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Reportage international

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    Suède: la baisse de l'immigration et de la natalité entraîne la fermeture des écoles

    30.10.2026
    La Suède fait face à une baisse historique de sa natalité. Son indicateur de fécondité a atteint son plus bas niveau historique, à 1,43 enfant par femme. Mais le royaume connaît un autre bouleversement démographique majeur, avec un net ralentissement de l'immigration. Et les conséquences sont déjà bien visibles. À Malmö, dans le sud du pays, la baisse du nombre d'enfants pousse la ville à fermer des établissements scolaires. 
    Plus aucun enfant ne joue dans la cour de récréation de l'école primaire Rosenholm, dans un quartier de Malmö. À l'intérieur de l'établissement, c'est le chantier. Les marteaux-piqueurs tournent à plein régime, des gravats jonchent le sol et des pots de peinture sont posés un peu partout. La rentrée des classes n'a pas sonné ici cette année. Faute d'élèves, Sara Wettergren, adjointe au maire de Malmö chargée de l'éducation, a dû fermer définitivement le portail dans cette ville connue pour avoir accueilli un grand nombre d'immigrés ces dernières décennies.
    « Pendant les années de crise des réfugiés, nous avons accueilli près d'un millier de nouveaux élèves chaque année. Nous avons donc beaucoup construit, notamment des bâtiments provisoires. Et aujourd'hui, nous sommes en train de les démanteler. On a vraiment réduit les capacités de manière drastique. La baisse de l'immigration en Suède est évidemment l'une des raisons. On est passé d'un extrême à l'autre. À l'époque, on avait presque du mal à accueillir tous ces élèves et on construisait dans l'urgence, à tour de bras. Et maintenant, en quelques années seulement, on commence à réduire ces infrastructures à un rythme super rapide », explique l'adjointe au maire.
    Les expulsions de migrants vers des pays tiers se sont en effet multipliées ces dernières années en Suède, tandis que les conditions pour rester sur le territoire se sont grandement durcies. Et puis, les Suédois, issus de l'immigration, ou non, font moins ou plus d'enfants. Près de 4 000 élèves pourraient donc manquer à l'appel dans les dix prochaines années à Malmö. 

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    « Si on considère qu'une école peut accueillir 500 à 600 élèves, cela représente sept ou huit écoles. Certains partis estiment que cela permettra simplement d'avoir moins d'élèves par classe. Mais ce n'est pas vraiment comme ça que ça fonctionne, parce que les établissements sont financés en fonction du nombre d'élèves. Le problème, c'est que si vous avez une école conçue pour 500 à 600 élèves et que vous n'en avez plus que 300, vous n'aurez pas les moyens d'employer suffisamment d'enseignants qualifiés. Et la qualité de l'enseignement risque alors de se dégrader fortement. Et oui, il est prévu qu'on ferme encore des écoles, et je pense que ça va surement susciter des protestations », souligne-t-elle.
    Ces élèves de primaire – près de 100 – ont donc dû déménager leurs cartables dans un collège à proximité. Au premier étage, on trouve Ulrika Eriksson, la directrice du collège Augustenborg, qui a désormais la responsabilité de 700 élèves. Les nouveaux jeunes arrivants sont venus avec leurs enseignants. Donc la transition, dans ce cas précis, a été assez douce, assure la principale : « Nous avons dû faire quelques aménagements dans les locaux, mais nous avons réussi à les accueillir et ça s'est bien passé. Ils ont pu emporter avec eux l'essentiel de ce qu'ils voulaient garder : la balançoire ! Elle les accompagnera dans leur nouvelle vie. Mais c'est vrai qu'on est dans une nouvelle réalité et des décisions au niveau politique vont devoir être prises. »
    À l'échelle nationale, cette baisse du nombre d'enfants correspond à la fermeture d'environ 800 crèches et 700 écoles primaires, selon l'association suédoise des municipalités et régions. Et d'ici 2035, la Suède pourrait compter 182 000 enfants de moins en âge d'être scolarisés.
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    Irlande: pour Halloween, Kilkenny fait revivre la légende de Petronella de Meath, brulée pour sorcellerie

