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    En Mongolie, une forêt plantée par l’homme dans l'espoir de contrer la désertification

    22.08.2026
    La Mongolie accueille depuis le 17 août, et jusqu’au 28 août, la COP17 contre la désertification. Un sommet international à Oulan-Bator pour tenter de trouver des solutions et des financements contre ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique, qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l’une des victimes les plus emblématiques : 76,9% des terres mongoles sont touchées par la désertification qui rend des pâturages inexploitables. Cela fait des années que le pays tente de trouver des solutions.
    De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez
    Un mur presque noir se dresse au milieu de cette steppe verte : c’est une forêt, immense, la plus grande du pays plantée par des hommes. On est tout au nord de la Mongolie, dans la province du Selenge. « Si vous allez 20 kilomètres plus loin, c’est la Russie, et il y a un petit village là-bas… C’est la commune russe la plus proche de la Mongolie », explique un habitant de la région.
    Odbayar, 31 ans, représente la troisième génération de la famille qui a commencé à planter ces pins, typiques de la taïga. C’était au début des années 2000. « À la sortie du communisme en 1990, on exportait énormément de bois vers la Chine. Beaucoup de gens coupaient des arbres illégalement, ça provoquait des feux de forêt. Le sol ici, c’est du sable. S’il n’y a pas d’arbre, ce sable se propage. C’est pour ça que mes parents ont décidé de se lancer dans cette opération de reboisement : pour faire renaître cette magnifique nature », raconte-t-il.
    Cette forêt protégée s’étend sur une superficie de 65 000 hectares. Odbayar et sa famille ont replanté des arbres sur environ 20 000 hectares. Cette histoire est devenue l’emblème du projet « 1 milliard d’arbres » d’ici 2030, le programme phare de la Mongolie contre la désertification. « Pour lutter contre ce phénomène, vous devez d’abord planter des arbres dans des endroits qui en avaient. Dans le désert de Gobi, par exemple, il n’y en a jamais eu en grande quantité, comparé à ici, le nord de la Mongolie », précise-t-il.
    Un manque de végétation mortel pour les élevages 
    Ce reboisement permet aussi de ramener des éleveurs nomades dans des pâturages qu’ils avaient quittés. Bayarsaikhan rentre les veaux avant la nuit. Sa yourte est installée en haut d’une colline qui surplombe la forêt. Cela fait cinq ans que l’éleveuse et sa famille ont quitté leur province natale, beaucoup plus montagneuse, située à 700 km à l’ouest du pays. « Dans mon ancienne vie, j’ai perdu trop d’animaux. Une année, on a eu un été sec, sans herbe. L’hiver ensuite a été terrible. J’avais 1 000 moutons. À la fin, il ne m’en restait que 108. Les vaches aussi, elles sont toutes mortes. C’était financièrement impossible. Ici, près de la forêt, c’est mieux. L’herbe pousse bien, elle est plus haute. Je peux enfin préparer les hivers », témoigne-t-elle.
    Mandakh, une scientifique spécialiste de la désertification et membre du comité d’organisation de la COP17, analyse l’action de son propre pays. « La Mongolie se débrouille plutôt bien. Nous avons des lois dédiées à la désertification. Sur le papier, on a aussi différentes initiatives. Mais le problème récurrent, c’est le financement. Nous sommes un pays qui vient juste de commencer son développement. Cela veut dire que parfois on se développe avec la nature et parfois contre », souligne-t-elle. Elle espère que cette COP17 servira à quelque chose et ne sera pas un sommet de plus où les discussions prennent le pas sur les actes.
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    Australie: les chauve-souris, des remparts face à la désertification

    21.08.2026
    Pour accompagner la croissance de sa population, l’Australie, qui compte désormais plus de 28 millions d’habitants, s’urbanise à grande vitesse. Ce qui n’est pas sans créer quelques conflits de voisinage, notamment avec les chauves-souris, une espèce nomade vivant en colonies, qui trouve dans ces zones urbaines une source quasi infinie de nourriture. Une coexistence parfois difficile à vivre mais néanmoins indispensable, les chauves-souris étant de très loin le principal rempart face à la désertification en Australie. Notre correspondant Grégory Plesse s’est rendu à Harrington Park, une banlieue située dans le sud-ouest de Sydney, où une colonie de roussettes à tête grise, l’une des plus grandes espèces de chauve-souris au monde, a pris ses quartiers il y a quelques mois. 
