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    Coupe du monde 2026: les Haïtiens de Boston, entre euphorie du foot et peurs migratoires

    18.06.2026
    Le match Brésil-Haïti de la Coupe du monde 2026 aura lieu à Philadelphie, dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juin. Ce sera le deuxième match des Grenadiers après leur défaite face à l'Écosse. La communauté haïtienne des États-Unis est euphorique de les voir jouer, comme une respiration après des mois de tensions migratoires. Mais l'anxiété n'est jamais loin, car d'ici à 15 jours, la Cour suprême doit se prononcer sur la possible suppression du TPS, le statut de protection temporaire qui permet à 350 000 Haïtiens de résider légalement sur le sol américain. Et les efforts de la diaspora pour mobiliser le Congrès ne sont pas encore consolidés.
    Reportage de notre envoyé spécial à Boston,
    Il fait très chaud dans ce petit local de banlieue. Les danseuses sont en sueur, en pleine répétition. Dans la nuit du 19 au 20 juin, elles vont monter sur scène juste avant la diffusion du match Brésil-Haïti de la Coupe du monde 2026. Ce sera sur grand écran, en plein centre-ville de Boston. Il y a un air de fête dans la communauté haïtienne. Comme si ce Mondial venait effacer une partie de la tension vécue ces derniers mois.
    « Je dois dire que l'on a beaucoup d'espoir. C'est vrai que parfois, on se sent dans le noir avec ce gouvernement, mais après avoir regardé le match, même s'ils ont perdu, ils ont joué d'une manière phénoménale et je suis personnellement très fière d'eux et je suis sûre aussi que les autres Haïtiens aussi sont fiers d'eux », confie l'une d'elle.
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    Le TPS au cœur des inquiétudes
    C'est une parenthèse, une bulle, éphémère par nature et qui ne peut pas et qui ne doit pas faire oublier, nous dit Carline Désiré, la politique migratoire de l'administration Trump vis-à-vis d'Haïti. Elle dirige l'Association des femmes haïtiennes de Boston et se bat depuis plus de 15 ans pour le maintien du statut de protection temporaire : « Oui, nous sommes très heureux que ce Mondial ait lieu. Et, dans le même temps, nous sommes très tristes de ce qu'il se passe autour du TPS. On espère une extension de trois ans, mais on est en plein flou juridique. Il y a énormément de travail en vue, de lobbying politique pour être sûrs qu'on obtienne assez de votes. Ça va être très dur, parce qu'il y a plus de républicains que de démocrates au Sénat. Il faut qu'on parvienne à mettre les républicains de notre côté. »
    À ce stade, aucune garantie que ce texte passe. Et le pasteur Dieufort Fleurissaint, lui aussi l'un des grands avocats de la cause haïtienne aux États-Unis, s'inquiète de conséquences dramatiques si le TPS disparaît : « Ces Haïtiens sont ici depuis plusieurs années. Ils sont propriétaires de maisons, ce sont aussi des entrepreneurs, ils ont des enfants qui sont nés aux États-Unis : presque 87 000 enfants issus de ces familles-là. Et ces enfants-là sont des Américains. Qu'est-ce qui va arriver à leurs enfants s'ils sont expulsés de ce pays ? Leurs enfants n'ont jamais mis leurs pieds sur la terre d'Haïti. »
    La Cour suprême doit se prononcer d'ici à la fin du mois de juin. Si elle se range du côté du gouvernement, il n'y aura plus qu'une seule option pour les Haïtiens : un vote favorable du Congrès.
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    Politique migratoire au Chili: le gouvernement d’extrême droite fait marche arrière

    17.06.2026
    L’exécutif avait présenté, il y a quelques semaines, une mesure pour obliger les hôpitaux et les écoles à fournir des informations au sujet de migrants sans papiers, comme leur numéro de téléphone ou leur adresse, aux autorités migratoires qui les solliciteraient dans le cadre de procédures d’expulsion. Mais face à l’indignation suscitée par cette annonce, y compris au sein du bloc présidentiel, la mesure a été modifiée. Il n’en reste pas moins que le mal est fait et que les migrants en situation irrégulière vivent aujourd’hui dans la crainte et évitent le plus possible les lieux publics.
