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    Détruire sa propre maison: la double peine des Palestiniens expropriés par Israël

    18.05.2026
    Au Proche-Orient, les destructions de maisons de Palestiniens par l’armée israélienne s’accélèrent en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est. L’ONG israélienne B’Tselem répertorie au moins « 1 267 unités détruites » (appartements, maisons, centres sociaux…) en 2025. Dans ce contexte, nous nous sommes intéressés à un phénomène peu connu. Certains Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes leurs maisons sous peine de pénalités financières pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. C’est un ordre des autorités israéliennes. Détruire de ses propres mains son foyer n’est pas anodin. Un acte qui laisse dans son sillage d’importants traumatismes. Un phénomène à comprendre ainsi que ses répercussions.
    Dans son coquet salon branché en permanence sur Al Jazeera et son lot de mauvaises nouvelles, cet habitant du quartier de Silwan à Jérusalem-Est se sent acculé. « Ils m’ont donné 21 jours pour détruire ma maison. »
    Lui qui témoigne à condition de rester anonyme a reçu un ordre d’éviction de la municipalité de Jérusalem. Sa maison est considérée comme étant une construction illégale.
    Pioches à la main – avec ses fils, il a déjà démoli une bonne partie de l’étage supérieur. « Mes larmes coulaient en le faisant. Je ne sais pas quoi dire… Il y a des choses que l’on ressent à l’intérieur de soi et qu’on ne peut pas exprimer. Pendant plusieurs jours, je n’arrivais plus à manger. On va voir ce qui va se passer. On est sur les nerfs. Oui, on est vraiment sur les nerfs… », exprime-t-il.
    Il lui reste le rez-de-chaussée à détruire. C’est là que vivent encore cinq membres de la famille. Parmi eux, sa mère âgée de 97 ans – déjà déplacée trois fois depuis la création de l’État d’Israël – et son fils de 35 ans atteint d’autisme. « Je jure que je ne sais pas où on va aller », lâche-t-il.
    Détruire sa propre maison, une torture psychologique
    Au-delà de la perte matérielle, ces destructions de maisons laisseraient des séquelles psychiques importantes. Razzan Quran voit dans l’injonction à détruire sa propre maison une forme de torture psychologique. « Quand je suis sommée de détruire ma maison, c’est comme si je me détruisais moi-même. Cela est fait de mes propres mains, donc il est possible que je me pose à un moment avec la volonté d’entamer le deuil de ma maison, mais je risque aussi de m’en vouloir à moi pour cette situation. Je vais pouvoir penser que j’ai été lâche de m’être soumis aux ordres. Je vais me demander pourquoi j’ai détruit moi-même ma maison. Et c’est ce qui fait que le traumatisme va s’enraciner plus profondément en nous », explique la psychothérapeute et professeure de psychologie en Palestine.
    Et pourtant, ce phénomène risque de s’accélérer.
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    « Mais qui se soucie encore du droit international ? »
    À la mairie de Jérusalem, de très bon matin, je rencontre Arieh King, maire adjoint de la ville. C’est l’un des artisans de cette politique. Il exige plus de destructions. « C’est pareil partout dans le monde. Personne ne donnerait d’autorisation pour qu’on construise illégalement en plein milieu des Champs-Élysées. »
    La différence dans ce cas de figure est que Jérusalem-Est est considérée en droit international comme étant un territoire palestinien. « Le droit international ? Mais qui se soucie encore du droit international ? Vous vous souciez vraiment du droit international, vous ?, questionne-t-il. Vous savez quel est mon droit international, moi ? C’est la Bible. » 
    Aujourd’hui des ONG de défense des droits de l’homme – comme l’israélienne B’Tselem – parlent ouvertement de « nettoyage ethnique ».
