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    La Suisse relance la rénovation de ses abris antiatomiques

    02.03.2026
    En Suisse, la loi oblige chaque habitant à avoir une place dans un abri antiatomique. Certains de ces bunkers, construits pendant la guerre froide, vieillissent. Échaudé par la guerre en Ukraine et le contexte géopolitique explosif, le gouvernement suisse veut les rénover. 
    De notre correspondant à Genève,
    Un bunker, c'est un peu comme une maison : ça s'entretient. Christian Sinigaglia est à la tête d'une PME spécialisée dans la construction et la rénovation d'abris antiatomiques. Le bunker que nous visitons près de l'aéroport est totalement à refaire car le béton, même lorsqu'il est armé, peut s'user avec le temps. Cela sans compter les nombreuses interventions des Suisses, qui ont tendance à s'approprier leurs abris comme une pièce supplémentaire de leur habitation. 
    « Ce qui se fait beaucoup aussi, c'est ce qu'on appelle des ''carnotzet'', précise Christian Sinigaglia. Vous avez un petit bar, et puis, les gens viennent boire l'apéritif, jouer aux cartes… Il faut amener de l'eau, de l'électricité, des choses qui ne sont pas prévues initialement, donc les gens font un peu tout et n'importe quoi ! Ils percent à travers les murs, mais on n'a pas le droit de toucher à l'enveloppe de l'abri. C'est ça qui pose un gros problème. »
    Et pourtant, la loi suisse oblige les propriétaires d'abri à les entretenir pour qu'ils soient utilisables. Hier, c'était en cas de conflit nucléaire entre l'Union soviétique et les États-Unis. Le risque n'est toujours pas totalement écarté. On le voit avec la guerre en Ukraine, même si on ne construit pas forcément des abris aujourd'hui comme on le faisait au temps de la guerre froide.
    « Les Américains ont développé des bombes qui exposent non plus à l'impact, mais qui peuvent pénétrer jusqu'à certaines profondeurs et ensuite exploser, détaille le spécialiste. Donc, c'est vraiment de travailler sur une cellule qui, elle, résiste à toute déflagration, toute onde de choc. »
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    370 000 abris antiatomiques en Suisse 
    Il s'agit donc moins de construire des abris antiatomiques, avec tout le nécessaire pour survivre pendant de longs mois, que des abris antibombes, voire anticatastrophes tout court. Ces dernières années, les bunkers ont servi par exemple à protéger la population lors d'accidents industriels et chimiques.
    Le cabinet d'architectes de Tanguy Caversaccio se trouve à Lausanne. Ce jeune professeur à l'École polytechnique fédérale de Zurich a beaucoup travaillé sur le sujet des abris antiatomiques. Il leur a même consacré une exposition : « La guerre en Ukraine déclenche des intérêts beaucoup plus importants chez le Suisse de savoir s'il est en sécurité ou pas, et qu'il puisse aller se cacher sous terre. Cette espèce de thermomètre de l'anxiété du Suisse grandit ou diminue selon le contexte géopolitique. »
    Entre les abris publics et les abris privés, on estime que les neuf millions de Suisses ont tous une place garantie dans ces infrastructures. Le gouvernement a fait passer de 800 à 1 400 francs suisses [1 530 euros environ] le montant de la taxe dont il faut s'acquitter si on ne veut pas construire un abri avec sa maison. La somme alimente un fonds national destiné aux bunkers. Il approche aujourd'hui le milliard d'euros, mais on sait qu'il ne suffira pas pour rénover les 370 000 abris antiatomiques répartis dans le sous-sol de la Suisse. 
    ► Un reportage à retrouver en version longue sur Accents d'Europe
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    Corée du Sud: des concours d'éloquence pour les réfugiés nord-coréens