    Reportage de notre correspondante à Santiago,
    À l’Institut catholique chilien de la migration, une cinquantaine de migrants viennent presque tous les jours chercher de l’aide pour régulariser leur statut migratoire. À l’extérieur, des personnes attendent leur tour sous un grand chapiteau bleu. Parmi elles, Alejandra. Elle était mineure quand elle est arrivée avec ses parents au Chili depuis le Pérou. Elle a maintenant 21 ans et étudie la gastronomie gratuitement, mais elle craint que le gouvernement lui retire la gratuité et l’expulse, car elle n’a pas obtenu sa carte de résidente depuis qu’elle est majeure : « Je sais ce qu’a dit le président avant d’être élu, qu’il va renvoyer chez eux tous les migrants illégaux et ceux qui n’ont pas leurs papiers. »
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    « J’ai perdu tout espoir »
    Alors, beaucoup évitent de s’exposer, comme Silvina, une Équatorienne de 37 ans. Elle est arrivée au Chili en 2022 avec sa fille : « Avant, on allait au parc tranquillement, désormais on évite. » Puisqu’elle est mineure, sa fille est protégée par la loi et scolarisée, mais Silvina, elle, est en situation irrégulière : « S’ils m'expulsent, qu’est-ce qui se passera alors pour ma fille ? On n’a personne ici. »
    Un peu plus loin dans la file, Flor raconte qu’elle a quitté le Venezuela avec sa mère et sa fille. Elles ont passé la frontière chilienne clandestinement il y a un an. Depuis, Flor redoutait l’arrivée du président José Antonio Kast au pouvoir : « J’ai été très choquée quand il a été élu. J’ai beaucoup pleuré, j’ai perdu tout espoir. » Elle aussi, désormais, ne sort presque plus de chez elle par peur de croiser la police : « Je fais mes courses rapidement au marché et je rentre vite chez moi. C’est terrible de vivre ainsi, je ne le souhaite à personne. » Flor envisage même de quitter le Chili : « Pourquoi lutter pour rester dans un pays qui ne veut pas de toi ? »
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    Une stratégie de dissuasion
    Sous le chapiteau, Luiz Do Arte organise la file d’attente. Il est le directeur exécutif de l’Institut catholique chilien de la migration et constate de plus en plus de méfiance chez les migrants : « Ils nous demandent subtilement si on travaille avec les autorités migratoires ou avec la police d’investigation. On leur dit que "non", ici, c’est l’église qui conseille les gens. » Pour lui, la politique migratoire du gouvernement a un objectif clair : « Générer la panique, la peur, c’est une tactique pour que les migrants quittent d’eux-mêmes le pays. »
    Des migrants qui ont aussi de plus en plus de difficultés à trouver du travail à la suite des nouveaux contrôles mis en place par le gouvernement et visant à pénaliser les entreprises qui auraient recours à de la main-d’œuvre étrangère sans papiers.
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    Allemagne: à Erfurt, la mobilisation s’organise contre le congrès de l’AfD

    16.06.2026
    À Erfurt, dans le Land allemand de Thuringe, se tiendra le 4 juillet prochain le congrès national du parti d'extrême droite AfD. Sur place, les militants anti-extrême droite se mobilisent. Ils se sont donné comme objectif de taper à la porte de 60 000 maisons, pour appeler à une grande manifestation le 4 juillet et surtout pour mobiliser la majorité, souvent silencieuse, qui n'ose pas parler face à la montée de l'AfD. 
    ► Un reportage à retrouver en intégralité dans Accents d'Europe.
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    Pologne: couples gays, franchir la frontière pour se marier

    15.06.2026
    Alors que la Pologne reste l’un des pays les plus restrictifs d’Europe en termes de droits LGBT, le gouvernement de Donald Tusk a légalisé fin mai la reconnaissance administrative des mariages homosexuels conclus à l'étranger. Une décision qui fait suite à la condamnation de la Cour de justice de l’Union européenne, selon laquelle Varsovie portait atteinte à la liberté de circulation de ces couples dans l’UE en leur retirant des droits acquis dans un autre pays. De quoi encourager de nombreux couples homosexuels polonais à organiser leur mariage à l’étranger ces derniers mois, alors que l’union des couples de même sexe reste interdite en Pologne.