    À quatre heures du matin, c’est un véritable concert. Des roussettes à tête grise, on estime que dans cette banlieue arborée de Sydney, il y en aurait plus de 50 000, soit quatre fois plus que le nombre d’habitants. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils apprécient moyennement cette cohabitation. À l’image de Leigh, qui a même dû modifier sa routine matinale. « Elles défèquent partout, et elles sentent très mauvais. J’avais pour habitude de me promener dans ce parc, sous les arbres, c’est magnifique. Mais depuis que les chauves-souris sont arrivées, j’ai trop peur de prendre ce chemin », raconte-t-elle.
    Leigh n’est pas la seule à se plaindre. David, lui, est simplement résigné. « Il faut que je nettoie tous les jours la merde violette de chauve-souris sur le parterre de ma maison et autour de ma piscine, c’est un peu embêtant mais on ne peut pas faire grand-chose d’autre, puisque c’est une espèce protégée », regrette-t-il.
    Une espèce protectrice de l'environnement
    De fait, les roussettes à tête grise sont une espèce menacée. On estime que leur nombre a diminué de 30 % ces vingt dernières années, en raison notamment de la déforestation et donc de la destruction de leur habitat. Un déclin d’autant plus regrettable qu’elles jouent un rôle majeur pour la protection de l’environnement en Australie. C’est ce que souligne le biologiste Alfredo Ortega Gonzalez : « Les roussettes sont capables de transporter beaucoup de graines, mais aussi du pollen qui se colle à leur fourrure, sur de très grandes distances. Il n’est pas inhabituel pour elles de parcourir 20, 50 km par nuit, elles peuvent donc couvrir de très longues distances ».
    Alfredo Ortega Gonzalez est le coauteur d’une étude parue il y a quelques semaines, qui estime que cette seule espèce de chauve-souris contribuerait ainsi à planter plus de 90 millions d’arbres par an en Australie. Une raison suffisante pour les défendre, selon lui : « Oui, elles font du bruit, oui elles sentent mauvais, mais les bénéfices qu’elles apportent sont bien supérieurs à leurs désagréments. Il nous faut donc trouver un moyen de coexister, d’autant que l’urbanisation ne cesse de progresser ».
    Ainsi, dans d’autres secteurs de Sydney également envahis par les chauves-souris, des aides financières sont apportées aux résidents pour couvrir leurs frais de nettoyage.
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    En Israël, des cours de langue arabe pour se rapprocher des Palestiniens

    20.08.2026
    Alors que le Proche-Orient vit au rythme des guerres et que la paix n’a probablement jamais paru aussi lointaine, pourquoi apprendre la langue de l’autre ? À Tel Aviv, des Israéliens se sont inscrits à des cours de langue arabe, une pratique controversée dans la société israélienne alors que l'occupation en Cisjordanie se poursuit et que les massacres à Gaza continuent.
    De notre correspondante de retour de Tel-Aviv,
    Plus de 300 étudiants suivent des cours d’arabe dans cette école de langues établie à Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem. « À mes yeux, chaque personne qui vit ici doit savoir parler l’arabe, juge Kim Ibrahim, l’une des professeurs et Palestinienne d’Israël. L’arabe n’est pas la langue d’une minorité. C’est la langue de cette terre. Si tu ne la maitrises pas, tu ne peux pas te rapprocher de son peuple. »
    La plupart des étudiants ici sont des militants de gauche qui se rendent fréquemment en Cisjordanie pour y dénoncer l’occupation. Un activisme pas toujours facile à assumer dans la société israélienne, comme l’explique Akiva, qui travaille pour une ONG de défense des droits humains. « Ce qu’on me dit quand j’annonce que j’ai fait des études d’arabe et d’architecture à l’université, c’est souvent des choses du genre : “Wow, tu vas pouvoir travailler pour le Mossad !” Ou alors “Tu vas construire des hôtels à Gaza !”, raconte-t-il. On est vraiment dans l’optique qui consiste à mieux connaître son ennemi, à utiliser l’arabe dans le cadre de missions dans l’armée ou pour le Mossad. »
    Sur les murs, des posters appelant à l’égalité des droits pour tous « from the river to the sea » ou encore des appels à libérer les détenus palestiniens des prisons israéliennes. Ces Israéliens savent être une minorité.
    À lire aussi«Nous vivons dans la peur»: en Israël, l'abandon sécuritaire de la minorité arabe dénoncé
     
    « La langue arabe est désormais perçue comme une provocation »
    La langue arabe est de plus en plus perçue comme une menace en Israël. Jadis langue officielle de l’État hébreu, l’arabe a été rétrogradé langue à statut spécial en 2017. Certains commerçants arborant des inscriptions en arabe dans leurs boutiques sont désormais sommés de les retirer.