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    À l'aéroport de Munich, un terminal dédié à l'expulsion de personnes migrantes doit être construit

    17.05.2026
    Aux antipodes du « Wir schaffen das » – « Nous y arriverons » – d'Angela Merkel en 2015, le chancelier allemand Friedrich Merz plaide pour un renvoi massif des personnes migrantes dans leurs pays d'origine. Il vise notamment le départ de 800 000 Syriens d'ici 2030. C'est ainsi que l'aéroport de Munich, le 2ᵉ plus grand du pays, devrait s'agrandir avec la construction, dès juin, d'un nouveau terminal réservé aux expulsions. Il sera conçu pour gérer jusqu'à 50 vols charters par jour et expulser 35 000 personnes chaque année. Des chiffres qui feraient de la Bavière, dirigée par la CSU du chancelier, le plus gros pôle d'expulsions du pays.
    Un reportage de notre correspondante à Munich à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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    En Alabama, une manifestation contre des redécoupages électoraux défavorables aux minorités

    17.05.2026
    Dans le sud des États-Unis, en Alabama, des milliers de manifestants ont dénoncé, samedi 16 mai, des redécoupages électoraux pouvant entraîner une régression du droit de vote des minorités, après une décision récente de la Cour suprême fragilisant une loi historique de 1965. Une mobilisation qui souligne les tensions persistantes autour des droits civiques aux États-Unis.
    De notre envoyé spécial à Montgomery,
    Des milliers de manifestants se sont réunis à Montgomery, en Alabama, samedi 16 mai 2026, pour réclamer la protection du droit de vote des minorités. Le rassemblement dans cette ville du sud des États-Unis était organisé pour dénoncer la récente décision de la Cour suprême. La majorité conservatrice de l’institution a annulé un passage clé du « Voting Rights Act », loi de 1965 adoptée pour garantir l’accès aux urnes et une meilleure représentation des minorités. Ce texte historique permettait notamment de mettre en place des circonscriptions avec une meilleure représentation de ces populations.
    Depuis cette décision, plusieurs États du Sud, comme le Tennessee, l’Alabama ou encore la Louisiane – tous dirigés par des Républicains –, se sont mis à retracer les cartes électorales, en particulier pour les élections au Congrès. L’objectif, selon les critiques, est de diminuer le nombre d’électeurs issus des minorités, qui votent majoritairement pour le Parti démocrate. Ces nouvelles circonscriptions pourraient ainsi basculer en faveur des Républicains. Des actions dénoncées par les manifestants comme une attaque directe envers leurs droits.
    Avant le rassemblement à Montgomery, berceau du mouvement des droits civiques, une marche et une prière ont eu lieu à Selma, une ville voisine qui est également un lieu historique dans la lutte pour le droit de vote des Afro-Américains. La journée a débuté dans une église, où plus d’une dizaine de pasteurs se sont succédé derrière le pupitre pour dénoncer la régression du droit de vote des minorités. L’élue démocrate au Congrès Terri Sewell a pris la parole pour alerter sur les conséquences de la récente décision de la Cour suprême. « Ce qu’on voit depuis cette décision de la Cour suprême, c’est une offensive coordonnée pour effacer des avancées obtenues de haute lutte et pour faire taire la voix des Noirs et des minorités », a-t-elle déclaré.
