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Le grand invité Afrique

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  • Le grand invité Afrique

    Serge Abraham Thaddée: «Montrer à la face du monde qu'on a une civilisation aussi importante que les Grecs»

    09.05.2026
    Le sommet Africa Forward s'ouvre lundi 11 mai à Nairobi. Et pour cette nouvelle formule des rencontres entre la France et ses partenaires africains, le sommet débute avec une session sur les industries culturelles et créatives, comme le jeu vidéo. «Assassin's Creed», «Aurion» ou encore «Safari City» ... l'Afrique inspire de plus en plus et ce sont les développeurs du continent qui s'en emparent le mieux. À l'instar du jeu sud-africain «Relooted» sorti en février 2026 dont les héros cambriolent les musées européens à la recherche des oeuvres pillées en Afrique, les récits historiques du continent s'invitent dans le ludique et, par la même occasion, créent des imaginaires et des mondes nouveaux à la portée du grand public. Le jeune Guinéen Serge Abraham Thaddée a fondé la startup «African Heroes» qui s'inspire des récits historiques et des fictions de son pays. Il est notre Grand Invité Afrique du jour.
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    Mamoudou Ibra Kane: «Les Sénégalais qui étaient emballés par Bassirou et Sonko commencent à perdre espoir»

    08.05.2026
    Et si le bras de fer au Sénégal entre le président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko finissait par porter préjudice à la fois à l'un et à l'autre ? C'est la thèse de l'essayiste sénégalais Mamoudou Ibra Kane qui publie aux éditions le Lys Bleu « Troisième alternance au Sénégal, mon double regard ». L'auteur est également le leader du mouvement politique Demain, c'est maintenant. Il s'exprime sur la crise à la tête de l'État sénégalais, mais aussi sur le prochain sommet Afrique-France à Nairobi. De passage à Paris, il répond aux questions de RFI.
     
