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    Gabon: la détresse sans fin des familles de victimes de crimes rituels

    29.06.2026
    C’est une plaie de nombreuses sociétés d’Afrique centrale, mais elle est particulièrement vive au Gabon : les crimes rituels font chaque année des victimes. Des corps retrouvés sans vie, auxquels on a ôté des organes comme le cœur, les yeux ou le pénis. Dans bien des cas, ces crimes ne sont jamais punis, ou alors seul l’exécutant est arrêté, et pas le commanditaire. Les familles des victimes, elles, se sentent abandonnées face à ces actes qui associent spirituel, politique et criminalité organisée.
    De notre envoyé spécial de retour du Gabon,
    Paulin Boukika ouvre sur sa table basse le dossier dans lequel il conserve les documents relatifs à la mort de son fils. Cet agent des forces de l’ordre partage le récit macabre du jour où le corps inerte de Darlin, 14 ans, a été retrouvé, parmi d’autres, devant un célèbre restaurant de plage de la capitale du Gabon, en 2018 : « J'étais au travail. La mère de l’enfant m’appelle en pleurant : "On a retrouvé les enfants morts à la plage. Il faut venir parce qu'on a retrouvé des corps, je ne sais pas s'il est parmi eux." » Paulin Boukika se rend à Gabosep, une des morgues de Libreville : « On m'accompagne là où ils mettent les corps dans les tiroirs. On commence par le premier. J'ai dit "non, ce n'est pas lui". Le deuxième, ce n’est pas lui, etc. C'est au neuvième tiroir que je vois qu'il était là, déjà identifié parce qu'il portait un autre nom. J'ai dit : "Non, ça, ce n’est pas son nom, il s'appelle Boukika Darlin Stessi." »
    « La première version, c'était qu'il s'est noyé »
    Paulin Boukika conserve notamment les photos prises à la morgue du corps mutilé. Il n’y a jamais eu d’autopsie : « La première version qui m'a été donnée, c'était qu'il s'est noyé. Mais quand je suis retourné à la morgue la deuxième fois pour l’examiner, j’ai bien vu qu'il n'avait pas d'yeux, que le sexe était mutilé, qu'il y avait des parties entaillées. C'est là que j'ai compris que l'enfant ne s’était pas noyé parce qu'il avait des cicatrices un peu au front, au niveau des mains. Il y avait des blessures qui montraient qu'il avait été ligoté et s'était débattu. »
    À l’époque, le procureur parle de trois morts par noyade et le gouvernement s’inquiète d’une « récupération politicienne », à quelques mois des élections législatives. Alors que selon certains protagonistes, une quinzaine de corps ont été retrouvés ce jour-là. « La réaction officielle, c'était de nier la situation, se remémore Paulin Boukika. Ils ont masqué en disant qu'ils étaient à la plage, qu’ils se sont noyés à la plage. Et ils ont maintenu ce cap-là. On m’a dit : "Les poissons peuvent manger les yeux, les poissons peuvent manger le sexe." Mais est-ce qu'on peut manger le sexe de quelqu'un sans déchirer la culotte ? Mais il avait encore le slip ! Mais le poisson est rentré où et il est sorti comment ? »
    « La réaction officielle, c'était de nier la situation »
    La plainte de Paulin n’a jamais débouché. Pour lui, aucun doute, l’affaire a été enterrée : « J'ai continué à faire des recours au tribunal, à faire des plaintes, tout ça n'a jamais abouti. Il n'y a pas eu d'enquête. J'ai été obligé d'abandonner. Ils ont dû couvrir les commanditaires de ces crimes-là, car quand on camoufle, ça veut dire qu'on connaît les commanditaires, on connaît les gourous qui ont fait ça. Les parents victimes, on n'a jamais eu satisfaction. Darlin était mon fils ainé, j’avais beaucoup à lui transmettre. La blessure revient comme si c'était hier. »