    30.10.2026
    À Halloween, les fantômes et les sorcières viennent hanter les rues. Mais en Irlande, certaines n'ont rien d'une légende.
    Dans la ville de Kilkenny, au sud-est du pays, le destin tragique de Petronella de Meath continue de fasciner, 700 ans après sa mort. En 1324, cette servante fut la première femme brûlée en Irlande pour sorcellerie. Et aujourd'hui, la ville fait revivre cette sombre page de son histoire. 
    De notre correspondante en Irlande,
    « Un chat noir de Kilkenny ! Ici, ça porte bonheur ! », rigole John Poyntz, guide locale. Petronella de Meath, elle, n'aura pas eu cette chance, rappelle-t-il. Son destin est étroitement lié à celui d'Alice Kyteler, sa maîtresse. Héritière d'une fortune considérable, Alice se marie à quatre reprises. Mais tous ses maris meurent prématurément, de quoi éveiller les soupçons. 
    « L'évêque local, appelé Richard de Ledrede, vouait à Alice Kyteler une véritable aversion. Probablement parce qu'elle ne fréquentait pas l'église aussi souvent qu'il l'aurait voulu et que, lorsqu'elle s'y rendait, elle préférait la petite église Sainte-Marie à sa cathédrale. En somme, la femme la plus riche de la ville ne lui faisait pas de dons chaque semaine ! Or, à l'époque, l'Église était une institution toute-puissante, et s'attirer ses foudres pouvait avoir de très lourdes conséquences », souligne John Poyntz. 
    Jusqu'à être accusée de sorcellerie. Mais avant son procès, Alice parvient à s'enfuir en Angleterre. Sa servante, Petronella, est arrêtée à sa place, comme complice. « Petronella a refusé de fuir avec Alice, convaincue que les accusations portées contre elle étaient entièrement fabriquées. Et à l'époque, personne n'avait encore été brûlé vif pour sorcellerie : c'était considéré comme un délit mineur ​​​​​​​! L'évêque a fait fouetter et torturer Petronella, jusqu'à ce qu'elle finisse par avouer, sous la contrainte, que des pratiques occultes avaient bien eu lieu dans la maison », raconte le guide local. 
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    En 1324, Petronella est condamnée au bûcher. Elle devient ainsi la première femme brûlée pour sorcellerie en Irlande, plusieurs siècles avant les célèbres chasses aux sorcières. Aujourd'hui, son histoire est au cœur du festival Toil & Trouble. Maria Schweppe en est la programmatrice. « ​​​​​​​Aujourd'hui, quand on évoque la sorcière, on imagine une vieille femme, repoussante, au nez crochu : c'est l'image façonnée par Disney ! Mais derrière ces clichés, il y a des femmes bien réelles, qui ont été persécutées », explique-t-elle.
    Anne Marie Hallinan, elle, est responsable de la cathédrale Saint-Canice, où officiait l'évêque Richard de Ledrede. Et pour elle, les mécanismes de mise au ban des femmes n'ont pas tant changé : « ​​​​​​​Lorsqu'une femme dérangeait, ou que ses actes étaient incompris, elle devenait facilement une cible. On l'accusait de sorcellerie, on lui collait toutes sortes d'étiquettes. C'est une page de notre histoire. Mais aujourd'hui, cette histoire fait vivre Kilkenny, et c'est formidable ! »
    Et avec ses ruelles pavées et ses remparts, Kilkenny offre un décor tout trouvé au festival Toil & Trouble, entre parade, concerts, et spectacles.
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    Midterms 2026: l'opposition contre les centres de données s'invite dans la campagne électorale au Texas