    RFI : Dans votre dernier livre, vous dites que l'actuel bras de fer entre le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko va tourner à l'avantage du premier. Pourquoi ?
    Mamoudou Ibra Kane : Oui, je crois que, du point de vue strictement institutionnel, ce combat entre le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko est un combat entre le pot de fer et le pot de terre. Et je crois que, du point de vue institutionnel, le président prendrait le dessus. Maintenant, du point de vue strictement politique, imaginons que tous les deux se présentent en 2029, on peut concéder à Ousmane Sonko une certaine popularité qui pourrait peser. Mais il ne sera pas le seul acteur. Il y a d'autres acteurs qui n'ont pas encore dit leur dernier mot.
    Quel est votre pronostic, Mamoudou Ibra Kane, est-ce qu'on va au clash entre les deux chefs de l'exécutif ? Est-ce que le président va démettre son Premier ministre ? Est-ce que celui-ci va carrément démissionner ?
    Moi, j'ai envie de dire au président Bassirou Diomaye Faye que le tigre n'a pas besoin de proclamer ou de crier sa tigritude. Il bondit sur sa proie et la dévore. Rappeler le décret qu'il a pour nommer ou démettre un Premier ministre, cela est déjà connu. C'est à lui de se déterminer dans un sens ou dans un autre. Quant au Premier ministre Ousmane Sonko, je crois que s'il garde intacte son ambition de diriger le Sénégal en 2029, si le peuple sénégalais lui fait confiance et qu'il fait le constat qu'il ne s'entend plus avec le président Bassirou Diomaye Faye, il doit en tirer les conséquences et démissionner. Donc le jeu, il est clair : soit l'un fait démissionner l'autre, soit l'autre démissionne de lui-même.
    Et si au terme de la nouvelle loi, Ousmane Sonko est à nouveau éligible et peut se présenter en 2029, est-ce qu'avec le soutien de son parti, avec celui des députés Pastef, il ne va pas naturellement écraser le candidat Diomaye Faye ?
    Mais je ne suis pas sûr que ce sera un jeu entre les deux. Parce qu'il y a aussi d'autres acteurs politiques qui ont des ambitions présidentielles légitimes. Ce que je crois, c'est que tous les deux risquent d'y laisser des plumes et cela se fait sentir, d'ailleurs. Les Sénégalais, qui étaient vraiment emballés par ce duo, aujourd'hui commencent à perdre espoir. Et cela se justifie d'autant plus qu'ils attendent des deux qu'ils attaquent de front les problèmes économiques et sociaux du pays. C'est plutôt le désespoir qui est en train de se faire jour et qui risque de leur coûter très cher et de les emporter tous les deux s'ils ne se ressaisissent pas.
    Et quels sont les autres candidats que vous voyez venir ?
    Dans notre échange, vous avez parlé d’Amadou Ba, mais il n'y a pas que lui. Il y a d'autres jeunes aux dents longues qui, peut-être, seront candidats.
    Dans quel parti ?
    Vous avez déjà des partis historiques, mais aussi il y a des partis émergents. Je pense par exemple au mouvement « Demain c’est maintenant », dont je suis le leader. Je pense à tous les autres, les Thierno Alassane Sall, les Anta Babacar Ngom, les Bougane Dany, et bien d'autres, que ceux que je n'aurais pas cités m'excusent.
    Ce lundi va s'ouvrir un sommet Afrique-France. Pour la première fois, ce sera en terre anglophone, à Nairobi. Le président Diomaye Faye y est attendu. Est-ce que ce n'est pas surprenant de la part d'un homme politique qui a fait campagne il y a deux ans pour une véritable émancipation du Sénégal par rapport à la France ?
    Clairement. Logiquement, on aurait pu s'attendre à ce que le président Bassirou Diomaye Faye ne participe pas à ce sommet, assimilé par Pastef, dans l'opposition, et qui continue d'ailleurs de maintenir cette position souverainiste, disant que ce sommet France-Afrique ou Afrique-France, c'est selon, c'est encore la Françafrique qui continue. Bassirou Diomaye Faye est peut-être rattrapé par la réalité du pouvoir. Ce souverainisme, proclamé sur tous les toits et sur tous les tons, a des limites dès l'instant qu'on est un pays qui s'appelle le Sénégal, qui a besoin de commercer avec le reste du monde. Et aujourd'hui, il faut quand même reconnaître un glissement de cette relation entre la France et l'Afrique vers un peu moins de charge émotionnelle. Parce qu'il ne s'agit plus de la France avec les pays anciennement colonisés, mais de l'Afrique dans sa globalité. Et je crois que, de ce point de vue, honnêtement, moi je pense que le président Bassirou Diomaye Faye peut y avoir sa place, même s'il est rattrapé par un discours souverainiste aujourd'hui qui fait qu'on lui reproche de se rendre à ce sommet de Nairobi.
    On dit souvent que la querelle entre Diomaye et Sonko est un combat de coqs. Vous l'écrivez vous-même d'ailleurs, mais est-ce que ce n'est pas aussi un conflit politique ? La realpolitik d'un côté, le souverainisme de l'autre ?
    Oui, qui s'entrechoquent et qui risquent d'être très préjudiciables à la stabilité des institutions et, au-delà, à la stabilité du Sénégal tout court.
    À écouter dans L'invité Afrique midiAu Sénégal, le président Diomaye Faye est «prêt pour la séparation» avec le Premier ministre Sonko
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    Au Mali :«Il faut s'attendre à de nouvelles attaques, l'objectif est de mettre une pression maximum sur le régime»

    07.05.2026
    « Au Mali, il se passe des choses en coulisses, car il y a un mécontentement croissant au sein des forces armées », affirme la chercheuse Djénabou Cissé, douze jours après les attaques meurtrières des jihadistes et des rebelles touaregs. Mais pourquoi n'a-t'on vu aucun mouvement chez les militaires pendant les trois jours où la junte a complètement disparu, entre le 25 et le 28 avril dernier à Bamako ? Réponse de Djénabou Cissé, chercheuse associée à la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris.
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    Jibrin Ibrahim: «L'état de la sécurité au Nigeria est au plus bas de son histoire»

