi encadrant la garde partagée des animaux de compagnie lors d’une séparation. Une décision historique dans un pays où l’on compte plus d’animaux de compagnie que d’enfants.
    De notre envoyée spéciale à São Paulo,
    Sara Donaire présente Simba, Pandora et Oliver, ses trois chats dont elle partage aujourd’hui la garde avec son ancienne compagne par période de 15 jours. Un droit qu’elle a obtenu après une longue bataille judiciaire. Et deux ans et demi sans les voir.
    « Je n’avais aucune nouvelle. La communication avec mon ex était rompue, donc je ne savais même pas où ils habitaient, parce qu’elle avait déménagé. C’était une période très angoissante, j’avais même déposé plainte », confie-t-elle. 
    À l’époque, en 2022, aucune loi n’encadrait cette situation, qui dépendait de l’analyse du juge, au cas par cas. Sara a vécu une période de grave dépression. Elle raconte le calvaire qu'elle a vécu : « Ça a été un vrai traumatisme qu’on me les arrache de cette façon, sans savoir ce qu’il se passerait, sans avoir aucun soutien juridique pour espérer les revoir un jour. C’était un moment très confus, très sombre, sans espoir ».
    C’est grâce à Catarina Modena, avocate spécialisée dans le droit des animaux, que Sara a pu obtenir une sentence favorable et la garde partagée de ses chats. Les efforts de Sara pour adapter sa maison, et les diverses consultations de vétérinaires comportementalistes ont joué en sa faveur.
    « Il y a désormais une vraie attention pour l’intérêt de l’animal. « Aujourd'hui, quand le juge est face à ce type de situation, il devra analyser dans quel environnement vivra l’animal et le temps de qualité qu’il pourra passer avec son tuteur », explique l'avocate.
    La nouvelle loi donne une sécurité juridique aux tuteurs, en faisant de la garde partagée une règle s’il n’y a pas de consensus après une séparation. Car des cas comme celui de Sara sont désormais quotidiens dans la justice brésilienne.
    Une loi qui va dans le bon sens pour Sara : « C’était courant que les personnes renoncent à leurs animaux. Mais aujourd’hui, on voit que les animaux sont considérés comme des membres de la famille. C’est pas comme un meuble qu’on peut racheter, on comprend maintenant que chaque chat, chaque chien est un être unique ».
    Au Brésil, il y aurait 160 millions d’animaux domestiques pour 213 millions d’habitants. Il était temps que la loi s’adapte selon Catarina Modena : « Le pouvoir législatif doit prendre en compte l’évolution de la société. À partir du moment où il y a plus d’animaux que d’enfants dans les maisons brésiliennes, nous devons prendre en compte ces animaux et ces familles. »
    Autre aspect important de la loi : la garde ne sera pas accordée si l’une des deux parties présente des antécédents judiciaires ou des risques de violence domestique.
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