    Reportage de notre correspondant à Varsovie
    Quelques heures de train seulement pour quitter le pays, et pour se dire oui pour la vie. Avec son compagnon Tobiasz, Zachariasz embarque à bord d’un train régional, direction Görlitz de l’autre côté de la frontière avec l’Allemagne. En couple depuis cinq ans, ils n’avaient jamais osé rêver de mariage : « Concrètement, si Tobiasz ou moi devions être hospitalisés, l’autre ne pourrait obtenir aucune information sur notre état de santé, car aux yeux de l’État polonais, on est qui l’un pour l’autre ? De simples étrangers. C’est pour ça que c’est important de se marier dès que possible. »
    Arrivés sur place, ils retrouvent leurs témoins qui ont eux-mêmes fait l’aller-retour depuis la Pologne sur la journée. Roksana, la meilleure amie de Zachariasz, espère que les couples gays comme le leur auront un jour la possibilité de se marier dans leur propre pays : « La distance, ça rajoute un obstacle. Pour nous, ça va encore, ça n'était pas trop loin, mais ce serait mieux si ça pouvait avoir lieu en Pologne, moi je suis pour ! »
    Au total, la cérémonie aura duré moins d’une heure. Pour eux, ces alliances sont synonymes de sécurité et signent le début d’une nouvelle vie, inimaginable pour Tobiasz il y a encore un an : « Il m’a dit oui, cette fois de façon officielle. Ça veut dire qu’aujourd’hui, il n’est plus seulement mon copain, mais mon mari. »
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    Une demande en forte hausse
    Et si ce rêve a pu devenir réalité, c’est en partie grâce à Katarzyna Kuca. Assise au coin bureau de son appartement à Wroclaw, l'entrepreneuse aide depuis trois ans les couples comme Tobiasz et Zachariasz à aller se marier à l’étranger. Elle s’occupe de la partie administrative, mais assure aussi la logistique sur place.
    Comptez trois à six mois seulement de délai entre la première demande et le jour du mariage. Cérémonies avec ou sans invités, suivies ou non d’une fête, ses équipes déployées aux quatre coins de l’Europe s’adaptent aux demandes des couples : « On organise des mariages en Autriche, au Danemark, en Allemagne, au Portugal et à Madère. Bien sûr, il y a d’autres pays qui autorisent le mariage pour tous, mais ces cinq pays ne requièrent pas de documents qu’il ne soit pas possible d'obtenir en Pologne. Chaque année, on avait environ 20 à 25 couples qui faisaient appel à nous, et maintenant on reçoit près de 50 demandes par mois, et ce chiffre ne fait qu’augmenter. Et ce que vous voyez sur les tableaux, ce ne sont rien que les couples qui prévoient de se marier au Danemark. »
    Depuis le verdict de la Cour de justice de l’Union européenne en novembre, elle a dû recruter cinq nouvelles personnes pour gonfler les rangs de ses équipes.
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    Élections législatives de l’automne en Russie: l’opposition tente de trouver sa place

    14.06.2026
    La date n’est pas fixée officiellement, mais les élections à la Douma devraient se dérouler les 18 et 20 septembre prochain. Ce seront les premières sur fond de conflit depuis plus de 4 ans, avec des pourparlers diplomatiques au point mort. Leur issue ne fait pas de doute, le parti au pouvoir encore une fois raflera l’immense majorité des sièges. Les partis d’opposition, sous pression, se préparent tout de même. Reportage dans les locaux du parti « Iabloko » à Saint-Pétersbourg, le seul parti à demander un cessez-le-feu immédiat en Ukraine.
    Dans une pièce, quelques affiches, du papier, des stylos sur des tables… les dernières traces de la réunion précédente : une soirée d’écriture de lettres aux prisonniers politiques en Russie. Quelques pas plus loin, dans un bureau, un calendrier avec la photo d’un visage mince aux yeux sombres et au regard aigu. C’est celui de Boris Vichnievsky. Cet ancien responsable très connu du parti « Iabloko » a été désigné « agent de l’étranger » en mars 2024. Comme une blessure qui ne cicatrise pas, comme aussi la marque d’une volonté intacte de combattre, quelques mots sont écrits sous le cliché : « Je reviendrai ».