    29.10.2026
    En plein boom du développement de l'intelligence artificielle (IA), les États-Unis veulent faire la course contre la Chine, mais le pays a déjà une très grande longueur d'avance. Il compte à lui seul près de la moitié des centres de données (data centers) qui existent dans le monde. Il s'agit d'usines de serveurs informatiques qui stockent des données. Les plus grands, hyperscale, servent aussi à entraîner l'IA. Ils fleurissent un peu partout, au Texas particulièrement où il existe des centaines de projets en cours, portés par les géants du numérique comme Amazon, Microsoft ou Meta. Le gouverneur Greg Abbott a longtemps courtisé leur installation à coups d'avantages fiscaux. Le Texas devait devenir l'épicentre du développement de l'IA. Mais en pleine campagne, un virage a été pris à l’été 2026 après la montée de nombreuses résistances citoyennes au-delà des clivages politiques. L'opposition contre les centres de données, leurs conséquences sur 'environnement et la vie des habitants se répand dans les villes comme dans les campagnes, tant du côté des démocrates que des conservateurs républicains.
    À Nixon, à une heure de San Antonio au Texas, Doug Havemann montre un vaste champ. Un centre de données de l'entreprise Meta va bientôt s'y installer. « Regardez, ils construisent déjà les plateformes au fond. Personne ne savait. Personne n'a pu protester ou se plaindre », dit-il. 
    C'est un nouveau voisin gênant pour Rene Mejia. Son ranch familial est désormais encerclé de centres de données (data centers). « Ils m'ont fait une offre à trois reprises au moins, mais je n'en voulais pas. Ces centres prennent des terres qui pourraient servir à la faune sauvage, au bétail. Franchement, ça n'en vaut pas la peine. Et toutes ces rumeurs sur l'eau qu'ils consomment, ça me fait peur car on vit grâce à un puits ici. Quand il sera sec, qu'est-ce qu'on va faire ? », interroge-t-il. 
    Ses voisins, eux, ont décidé de vendre ou louer leurs terrains pour 30 ans, pour des sommes d'argent qui représentent plus qu'une vie entière dans l'élevage. Neuf projets sont annoncés dans ce comté rural et conservateur. Doug Havemann, lui aussi éleveur, subit déjà la sécheresse.
« L'herbe devrait être beaucoup plus haute », regrette-t-il. Selon lui, la région fonce vers la catastrophe, car les centres de données consomment beaucoup d'eau : « Au Texas, il y a la ''règle de la capture'' : je peux planter autant de pailles que je veux dans l'aquifère et pomper autant d'eau que je veux. ».
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    Un sujet de campagne électorale
    Avec l'eau et l'électricité bon marché, les centres de données affluent au Texas. Dans la petite ville conservatrice de Lytle, on en compte déjà deux. Un nouveau projet réclame un abattement fiscal au conseil de la ville. Cette fois-ci, les habitants demandent à leurs élus de s'opposer à l'installation. « Ils ne fabriquent même pas d'information, ils la collectent simplement. Et la vendent. C'est comme cela qu'ils font de l'argent. Ce ne sont pas de bons voisins, ce sont des occupants ! , s'insurge Joe, un habitant. 
    Les centres de données se sont invités dans la campagne électorale des midterms aux États-Unis. À Nixon, Mark Hurd est le candidat démocrate au poste de commissaire du comté. La fonction concerne surtout l'entretien des routes et les permis de construire. Et face aux géants du web, ses compétences sont limitées :
    « Je ne peux pas dire que je vais arrêter les centres de données. Je ne peux pas empêcher des gens d'acheter des terres et de les aménager comme ils l'entendent, surtout quand c'est à l'État de changer les règles. Ce que je peux faire, c'est être transparent : organiser des réunions publiques, me battre à mon niveau pour eux au conseil du comté et porter leur voix jusqu'à l'État. »
    Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, républicain et candidat à sa réélection dans ces midterms 2026, a décrété une « pause » au Texas concernant les centres de données. « Cette élection va déterminer quelle est la force des compromis que les démocrates et les républicains pourront faire sur la gestion des data centers et le développement technologique », conclut Mark Hurd.
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    Arménie: préserver la biodiversité du lac Sevan grâce aux barrages