    Plusieurs centaines de personnes se sont ensuite mises en marche en direction du pont Edmund Pettus. C’est sur ce même pont qu’en 1965, des militants avaient réclamé l’accès aux urnes pour les Afro-Américains lors d’une marche violemment réprimée par les autorités. Les images de cette répression avaient choqué le pays et contribué à l’adoption de la loi sur le droit de vote. Parmi les manifestants, Candace Howard tenait une pancarte sur laquelle on pouvait lire : « J’enseigne l’histoire, mais je ne m’attendais pas à devoir la répéter. »
    « J’ai eu la chance de connaître tous mes arrière-grands-parents et mes grands-parents, et ils m’ont raconté à quel point c’était difficile, a-t-elle témoigné. Ils ne pouvaient pas voter, entrer dans certains restaurants, ils devaient boire à des fontaines réservées aux Noirs qui n’étaient pas propres. Ils ne pouvaient jouer qu’à certains endroits, ils ne pouvaient pas faire du vélo librement. Pour moi, ce moment est important : il montre que ce pour quoi ils se sont battus ne peut pas être effacé. »
    Un immense rassemblement était également organisé à Montgomery, ville emblématique où Martin Luther King a prêché et où le refus de Rosa Parks de céder sa place dans un bus avait lancé un boycott historique contre la ségrégation. Pour Ashley Edwards, la perte d’élus démocrates aurait des conséquences directes pour les habitants de ces régions, souvent marquées par de fortes inégalités. « On a des taux d’illettrisme très élevés, des taux de pauvreté très élevés, des gens qui ne mangent pas à leur faim, a-t-elle expliqué. Et moi, j’ai peur que toutes ces politiques publiques censées aider les gens disparaissent si l’État de l’Alabama devient complètement républicain. »
    Pendant plusieurs heures, des prises de parole se sont enchaînées, avec notamment la présence d’invités d’honneur comme l’élue de New York, Alexandria Ocasio-Cortez. « Ce n’est qu’à partir de l’adoption du Voting Rights Act qu’on a pu avoir une démocratie dans ce pays », a-t-elle souligné. En conclusion, les organisateurs ont appelé à une mobilisation massive lors des élections de mi-mandat en novembre prochain, espérant une « vague bleue » – une participation et une victoire démocrates suffisantes pour contrer les efforts des républicains visant à maintenir leur majorité au Congrès.
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    Roumanie: l'esclavage des Roms entre dans les manuels scolaires

    15.05.2026
    En Roumanie, des historiens planchent sur l'intégration de cours optionnels sur l'histoire des Roms, à destination des collégiens et lycéens. Le module doit notamment approfondir le sujet de l'esclavage de cette minorité, estimée entre 1,5 et 2 millions de personnes dans le pays, selon l'État roumain. Aboli il y a 170 ans, le travail forcé souffre d'un manque de visibilité dans les écoles roumaines. Mais le début de cet enseignement, prévu à la rentrée 2026, pourrait prendre du retard.
    De notre correspondant à Bucarest, Guilhem Bernes
    Assis à son bureau à Bucarest, le sociologue Adrian-Nicolae Furtuna ouvre un livre d'archives. À l'intérieur, les contrats de vente d'esclaves roms défilent : « Regardez ici. C'est le cas de Craciun, un enfant Rom, qui a été vendu à trois maîtres différents en seulement deux jours. Vous voyez ici, vous pouvez voir la signature et l'empreinte du doigt, en bas du texte rédigé en cyrillique. »
    Pendant près de cinq siècles, l'esclavage des Roms se pratique dans les principautés roumaines de Valachie et de Moldavie. Monastères, boyards, paysans, l'ensemble de la société recourt au travail forcé de cette minorité ethnique. Les esclaves sont alors considérés comme des biens meubles. Une absence de droit avec son lot de personnes battues, parfois jusqu'à la mort, de violences sexuelles et d'enfants séparés de leurs parents.
    Cette page de l'histoire est tombée dans l'oubli en Roumanie, depuis l'abolition du système, il y a 170 ans. « J'ai découvert l'histoire de l'esclavage des Roms quand j'avais 20 ans. J'étais étudiant. Quand j'ai démarré mes recherches, je ne courais pas après le sensationnel. Mais à force de documenter, j'ai fini par tomber sur des informations comme celle-ci, raconte Adrian-Nicolae Furtuna. Ces documents montrent clairement comment un paysan roumain pouvait acheter un enfant pour ensuite le revendre au monastère dont il dépendait. »
    « Ils ont besoin de comprendre (...) ce qu'il s'est passé »
    Delia Grigorie, activiste et maîtresse de conférences à l'université de Bucarest, travaille à la rédaction de nouveaux manuels scolaires. Depuis l'adoption d'une loi en juillet 2023, les collégiens et lycéens roumains peuvent choisir des cours dédiés à l'histoire des Roms. Le programme, d'une durée de quatre ans, toujours en cours d'élaboration, doit s'attarder sur leur esclavage :
    « Ils ont besoin de comprendre, dès le plus jeune âge, ce qu'il s'est passé : pourquoi les Roms ont été marginalisés et restent encore aujourd'hui fortement stigmatisés. Mais aussi, pourquoi ils s'excluent parfois eux-mêmes et gardent une très faible estime d'eux-mêmes. L'enseignement de cette histoire, qui n'est toujours pas enseignée à l'école, est essentiel. Si on la transmet, je suis sûr que le racisme reculera. »
    Mais le démarrage du nouveau cours prend du retard. Le groupe d'experts chargé de rédiger les manuels a remis sa proposition de curriculum à une commission du ministère de l'Éducation. Depuis huit mois, les chercheurs sont sans nouvelles. Delia Grigorie évoque un début des cours au plus tôt pour la rentrée 2027… quatre ans après le vote de la loi.