    « C’est ce qu’il nous a dit quand il a fait son discours de départ », explique la coordinatrice des élections pour le parti dans la région (ndlr : pour des raisons de sécurité, les noms des interviewés ne sont pas communiqués). « Malheureusement, maintenant il vit à l’étranger. On espère que c’est temporaire, qu’il reviendra vraiment ».
    Depuis le départ de cette figure locale, et singulièrement depuis le début de la préparation des élections, le climat s’est encore durci. Assise dans son bureau, la coordinatrice des élections fait l’état des lieux : « Pour l'instant, je ne ressens aucune pression directe, dit-elle d’un ton égal. Mais je ressens une pression psychologique, car presque chaque jour au sein du parti, des choses désagréables se produisent. Mes camarades reçoivent des statuts juridiques qui les empêchent de se présenter à des élections et qui menacent même leur possibilité de résider en Russie. Par exemple, il y a quelques jours, un membre de notre parti à Iekaterinbourg, une ville avec une population de plus d'un million d'habitants, et où « Iabloko » obtient en général de bons résultats aux élections, a été fiché comme « extrémiste et terroriste ». Il a quitté le territoire. Dans d’autres endroits, il y a eu des pressions au travail ».
    Dans une interview le 10 juin dernier à Novaya Gazeta Europe (média exilé et classé « indésirable » par les autorités russes), le patron du parti, Nikolaï Rybakov, a eu cette formule : « Nous avons une grande expérience de la survie en milieu toxique. » À la question du journal : « Quelles sont les perspectives électorales d’un parti sans ressources administratives ni alliance avec le gouvernement russe en 2026 ? », Nikolaï Rybakov a répondu : « On pourrait poser la même question à propos de la vie en Russie dans son ensemble : quelles sont les perspectives d'avenir pour nous tous qui ne sommes pas au pouvoir ? Nous n'avons pas d'autre choix. Mais nous pouvons changer les circonstances dans lesquelles nous vivons. » 
    Pour la coordinatrice du parti à Saint-Pétersbourg, « Dans notre société, personne n'est à l'abri de rien, de la pression, de la possibilité de perdre sa liberté ou de subir des restrictions de quelque nature que ce soit. »
    « Les gens aspirent à vivre librement et sans peur »
    Pourtant, le responsable local du parti l’affirme : de nouveaux membres affluent tous les mois : des étudiants, des employés, des médecins, des hommes d’affaires, tous à la recherche d’un débouché civique et politique à leur mécontentement voire leur colère, adhérant au slogan du parti : « Pour la paix et la liberté, pour une vie digne et sans peur ».
    « Bien sûr, la question-clé est celle de l'attitude envers l'opération militaire spéciale et la méthode de résolution du conflit, explique-t-il, mais il s’agit aussi des choix économiques et sociaux que font nos dirigeants. Il y a du mécontentement et il est répandu, les sondages le disent. »
    La coordinatrice se fait un peu plus directe : « Il faut mettre fin aux massacres de vies, et c'est notre position principale. Cette position suscite désormais un écho important. Le nombre de personnes qui la soutiennent augmente, car des actions dangereuses menacent non seulement les zones frontalières, mais aussi Saint-Pétersbourg et Moscou. Les technologies militaires actuelles font que personne n'est en sécurité. » La coordinatrice s’exprimait dans la foulée du Forum économique de Saint-Pétersbourg, marqué par des attaques spectaculaires de drones de l’Ukraine lors des journées d’ouverture et de clôture. « Les gens aspirent à vivre librement et sans peur, à exprimer leurs opinions sans crainte également. C'est fondamental. »
    Ces deux cadres régionaux listent aussi, parmi ce qui attire de nouveaux militants, les restrictions d’internet, la dégradation du pouvoir d’achat, les inégalités qui s’accentuent, le manque d’investissement dans les transports, les inquiétudes sur l’avenir… Plus que des politiques à améliorer : un contrat social mis à l'épreuve depuis plus de 4 ans de guerre.
    « Iabloko » a pu jusqu’ici participer à toutes les élections, sauf le scrutin présidentiel. Pour ces législatives, réponse début juillet prochain.
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