    Des questions sans réponses et des crimes sans coupables. Et pas de statistique officielle. C’est aussi ce que déplore Germaine Bita. Sur sa terrasse qui surplombe les pistes de l’aéroport, elle ressasse encore les conditions de la disparition de son fils Guy-Léandre, en 2008 : « Un matin, il est parti. Après, je ne l'ai plus jamais revu. Et j'ai trouvé son corps à la plage. C'est là-bas qu'on a balancé son corps. On avait enlevé ses organes. Il n'avait que 18 ans. L'enfant n'avait plus de langue. Son sexe était élevé. Il était nu. Donc je suis allé à la police, j'ai porté plainte. » Malgré un témoin oculaire et plusieurs déplacements au commissariat, aucune enquête n’est entreprise, selon Germaine : « Il y a un monsieur qui a dit qu'il avait vu trois personnes balancer des choses à l’eau. On a dit ça à la police. Rien n'a été fait. C'est resté comme ça. »
    « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur »
    Une douleur que partage aussi Marie-Anne Minkoue qui reçoit RFI devant sa modeste maison du quartier de Nzeng Ayong, et exhume des archives des photos de journaux relatant des assassinats : « Le corps de mon frère a été retrouvé en brousse, sans cœur, sans une goutte de sang restant. Des hommes l’avaient invité à aller à la chasse avec eux. Il a fallu payer 300 000 francs [457 euros, NDLR] pour l’autopsie. Mais ça n’a rien donné. Un des assassins a été arrêté, placé en préventive, mais il a fini par sortir, et il est rentré au village. Il avait un frère bien placé. C’est de la corruption pure et simple. »
    C’était en l’an 2000. Quelques années plus tard, c’est son fils qui disparait. Sans nouvelles, elle a un jour découvert la photo de son corps illustrant un article dans le quotidien gouvernemental L’Union. Mais elle n’a jamais su d’où venait la photo, récupérée sur Internet, ni ce qui est advenu de son fils. Aujourd’hui âgée, c’est elle qui a dû élever ses petits-enfants. Elle raconte un enfant disparu dans le quartier récemment, une jeune femme dépecée dans un hôtel.
    Le sang pour servir les génies des eaux
    Si les crimes rituels touchent d’autres pays d’Afrique centrale et du golfe de Guinée, la situation au Gabon est mieux connue grâce au travail et à la ténacité d’un homme. En face de l’un de plus grands hôtels de Libreville, Jean-Elvis Ebang Ondo aime à regarder les cocotiers dont on débite les noix pour les passants du bord de mer. C’est lui qui les a plantés, en souvenir de son fils, Éric, retrouvé là, sur cette plage, en 2005 : « C'est là où on a découvert le corps de l'enfant. Ils étaient au nombre de deux qu'on a enlevés. On tue la personne ailleurs et on vient déposer le corps au niveau de la mer ou bien au niveau des fleuves, pour servir les génies. Parce qu'on signe le pacte avec les forces du mal. L'élément essentiel qu'on retire, c'est le sang. Le sang, c'est le carburant dans le monde mystique. »
    Cet endroit, il l’a baptisé le « Jardin des innocents ». Contrairement à beaucoup de familles de victimes, cet enseignant a choisi de ne pas se taire et de ne pas tomber dans la fatalité face à ces crimes qui n’ont rien de traditionnel. « Selon nos études, le phénomène des crimes rituels date des années 1930. Ce sont des pratiques importées et qui persistent. Ce genre-là fonctionne en réseau. Il y a les commanditaires, il y a l'exécutant, il y a les démarcheurs. Le plus souvent, ce sont les proches qui passent à l'acte. Le commanditaire est servi à travers le marabout qui essaie d'exécuter en fonction des besoins de ce commanditaire », affirme Jean-Elvis Ebang Ondo.
    Suite à ce drame, il a fondé l’Association de lutte contre les crimes rituels, organisé des manifestations régulières et suivies, mené le plaidoyer auprès des autorités nationales et des partenaires du pays, jusque dans l’enceinte du Sénat de transition où il a siégé de 2023 à fin 2025. Il a écrit plusieurs livres qui font autorité sur le sujet. Il a remarqué la concomitance entre vagues de crimes rituels et périodes de forte activité politique, tels que des élections ou des remaniements. Les commanditaires seraient donc massivement des personnalités puissantes issues du monde politique, de l’élite économique. Jean-Elvis Ebang Ondo parle de dizaines de cas en année électorale, mais ne publie plus de statistiques par crainte de récupération politique.