    06.05.2026
    Six civils devant la Haute Cour d'Abuja, 36 officiers supérieurs devant la cour martiale du Nigeria, tous poursuivis pour avoir fomenté le putsch manqué de fin d'année dernière. Cette tentative de coup d'État contre le président Bola Tinubu en octobre 2025 avait d'abord été démentie par Abuja et l'armée nigériane, avant que les autorités ne finissent pas l'admettre en ce début d'année. Le procès des accusés civils a commencé en début de semaine (lundi), celui des militaires s'ouvre ce vendredi 8 mai devant une cour martiale spécialement créée pour l'occasion.  Qui sont véritablement ces hommes ? Que s'est-il vraiment passé en octobre 2025 ? Et pourquoi la présidence a tout fait pour cacher cette tentative de putsch ? Jibrin Ibrahim, chercheur principal au Centre pour la démocratie et le développement d'Abuja, est l’invité de Sidy Yansané.
     
    RFI : Revenons un peu en arrière, tout d'abord, au moment de la tentative de putsch d'octobre dernier. L'armée nigériane avait démenti l'existence même de cette tentative, avant de la reconnaître trois mois plus tard. Pourquoi, selon vous ?
    Jibrin Ibrahim : Pour un régime au pouvoir, parler d'une possibilité de coup d'État est quelque chose d'inquiétant. Le régime au départ ne voulait pas parler de cette tentative, mais par la suite il s'est senti piégé : s'il ne parle pas, qu’allait-il faire des suspects ? Je pense que c'était un peu ça la problématique.
    Pour l'instant, le bilan sécuritaire du président Bola Tinubu est, on peut dire, assez mauvais. L'attaque de Jos, des explosions coordonnées à Maiduguri, l'armée américaine qui s'autorise à bombarder le territoire nigérian... Cacher cette tentative de putsch, c’est cacher peut-être aussi un malaise au sein de l'appareil sécuritaire au Nigeria ?
    Absolument ! Dans l’histoire récente du Nigeria, l'état de la sécurité n’a jamais été aussi grave. Les attaques par les terroristes, par les bandits ou les groupes qui revendiquent une lutte politique sont à peu près partout dans le pays, et tout le monde s’interroge : où est l'État et où sont les forces de sécurité ? C'est une situation très inquiétante pour les Nigérians et tout le monde se demande si l'État est vraiment capable de protéger ses citoyens.
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    Une cour martiale a été mise en place spécialement pour juger les 36 officiers accusés. Dans un pays fortement militarisé, qui a connu plusieurs coups d'État il y  25 ans, pourquoi est-ce seulement maintenant qu'une telle cour est créée ?
    On ne sait pas vraiment puisque le gouvernement s’est efforcé de dissimuler ce putsch avorté. Jusqu'à présent, beaucoup s’interrogent sur la véracité des informations données par Abuja. On espère qu'avec cette cour martiale et le procès des civils qui vient de commencer, on pourra en apprendre un peu plus sur ce qui s'est passé. Mais pour moi, le gouvernement est inquiet, cette histoire est quelque chose qui est difficile à gérer pour lui. Pour une raison toute simple : le coup d'État est de nouveau tendance en Afrique de l'Ouest, beaucoup de pays en ont souffert récemment. L'idée du putsch grandit au Nigeria et c'est ça le problème de fond : si on en parle, est-ce qu'on l'encourage ? Si on n’en parle pas, quels sont les risques ? Les suspects poursuivis peuvent-ils reprendre leurs tentatives ? C'est une situation très difficile pour le gouvernement et ça se voit. Il y a beaucoup d'hésitations, de doutes et de difficultés pour être clair et net sur la situation.
    D'ailleurs, peu après la tentative de putsch, Bola Tinubu a complètement modifié son état-major dans l'armée. Est-ce que selon vous, il s'agissait d’une simple réorganisation, parce qu'il y a quand même 36 personnes poursuivies ? Ou alors vraiment d'une réforme en profondeur, sachant qu’on est à moins d'un an de la présidentielle ?
    Je pense que le président veut s'assurer le maximum de sécurité personnelle, il choisira qui va rester avec lui quoiqu'il arrive.
    Mais a-t-il tenu compte de la lutte contre les groupes armés, contre les bandits et contre les terroristes ?
    Tinubu pense avant tout à sa sécurité. La preuve est que la lutte contre le terrorisme et les bandits ne progresse pas. Ces bandits et ces terroristes font ce qu'ils veulent, ils attaquent l'armée, ils tuent même des officiers supérieurs de l'armée. Donc tous ces changements à la tête des armées n'ont pas abouti à une amélioration de la sécurité au Nigeria. Et dans ce cadre-là, il semble que l'objectif principal est la sécurité du chef de l'État lui-même.
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    Conflit au Moyen-Orient: «Il y a un impact sur la sécurité alimentaire» au Cameroun