    C’est pour dénoncer cette situation que l’élue municipale de Haïfa, Sally Abed, décide de prendre la parole en hébreu et en arabe lors d’une réunion à la mairie le mois dernier. « Haïfa a parlé arabe pendant des décennies, pendant des siècles. Haïfa parle arabe ! », a-t-elle souligné. La situation va vite dégénérer. « Va à Gaza ! Haïfa est juive ! Haïfa n’est pas arabe ! Va à Gaza ! », hurle un homme.
    Contactée, Sally Abed assume son coup d’éclat. « Depuis le 7 octobre, la langue arabe est désormais perçue comme une provocation. Le problème pour eux, c’est que je politise la langue arabe et que je sois une politicienne arabe, insiste-t-elle. Sincèrement, j’ai voulu marquer le coup. C’était une sorte de déclaration d’amour à ma langue, aux Palestiniens de Haïfa qui se sentent effacés, transparents et persécutés. »
    Un rejet de l’arabe que Sally Abed dénonce. D’autant que cette langue est parlée au quotidien par sa communauté – les Palestiniens d’Israël qui forment 20% de la population du pays. Mais aussi par certains Séfarades, les juifs originaires de pays arabes qui représentent, eux, 50% de la population juive d’Israël.
    À lire aussiApprendre l’hébreu à Ramallah: ces Palestiniens qui suivent des études israéliennes pour mieux «combattre» l’occupation
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    En Allemagne, des «pierres de la faim» affleurent avec la sécheresse

    19.08.2026
    En Allemagne, la sécheresse historique de 2026 fait ressurgir des souvenirs du passé dans les fleuves du pays : des carcasses de navires de guerre datant de la Seconde Guerre mondiale, des squelettes de soldats et, à l’Est, près de Dresde, des « pierres de la faim ». Plus connues sous le nom de Hungersteine, ces pierres normalement immergées dans l’eau apparaissent lorsque le niveau de l’Elbe est très bas. À l'époque, leur apparition était annonciatrice de famine. 
    De notre correspondante à Pirna,
    Quelques gouttes tombent sur Pirna, mais elles ne vont pas permettre de recouvrir la Hungersteine située dans l’Elbe. « Non, les précipitations actuelles ne suffisent pas, indique Jan-Michael Lange, géologue et spécialiste de ces pierres. Il faudra encore un certain temps avant que le niveau de l'Elbe revienne à la normale. » Et même s’il a l’habitude de venir ici pour ses recherches, le géologue est toujours ébahi devant cette roche de 3 mètres sur 5, la plus grande Hungersteine d’Allemagne. « C'est vraiment impressionnant de voir cet immense bloc ici, dans l'Elbe, qui semble à nu, poursuit le géologue. D’autant qu’en temps normal, on ne le verrait pas du tout… Il serait complètement immergé sous l’eau. »
    Sur la pierre, des dates inscrites : celles des pires sécheresses que l’Elbe a connues depuis 1707, première année visible à l'œil nu. « Pour 2015 et 2018, je vois les inscriptions, mais personne n'a encore fait celle de 2026 », note le chercheur.
    Avec sa collègue Petra Walther, hydrologue à l’Office régional de Saxe pour l'environnement et l'agriculture, ils ont recensé la centaine de « pierres de la faim » présentes sur les rives de l’Elbe. « L’Elbe est prédestinée à ces pierres en raison de sa roche, un grès très facile à travailler, explique l'hydrologue. Et puis, le fleuve est depuis des siècles un lieu de vie pour les humains. Ils ont tout simplement vécu au rythme de l’eau, marquant sur la pierre les niveaux des sécheresses et des crues, afin de savoir à quoi s’attendre dans un avenir proche. »
    Leur nom, Hungersteine, rappelle la dépendance de ces populations passées avec le fleuve. « Quand il y avait peu d'eau dans la rivière, tout le monde en souffrait, souligne-t-elle, il y avait alors une famine, car on ne pouvait pas récolter de céréales, la navigation était interrompue, les poissons mouraient dans l'eau… »
    À lire aussiAllemagne: l'industrie en souffrance face à la sécheresse qui abaisse le niveau du Rhin
    Des dates qui se rapprochent
    Et aujourd'hui, ces pierres ne sont que la preuve d’un changement climatique qui s'accélère, avec des dates notées qui se rapprochent de plus en plus. Mais l’espoir de voir les choses changer grâce à elles est mince, selon Jan-Michael Lange : « Je ne suis vraiment pas sûr que ces pierres de la faim permettent de sensibiliser les gens sur ce sujet. » « Lorsque la sécheresse a des conséquences directes sur le quotidien des gens, alors on avance dans la prise de conscience, ajoute sa collègue, comme lorsque le robinet est coupé, ou que des restrictions d’eau sont en place. »
    Un manque de prise de conscience alors que l’Elbe est tombée à son plus bas niveau à Pirna le week-end dernier avec 79 cm de profondeur, contre en moyenne 1 m 40 en temps normal.