    Le difficile accès à la justice pour des familles sans moyens
    Autre problème : la justice qui manque de moyens et d’indépendance. « Les officiers de police judiciaire (OPJ) qui sont chargés de mener ces études-là, ces enquêtes-là, ne sont pas bien documentées, estime Jean-Elvis Ebang Ondo. Techniquement, ils n'ont pas assez de matériel. Parce que chez vous, on parle de l'ADN, vous pouvez classer un dossier pendant X temps… La conservation des dossiers, ça manque chez nous. Le second point, c'est que les juges reçoivent des coups de fil anonymes, ils ne sont pas à l'aise pour traiter un tel dossier. Les procédures ne vont nulle part. Dans mon cas personnel, nous avons donné tout ce qu'il y avait comme indices, ça n'a pas abouti. Au niveau de la justice, ça a été bien verrouillé pour que les commanditaires ne soient pas arrêtés. Pour qu'un dossier soit bien traité au niveau du tribunal, il faut un rapport d'un médecin légiste, mais il n’y en a même pas cinq au Gabon et il faut les payer ».
    La question des moyens, le magistrat Eddy Minang la partage. Auteur d’une thèse devenue un livre l’an dernier (2025) sur les crimes rituels, il estime que le cadre juridique renforcé est suffisant : « C'est à partir de 2019 que le législateur a introduit dans le code pénal le terme de "meurtre à des fins rituelles, meurtre à des fins de prélèvement d'organes ou de tout autre tissu, de cession de chair humaine, etc". Cela renvoie à un certain nombre de meurtres, des meurtres ésotériques, qui sont commis simplement dans le but de prélever des organes humains. Et ces organes humains servent à concocter, à préparer ce qu'on appelle vulgairement des "pièces détachées". Et dans l'imaginaire collectif, les auteurs pensent qu'en utilisant ces pièces détachées – ça peut être le cœur, ça peut être le cerveau, ça peut être même le sang et d'autres organes du corps humain –cela donne un certain nombre de pouvoirs, que ce soit le pouvoir spirituel, que ce soit le pouvoir économique, que ce soit également le pouvoir politique. »
    De l’argent pour les exécutants, des fétiches pour les commanditaires
    Pour les exécutants, l’argent est sans aucun doute la motivation. Pour les commanditaires, c’est le pouvoir, avec l’appui du sorcier. « La particularité avec le crime rituel, c'est que le prélèvement d'organes se fait souvent à vif, détaille le procureur de la république, actuellement suspendu de ses fonctions. Plus la personne souffre, parce que la personne doit dégager une force qu'on appelle l'énergie vitale, plus le fétiche sera puissant. Tout le problème, c'est souvent de remonter jusqu'au commanditaire. On se retrouve souvent entre la parole de l'un contre celle de l'autre. L'exécutant va dire, c'est M. Untel qui m'a envoyé, alors qu'il n'y a pas de preuve. Le plus souvent, l'exécutant ne connaît même pas le commanditaire. Il connaît celui qui a servi d'intermédiaire et tout cela pose problème ».
    Dernier cas très médiatisé de crime rituel au Gabon : en décembre 2025, le corps d’un adolescent de 13 ans retrouvé dans la fosse septique de son immeuble, cinq jours après sa disparition. Aux enquêteurs, un des quatre suspects interpellés dit avoir agi sur ordre d’un présumé commanditaire à des fins fétichistes. Dans la foulée, certains appellent au rétablissement de la peine de mort, abolie en 2010. Le président du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, demande au Conseil économique et social (Cesec) d’organiser une consultation sur le sujet.
    Aujourd’hui, la consultation a eu lieu, l’attention médiatique est retombée, et l’idée d’un retour de la peine capitale semble enterrée, nous explique Geoffroy Foumboula, 2è vice-président du Cesec : « Nous avons écouté tout le monde et je pense que l'opinion elle-même s'est rétractée parce qu'elle a compris que la peine de mort n'était pas du tout la solution, mais qu'il fallait par contre simplement travailler dans le sens que la justice fasse convenablement son travail, améliorer le dispositif juridique, le code pénal, le code de procédure pénale pour que les responsables soient identifiés, que ces responsables soient condamnés. »
    Crimes rituels, trafic d’organes et violence social symbolique
    La société gabonaise est si traumatisée par ces crimes dits rituels que, selon plusieurs spécialistes, des réseaux criminels transfrontaliers de trafic d’organes jouent de cette psychose, explique Geoffroy Foumboula : « On peut se retrouver dans des situations où, pendant l'élection, comme on sait que de façon psychologique, s'il y a des crimes de sang qui sont opérés, on va les attribuer aux acteurs politiques, on peut avoir des réseaux transfrontaliers qui en profitent pour faire des crimes de sang, des abus de trafic d'organes, de façon à ce que dans la psychologie générale de la population, on puisse attribuer cela aux crimes rituels, qui s'inscrivent souvent dans une approche soi-disant d'ascension sociale à travers des sacrifices humains. »
    Généralement, les victimes sont issues des populations défavorisées, ce qui accentue encore les difficultés pour recourir à la police et à la justice. À la violence physique, s’ajoute donc une violence sociale exercée par des élites qui, en plus de prendre possession des richesses du pays, s’octroieraient un véritable droit de vie et de mort sur les corps des Gabonais.