    05.05.2026
    Quel est l'impact de la fermeture du détroit d'Ormuz sur les économies africaines ? Coup de projecteur ce matin sur le Cameroun, qui est un pays producteur de pétrole, mais qui est obligé d'importer le carburant qu'il consomme, car il n'a aucune capacité de raffinage. Hiram Samuel Iyodi est un jeune homme d'affaires de 39 ans, qui a travaillé plusieurs années dans le secteur pétrolier à Douala. Le 12 octobre dernier, avec son parti, le MP3, il était aussi candidat à la présidentielle, où il est arrivé officiellement huitième avec moins de 1% des voix. De passage à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.
    RFI : Quelles sont les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur un pays comme le vôtre, le Cameroun ?
    Hiram Samuel Iyodi : Le détroit d'Ormuz, c'est quand même 16 % des exportations du continent africain. Le Cameroun, en particulier, est un pays producteur de pétrole qui ne le raffine pas son pétrole, qui le commercialise sur les marchés internationaux. Depuis le démarrage de la guerre du côté de l'Iran, c'est un doublement des prix des produits pétroliers sur les marchés internationaux. L’Etat du Cameroun se retrouve donc de nouveau à devoir subventionner partiellement la mise à la consommation des produits pétroliers sur le marché. Il y a un impact qui ne va pas tarder à venir sur les coûts des transports et sur les coûts des produits alimentaires.
    Alors, depuis plus de deux ans, le Nigeria voisin dispose d'une méga raffinerie construite par le milliardaire Aliko Dangoté, près de Lagos. Vous qui avez travaillé plusieurs années dans le secteur pétrolier chez CAC International, qu'est-ce que vous conseillez ?
    Aujourd’hui, la réalité de la situation nous impose à peu près un appel de fonds de 1000 milliards de francs CFA pour pouvoir réparer la Sonara. Je pense que ça devrait être la priorité. C'est la raffinerie qui se trouve à Limbé.
    Et qui a pris feu…
    Et qui a pris feu en 2020. En plus, il y a la nécessité, avec le déploiement de la zone industrielle du port autonome de Kribi, de construire une deuxième raffinerie à Kribi. C'est vrai que le Nigeria a augmenté ses livraisons de produits pétroliers vers le Cameroun. On est pratiquement à 30 ou 40 % aujourd'hui. C'est notre premier fournisseur actuellement, notamment avec l'investissement de Dangoté. Mais pour une meilleure souveraineté énergétique, le Cameroun gagnerait à la fois à remettre en état la raffinerie de Limbé et à en construire une nouvelle au niveau de la zone industrielle du port de Kribi.
    Et que faut-il faire ?
    Globalement, il faut pouvoir mettre en place une stratégie industrielle qui nous permet de transformer nos matières premières localement. Nous continuons d'importer des denrées comme l'huile de palme, comme le sucre, alors que nous avons le territoire et les compétences pour les transformer localement.
    L'un des secteurs les plus touchés par la crise au Moyen-Orient, c'est aussi le transport aérien. La hausse du prix des billets d'avion, est-ce que c'est inéluctable ?
    C'est inéluctable. Si le kérosène flambe. Il y a un impact direct. Il y a le transport aérien, vous l'avez dit, il y a également le transport maritime. Donc, c'est un impact majeur sur un continent pour lequel le pouvoir d'achat est déjà relativement bas. On a déjà pratiquement une vingtaine de monnaies africaines qui ont été dépréciées depuis le début de l'année. Nous sommes fortement inquiétés par la situation.
    Alors vous parlez de ces monnaies nationales dont la valeur est dépréciée. Vous qui êtes hostile au franc CFA, est-ce que, momentanément, cette monnaie adossée à l'euro ne vous protège pas ?