    À lire aussiLe difficile accès des enfants Roms à l'éducation
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    «Il y a des attaques chaque jour»: à Jérusalem, les actes anti-chrétiens se multiplient

    15.05.2026
    Début mai, une religieuse française a été agressée dans le quartier du Mont Sion à Jérusalem, tout près de la Vieille ville. L'homme, soupçonné d'être un extrémiste juif, l'a poussée violemment à terre avant de lui donner des coups de pied. L'agresseur a été arrêté. Notre correspondante est retournée dans ce quartier de Jérusalem où les chrétiens font face à une hostilité.
    « Si vous regardez les statistiques, vous verrez que nous avons certains points chauds pour la violence antichrétienne. Le premier, c'est ici le mont Sion », explique le Frère Nikodemus. C'est là que se trouve l'abbaye de la Dormition de Jérusalem, et un peu plus loin, le Cénacle. Pour les chrétiens, c'est là que le Christ aurait pris son dernier repas, juste après le tombeau de David, lieu sacré pour les juifs. Sur ce chemin, le frère Nikodemus a été harcelé plusieurs fois.
    « Il y a 23 ans, lorsque je suis entré dans la vie monastique, il y avait des crachats et des attaques. Cela se produisait déjà, disons tous les trois mois, dans l'obscurité, personne autour, pas de témoins oculaires... Enfin, vous voyez. Maintenant, ça arrive en plein jour. Ceux qui font ça, je les appelle les ''hooligans de la religion''. Leur idéologie, c'est : Israël pour les Juifs, les non-Juifs dehors », explique-t-il.
    Kippa noire et barbe blanche, Raïm s'approche et le ton monte. « Tu es un invité ici, pas une victime, tu es un invité », dit-il au frère Nikodemus. « Il y a les graffitis, il y a des attaques chaque jour. Il faut croire les gens qui en sont victimes », répond ce dernier. Mais Raïm poursuit : « Parfois, les gens crachent par terre à côté. Il faut faire attention. Comment comparer le fait de se faire cracher dessus et le fait de se faire poignarder ? » La femme de Raïm, Haya, dénonce elle l'antisémitisme à travers le monde : « Les chrétiens ne se font pas cracher dessus tous les jours. C'est un gros mensonge, un mensonge. C'est votre dernière croisade. »
    Après une heure d'invectives, arrive un relatif retour au calme. Un peu plus loin, dans la Vieille ville de Jérusalem, se trouve le Centre pour la liberté religieuse. Yisca Harani le dirige et a recensé, en 2025, 181 incidents contre les chrétiens : « Ce sont des incidents, pas des persécutions. C'est taguer les églises, vandaliser les croix ou balancer les ordures sur les gens... Je ne veux pas arriver au moment où on dira : ''ce sont des persécutions''. Je suis dévastée. À cause de ces gens, je suis accusée dans le monde entier d'être une extrémiste israélienne juive suprémaciste. Oui, je suis dévastée, et donc, j'essaie de faire le job. »
    Israël se présente volontiers comme le pays le plus sûr au monde pour les chrétiens du Moyen-Orient. L'agresseur de la religieuse française a été arrêté. Il est soupçonné d'« agression motivée par un mobile nationaliste ».
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