    C’est l’analyse du sociologue et anthropologue Joseph Tonda. Pour lui, c’est un rapport de domination entre héritage des sociétés traditionnelles et coloniales : « Le pouvoir ici est la continuation du domaine de la chasse. Celui qui a le pouvoir, c'est le chasseur, c'est le guerrier, c'est celui qui doit conquérir l'autre, qui doit assujettir l'autre, qui doit dominer l'autre, qui doit détruire l'autre pour sa propre consommation. On peut dire que ces comportements – anthropophagie, prélèvement d'organes – existaient auparavant, mais qu'ils ont été transformés et massifiés par l'État moderne. Il revendique le monopole de l'exercice du pouvoir physique, matériel, mais il y a aussi le pouvoir symbolique. Donc, les deux doivent être associés. C'est comme si le pouvoir était une machine à reproduire l'inégalité. Ces pratiques d'une violence extrême amènent aussi à une forme de peur permanente et quasiment de complotisme. On entend des choses, ça prend des proportions incroyables parce que les masses, elles extrapolent, elles exagèrent. Il y a de l'amplification par le peuple qui n'a pas les moyens de contrôler la machine. C'est difficile dans ce domaine-là de discerner ce qui est réel et ce qui est irréel. »
    Les religions traditionnelles gabonaises rejettent la pratique des sacrifices
    Depuis le renversement du pouvoir des Bongo en août 2023, le discours d’un retour aux traditions progresse au Gabon. Mais pour les défenseurs des rites traditionnels, être associé aux crimes rituels est infamant. Ni le bwiti – le rite le plus présent – ni les autres mysticismes gabonais ne permettent les sacrifices, rappelle Jean François Ndong Ebe, président de l’association Vanga Tsengue, qui promeut le bwiti : « Les crimes rituels ont toujours concerné toutes les religions. On a vu ici certains pasteurs qui ont été condamnés. Donc, c'est la déviance de certains individus. Il y a des gens, des imposteurs, des charlatans qui s'érigent en soignants, en guérisseurs, alors qu'ils ne le sont pas. En réalité, le bwiti ne reconnaît pas les sacrifices. Le sacrifice est condamné, le sang est condamné. C'est pourquoi il y a certains soi-disant bwitistes qui ont fait des sacrifices au nom du bwiti alors qu'ils ne le sont pas. Ce ne sont que des malfaiteurs, tout simplement. »
    Derrière des justifications mystiques, œuvrent des réseaux criminels qui, chaque année, laissent des corps sans vie et mutilés. Et, pour les familles, des blessures que l’absence d’accès à la justice empêche de soigner.
    Lors d’une récente interview à Jeune Afrique, le président Oligui Nguema a dénoncé une « abomination » : « Chaque enfant enlevé, chaque vie brisée par ces pratiques barbares est un échec collectif. Trop de dossiers de crimes rituels dorment dans les tiroirs des tribunaux. Trop de coupables échappent à la justice. Ce qui doit changer immédiatement, c’est l’impunité. Quand un crime rituel est commis, l’enquête doit aboutir, le procès doit avoir lieu et la sanction doit être exemplaire. Plus personne au Gabon ne doit pouvoir commettre un tel acte en pensant qu’il s’en tirera. »
     
    Pour aller plus loin
    ► Gabon: la disparition de plusieurs élèves après une baignade fait polémique
    ► Journée de l’enfant: au Gabon, l’ALCR attire l’attention sur les crimes rituels
    ► Gabon: des manifestants appellent à la fin des crimes rituels contre les enfants après plusieurs cas
    ► Gabon: retour du débat sur la peine de mort après la médiatisation de plusieurs crimes rituels.