    28.10.2026
    Les États du monde entier se réunissent en Arménie pour une COP17 dédiée à la biodiversité. Objectif : mieux protéger la nature dont nous dépendons et qui nous rend tant de services. Dans le pays hôte, l'Arménie, c'est le sort du lac Sevan qui inquiète. La plus grande réserve d'eau douce du Caucase est en danger alors qu'elle est essentielle pour l'économie et pour des centaines d'espèces d'oiseaux et de poissons, dont certaines sont menacées de disparition. L'État arménien veut restaurer le lac en construisant notamment des réservoirs d'eau en remplacement.
    Au-dessus de la plaine de l'Arrarat, en Arménie, le barrage de Vedi vient d'être terminé. Dès qu'il sera plein après la fonte des neiges, il pourra fournir de l'eau à quelque 5 000 agriculteurs en aval pendant la saison sèche. Sergey Sereda, du Fonds de développement territorial arménien (ATDF), explique : « Pour irriguer avant dans la région, il fallait 11 pompes pour aller chercher l'eau du lac Sevan. Le barrage, c'est une réserve de 29 millions de mètres cubes d'eau qu'on ne prendra plus dans le lac, et le tout avec seulement deux pompes. »
    De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, car chaque année, 170 millions de mètres cubes d'eau y sont prélevés rien que pour l'agriculture, soit l'équivalent de 68 000 piscines olympiques. Et ce alors qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont augmenter et les besoins en eau aussi.
    Et tout cela sans compter l'impact de la production d'hydroélectricité, la surpêche, le tourisme, et la forte pollution, poursuit Zaven Melikjanyan, chargé du projet à l'Agence française de développement qui a aidé à financer le barrage : « Pendant l'époque soviétique, le niveau de l'eau s'est baissé approximativement à 20 mètres. Aussi, la qualité de l'eau est totalement détruite et c'est une catastrophe pour la biodiversité. Cela concerne majoritairement les poissons endémiques qui se trouvent à Sevan. Et donc, avec ce projet de Vedi, avec d'autres projets de réservoirs, on peut bien sauvegarder l'état de Sevan. » De quoi alléger un peu la pression sur le lac Sevan, pollué et pompé à l'excès depuis presque un siècle.
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    En tout, dix barrages doivent être construits dans le pays. C'est le plus grand projet d'infrastructure depuis l'époque soviétique. Objectifs à terme : réaugmenter le niveau du lac Sevan et restaurer sa biodiversité sans sacrifier l'agriculture et ses 8% de PIB. Dans la plaine, il s'agit aussi d'adapter les pratiques agricoles pour éviter le gaspillage de l'eau.
    « Vous voyez ces arbres ? Ce sont des abricotiers. J'en ferai des abricots secs. Et entre ces plants, je vais planter une vingtaine de pêchers », raconte Ashot Shargoyan, 70 ans. Il fait partie des quelques paysans qui ont reçu une aide pour l'installation d'un système d'irrigation moderne. Au pied de chacun de ses arbres, un tuyau délivre lentement de l'eau au goutte-à-goutte. « Je suis ravi d'avoir ce système d'irrigation goutte à goutte chez moi, que j'utilise pour cultiver des légumes et des arbres fruitiers. On utilise très peu d'eau, ça fait des économies ! Et la qualité du produit est vraiment excellente. Goûtez mes tomates, elles sont aussi douces que des fruits ! », ajoute-t-il.
    Économiser l'eau est d'autant plus important qu'avec le changement climatique, les sécheresses vont se multiplier et s'intensifier.
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    Royaume-Uni: 1,5 million d'écoliers contraints d'étudier dans des écoles délabrées

    27.10.2026
    Au Royaume-Uni, le bâti scolaire a beau avoir bénéficié d'une campagne de remise à neuf sous Tony Blair, Premier ministre de 1997 à 2007, beaucoup d'établissements sont en mauvais état et ont bien du mal à obtenir les fonds pour des travaux. Selon une enquête réalisée par le journal The Guardian, 1,5 million d'écoliers étudient dans des écoles délabrées.
    Un reportage à retrouver dans son intégralité sur le site de RFI dans le podcast Accents d'Europe.
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