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    En Éthiopie, face à la sécheresse et la désertification, des éleveurs deviennent agriculteurs

    18.08.2026
    Dans la région Somali, dans le sud-est de l’Éthiopie, les épisodes de sécheresse, toujours plus intenses, font progresser la désertification et menacent dans le même temps l’existence des communautés pastorales. Pour survivre, beaucoup délaissent alors leur quotidien d’éleveur nomade et se tournent progressivement vers l’agro-pastoralisme. 
    De notre correspondante de retour de Cilaan,
    Les pieds ancrés dans la terre ocre, Ahmed Hussein Kalas discute de la croissance de ses semis d’oignons. Depuis deux ans, ce père de famille a délaissé sa vie d’éleveur nomade pour cultiver des légumes. « Notre mode de vie n'était pas compatible avec le changement climatique et la sécheresse. Les animaux mouraient les uns après les autres, témoigne-t-il. On a donc décidé de rester dans cette zone, pour y monter une ferme. C’était la décision qu’il fallait prendre. » 
    Depuis, la Corne de l'Afrique a connu cinq saisons des pluies déficitaires — la pire sécheresse depuis 40 ans. Dans ce contexte, les éleveurs n’ont d’autre choix que de s’adapter. À Cilaan, depuis deux ans, Ahmed Hussein Kalas utilise un système d’irrigation sophistiqué développé par les autorités locales, en partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’ONG locale Owda. « Je prévois maintenant de construire ma propre maison dans ce village. Je compte aussi acquérir un véhicule pour faciliter le transport des marchandises, poursuit l'ancien éleveur. C’est une belle opportunité d’avoir un meilleur niveau de vie. Aujourd’hui, je ne voudrais pas revenir au mode de vie pastoral. » 
    Ferdusa Abdi partage le même avis. Le rendement de l’hectare qu’elle cultive lui permet de remplir 400 sacs d’oignons par saison, à 4 000 birrs chacun, soit environ 22 euros. Elle produit aussi du fourrage pour les sept vaches qu’il lui reste. « En plus de nos cultures de rente, nous avons une parcelle dédiée à la production de fourrage. On le récolte et on nourrit les animaux à l'étable, ce qui nous permet d'obtenir un lait de meilleure qualité, explique-t-elle. Surtout, nous sommes prêts à affronter la sécheresse à venir. Avant de changer de vie, quand nous étions éleveurs, les enfants souffraient en période de sécheresse. Le bétail ne produisait plus rien à cause du manque d'eau, les enfants étaient donc malnutris et tombaient constamment malades. Mais aujourd'hui, leur situation a radicalement changé : ils vont à l'école et consomment les légumes que nous cultivons dans nos champs ».
    À lire aussiSécurité alimentaire: la stratégie agricole de l'Éthiopie face au défi climatique
    Une solution miracle ?
    À Gode, si l’agriculture a permis à des milliers d’éleveurs de sortir de la précarité, elle n’est pas une solution miracle, souligne Andrew Catley, professeur à l’université de Tufts, spécialiste du pastoralisme. « Le risque, lorsque des projets arrivent et commencent à distribuer gratuitement du matériel – pompes, semences, outils, etc. –, c'est qu'ils perturbent le système existant, dont ils ont souvent totalement ignoré le fonctionnement, souligne le chercheur. Bien que les gouvernements présentent souvent l'agriculture comme la solution idéale pour les éleveurs, car ils y voient une activité moderne et sédentaire, la réalité est en fait bien différente ». 
    À Cilaan, la sécheresse a contraint plus de 1 000 éleveurs à abandonner leur quotidien d’éleveurs nomades pour vivre de l’agriculture.
    À écouter dans Grand reportageÉthiopie, aux limites de la terre nourricière
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