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    «Le supplément du dimanche» du 28 juin 2026

    28.06.2026
    Direction une Italie rurale qui tente de réduire sa pollution des sols en seconde partie d'émission, mais tout d'abord en Équateur. Dans la forêt amazonienne et dans les Andes, point commun : l'or. Valeur refuge par excellence, les crises mondiales lui profitent, les cours se sont envolés et, donc, l'exploiter hors de toute règle peut vraiment valoir le coup. La montée en puissance des mafias de l'or a amené les autorités équatoriennes à décréter objectif militaire toutes les mines illégales.
    Équateur : L'or de la guerre et du sang
    L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d’or qu’il n’en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l’extraction illégale du métal jaune dont l’envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l’environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance.
    Le phénomène ne date pas d’hier, mais l’argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires.
    Entre communautés indigènes et patrouilles de l’armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang...
    Un Grand reportage d'Éric Samson qui s'entretient avec Jacques Allix.
     
    Italie : la révolution silencieuse des engrais 
    La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l’urée, l’engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d’Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne.
    Un Grand reportage d'Anne Verdaguer qui s'entretient avec Jacques Allix.
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    «Le supplément du samedi» du 27 juin 2026

    27.06.2026
    Direction l'Espagne pour notre premier reportage, une destination pour des Israéliens qui préfèrent quitter leur pays et migrer de l'autre côté de la Méditerranée. Depuis le début de la guerre à Gaza, l'Espagne s'est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Pedro Sanchez a qualifié Israël d'État génocidaire, ce qui lui a valu d'être accusé d'antisémitisme... En 2è partie, dans le port de Dublin, un écosystème économique et social irrigue la capitale irlandaise. 
    Juifs en Espagne : les échos du conflit israélo-palestinien et le poids de l'histoire 
    Depuis le début de la guerre à Gaza, l’Espagne s’est imposée sur la scène internationale en soutien à la cause palestinienne. Le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a ouvertement qualifié Israël d’« État génocidaire ». Un positionnement qui lui a valu d’être accusé d’antisémitisme par les autorités israéliennes.
    Malgré tout, des familles israéliennes continuent de s’installer dans ce pays méditerranéen.
    Mais alors quelle est la réalité de cet antisémitisme vécu par les communautés juives en Espagne ? Cette réalité est-elle réellement liée à la lutte pour la cause palestinienne ? Nous sommes allés chercher des réponses dans la grande ville de Barcelone. 
    Un Grand reportage de Oriane Verdier qui s'entretient avec Jacques Allix.
    Dublin, capitale irlandaise et ville portuaire : malédiction ou opportunité ? 
    Ils sont la cheville ouvrière des échanges à travers le monde, nœuds stratégiques entre immensités maritimes et réseaux terrestres de transport, pivot de la mondialisation. Les ports. Entre quais et bassins, ils sont aussi un microcosme, ils ont une réalité sociale qui rayonne sur la ville avoisinante. Exemple Dublin. Durant des siècles, le port de la capitale de la République d’Irlande, a régi la vie de ses habitants.
    Pratiquement tous les corps de métiers qui gravitaient autour du port avaient un lien avec la mer. Que sont devenus ces liens aujourd’hui ? Comment le patrimoine social, historique et culturel du port de Dublin est-il devenu le moteur d’une croissance économique ?
    Un Grand reportage d'Agnieszka Kumor qui s'entretient avec Jacques Allix.
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    Équateur : l'or de la guerre et du sang

    25.06.2026
    L'Équateur, en Amérique du Sud, exporte plus d’or qu’il n’en produit... officiellement. Pour comprendre, il faut compter avec l’extraction illégale du métal jaune dont l’envol des cours à dopé les convoitises. Les conséquences du trafic sont terribles : sur l’environnement, la cohésion sociale, la violence et la délinquance.
    Le phénomène ne date pas d’hier, mais l’argent des organisations criminelles leur a donné des ailes, à tel point que les autorités équatoriennes ont décrété toutes les mines illégales de minerai : objectifs militaires.
    Entre communautés indigènes et patrouilles de l’armée, Eric Samson a suivi la trace de cet or de la guerre, et du sang...
    « Équateur : l'or de la guerre et du sang », un Grand reportage d'Eric Samson.
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    Italie : la révolution silencieuse des engrais

    24.06.2026
    La flambée du prix des engrais provoque une crise dans précédent pour les agriculteurs, en particulier les céréaliers de la Plaine du Pô, en Italie. Très dépendants de l’urée, l’engrais azoté dont le prix a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, ils tentent de trouver des alternatives plus naturelles. Un reportage d’Anne Verdaguer et Caroline Bordecq, cofinancé par l'Union européenne.