    Si, elle assure, malheureusement ou heureusement, une certaine stabilité. Avant de pouvoir penser à une transformation ou un cheminement vers une monnaie autonome, africaine ou camerounaise, il faut un minimum de stabilité de l'économie. Et là, nous sommes donc obligés pour le moment de faire avec le franc CFA qui assure un minimum de stabilité pour nos économies.
    Vous êtes aussi un homme politique camerounais à la tête du Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple, le MP3. Vous avez brigué la magistrature suprême le 12 octobre dernier. Au final, vous êtes arrivé huitième avec moins de 1 % des voix officiellement. N’êtes-vous pas déçu par ce score ?
    Déçu par le résultat. Mais je pense que les citoyens ont estimé que le candidat Issa Tchiroma était celui qui incarnait le mieux la rupture face au régime, ou alors qui avait le plus grand espoir de chance de victoire. Et donc le débat politique en 2025 ne s'est pas vraiment joué sur la qualité des offres politiques, mais sur la capacité à renverser le régime RDPC.
    En fait, beaucoup de sympathisants de l'opposition ont voté massivement Tchiroma c’est ça ?
    Absolument. Même dans notre camp. Nous avons des militants qui nous appelaient le matin pour nous prévenir qu'ils allaient voter en faveur du candidat Tchiroma.
    Pour combattre la fraude électorale dans votre pays, vous proposez une application de suivi du dépouillement des bulletins en temps réel ?
    C'est ce que nous avons proposé, ce qui nécessitait d'avoir une couverture de l'ensemble des bureaux de vote, avec une remontée instantanée des résultats qui permettrait que le même jour, à 22 h-23 h, on sache quelle est la tendance réelle des votes.
    Il y a un mois, le Parlement camerounais a révisé la Constitution de votre pays. Paul Biya va être désormais épaulé par un vice-président. Qu'est-ce que vous en pensez ?
    Deux choses. La première, c'est que cette loi a été votée par un Parlement dont le mandat est échu théoriquement depuis l'année 2025, qui se retrouve donc en train de voter une nouvelle architecture constitutionnelle d'une part. Et d'autre part, le président Biya n'avait pas présenté cette disposition-là dans le projet qu'il avait défendu devant les Camerounais au moment de la campagne électorale. Donc pour nous, c'est une violation de la légitimité populaire.
    Alors pour l'instant, personne ne sait qui va être désigné par Paul Biya comme son vice-président, mais certains, dans l'opposition, redoutent un choix dynastique…
    C'est ce que nous entendons dire. Pour être très précis, il est évoqué le nom du fils actuel du président de la République, qui est un citoyen camerounais comme les autres, donc qui pourra aspirer à une fonction politique. Pour nous, le problème réside dans la qualité nominative de cette vice-présidence. On pourrait donc se retrouver avec un citoyen camerounais à la tête de l'Etat, qui n'a pas été désigné par les électeurs camerounais. Donc si fonction de vice-président il devrait y avoir, cela devrait passer par un vote au cours d'une élection, au cours peut-être de la prochaine élection présidentielle avec un ticket président vice-président qui serait présenté aux citoyens camerounais.
    Le leader d'opposition Maurice Kamto, qui vous avait reçu pendant la campagne électorale, parle même d'une régression, d'un naufrage constitutionnel et politique…
    Ce que le président Kamto dit est exact. Nous devons rester mobilisés pour rappeler que ce qui se passe est extrêmement grave pour la démocratie camerounaise.

Über Le grand invité Afrique

Du lundi au samedi, Christophe Boisbouvier reçoit un acteur de l'actualité africaine, chef d'État ou rebelle, footballeur ou avocate... Le grand invité Afrique, c'est parfois polémique, mais ce n'est jamais langue de bois.
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Generated: 5/9/2026 - 2:06:55 PM