    Les agriculteurs italiens subissent en moyenne depuis quelques mois des surcoûts d’environ 30%, en raison de la hausse du prix des engrais. L’Italie, deuxième puissance agricole de l’Union européenne, importe 70% de ses engrais minéraux (azote, phosphate, potassium), dont près de 50% proviennent d'Égypte, suivie de l'Algérie, de la Libye, de la Turquie et du Maroc.
    Pour Cesare Fedeli, céréalier près de Milan : « Si on considère seulement l’utilisation de l’urée, qui est l’engrais azoté que nous utilisons le plus, pour 200 hectares de riz et 100 hectares de maïs, il y a eu une augmentation des coûts d’environ 35 à 40 000 euros. Par rapport à 2025, les prix des fertilisants ont augmenté de 50%. Cette augmentation, on ne peut que la subir et la peur aujourd’hui, c’est de produire à perte : que la valeur de la récolte ne permette plus de couvrir les coûts de production. Malheureusement, il n’y a pas d’alternative : nous sommes dépendants de ce type de produit. »
     
    EN IMAGES
     
    Une taxe carbone sur les engrais controversée
    L’Italie a réclamé la mise en place d’un corridor humanitaire sur le détroit d’Ormuz pour les engrais, alors que les craintes de crise alimentaires se renforcent.
    Le puissant syndicat agricole italien Coldiretti s’est rendu au Parlement européen à Strasbourg, le mois dernier (mai 2026) pour réclamer notamment la suspension de la taxe carbone aux frontières, sur les engrais.
    Pour Luigi Simonazzi de Coldiretti Lombardie : « En Lombardie, les céréales sont principalement destinées à l’alimentation animale. Je ne peux pas renoncer à produire mon maïs, parce que je sais qu’une vache laitière consomme chaque jour plusieurs kilos de maïs. Donc même si l’engrais coûte deux fois plus cher, je dois continuer à l’acheter. Et ensuite je dois espérer pouvoir vendre mieux mon lait, ma viande ou mes œufs. C’est là tout le problème : les coûts de production augmentent immédiatement, mais les prix agricoles ne suivent pas toujours ».
    En attendant une réponse à la demande de suspension temporaire de la taxe carbone aux frontières de l'UE, l'Italie a remporté une victoire en suspendant les droits d'importation sur l'ammoniac et l'urée en provenance de pays non membres de l'UE, à l'exception de la Russie et du Bélarus, qui resteront soumis à des sanctions en raison de la guerre en Ukraine.
     
    Nourrir 10 milliards d’êtres humains sans engrais
    La vraie question est la suivante : pourra-t-on un jour se passer des fertilisants chimiques pour nourrir 10 milliards d’êtres humains sur terre d’ici 2050 ?
    Dans la plaine du Piémond au pied des Alpes, Mara Stocchi et Manuele Mussa ont repris la ferme rizicole des grands-parents Una Garlanda, une exploitation de 130 hectares qui a pris un tournant radical après 40 ans de monoculture, car aujourd’hui, ils n’utilisent plus de fertilisants. Pour Mara Stocchi : « c’est un changement qui veut porter un message beaucoup plus large, parce que l'agriculture sert à nourrir les personnes. Et les personnes, pour être bien nourries, doivent manger de la nourriture saine, la nourriture que la terre leur donne. On peut aider les agriculteurs à faire des choix plus conscients, des choix plus en ligne avec ceux de nos ancêtres qui ont toujours cultivé la terre et n'avaient pas besoin de substances chimiques. »
    L’Italie, 1er producteur européen de riz et de fruits, et 2è producteur de légumes derrière l'Espagne, est aussi l'un des leaders du bio. L’agriculture régénératrice se développe également à grands pas.
    Une révolution qui prendra du temps mais qui, à l’heure du changement climatique, semble nécessaire.
Über Grand reportage
RFI propose un grand reportage réalisé par les envoyés spéciaux et les correspondants de la rédaction, partout dans le monde. Diffusion du lundi au jeudi vers toutes cibles à 17h10 TU ; 22h10 TU et à 03h10 TU du mardi au vendredi. Le samedi et le dimanche à 09h10 TU, Jacques Allix, rédacteur en chef de l'information monde vous présente une version enrichie, sur 50 minutes avec la diffusion de deux Grands Reportages et à l’issue, un entretien avec leurs auteurs. 
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