    01.03.2026
    En Corée du Sud, un concours d'éloquence en anglais est dédié aux réfugiés nord-coréens. L'association Freedom Speakers International permet aux réfugiés du régime d'apprendre l'anglais et de parler devant un public, dans le but de partager leur histoire au monde entier. Une langue à laquelle ils ont été très peu exposés en Corée du Nord et avec laquelle ils tentent de se familiariser.
    De notre correspondant à Séoul,
    Prendre le micro et parler devant un public, c'est un exercice qui n'est pas donné à tout le monde, d'autant plus dans une langue que l'on apprend encore. Mais c'est le défi qu'a tenté de relever Ahn Sumin. Arrivée en Corée du Sud en 2011, la jeune femme de 32 ans est aujourd'hui devenue artiste-peintre. Elle raconte ce qui l'a motivée à participer à ce concours :
    « Quand j'étais à l'université, je voulais apprendre l'anglais. Puis, on m'a recommandé de m'entraîner à faire des discours. Au début, je n'aimais pas ça. Puis, j'ai compris que je voulais partager mon histoire en anglais, car c'est la langue internationale. Alors, cela m'a motivé à partager mon histoire. C'est quelque chose d'important et puissant pour moi. »
    Casey Lartigue est le co-fondateur de Freedom Speaker International et accompagne Ahn Sumin dans l'apprentissage de l'anglais. Il nous explique en quoi consiste son association : « On a réalisé que des Nord-Coréens avaient besoin d'aide avec l'anglais, donc on a commencé un projet de mentorat en anglais en mars 2013. Et on a eu beaucoup de réfugiés nord-coréens qui sont venus nous voir en disant qu'ils voulaient vraiment apprendre l'anglais. En février 2015, on a organisé notre premier concours d'éloquence en anglais, et on en fait deux par an depuis. L'objectif, c'est qu'ils puissent nous rejoindre sans pression et qu'ils puissent améliorer leurs compétences à l'oral. »
    Un défi qui transforme
    Sept semaines d'écriture et d'entraînement pour présenter son discours devant un jury : pour Casey Lartigue, la maîtrise de l'anglais d'Ahn Sumin a complètement transformé la jeune artiste. « Elle nous a rejoints en 2018 et elle avait un niveau très faible à ce moment-là. Mais elle a décidé qu'elle voulait apprendre de façon intensive et elle est partie au Royaume-Uni. Maintenant, mon dieu, c'est une personne différente. Avant, elle était timide, réservée, discrète ; aujourd'hui, elle est plus forte, active, elle dit qu'elle veut devenir une artiste célèbre. Cette expérience l'a vraiment changé », assure-t-elle.
    Un regain de confiance en elle qui a permis à Ahn Sumin d'atteindre la troisième place du concours. Et elle est bien décidée à poursuivre son apprentissage pour partager son histoire.
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    Des moutons à l'ombre des panneaux solaires: en Australie, l'agrivoltaïsme a le vent en poupe

    27.02.2026
    Avez-vous déjà entendu parler de l'agrivoltaïsme ? Cette pratique consiste à combiner, sur le même terrain, la production d'énergies renouvelables et de produits agricoles. En Australie, on compte ainsi de plus en plus d'élevages de moutons paissant sous des panneaux solaires. Et le plus étonnant, c'est que dans ces conditions, la production de laine ou de viande est plus importante et de meilleure qualité que sur une prairie vierge. Reportage à Dubbo, à environ 400 kilomètres à l'ouest de Sydney.
    De notre correspondant à Sidney,
    De loin, cela ressemble à n'importe quelle centrale photovoltaïque. Sur une cinquantaine d'hectares, plus de 30 000 panneaux solaires suivent du matin au soir la course du soleil. Mais en y regardant de plus près, une centaine de moutons broutent et se reposent à l'ombre de ces panneaux. Pour leur éleveur, Tom Warren, le mariage de ces deux activités, c'est d'abord une nouvelle source de revenus : les loyers versés par l'entreprise qui exploite la centrale solaire, qui ne dépend ni de la météo ni des prix du marché.
    Mais très vite, il y a vu d'autres bénéfices : « Quand il pleut, l'eau tombe sur les panneaux solaires puis coule depuis leurs extrémités, ce qui crée de longues bandes de très bonne herbe verte grâce à la concentration de l'eau le long de chacune des rangées de panneaux solaires. »
    Qui plus est, l'ombre apportée permet à cette herbe de rester verte plus longtemps et à la terre de conserver un certain niveau d'humidité, même en plein été. Résultat : pour Tom Warren, les affaires n'ont jamais été aussi bonnes. « La laine est plus propre et de meilleure qualité. Et dans l'ensemble, notre chiffre d'affaires issu des moutons qui paissent sur la ferme solaire a augmenté de 15% », apprécie-t-il.
    L'agrivoltaïsme, une pratique en plein essor
    Une association gagnante également pour l'entreprise française qui exploite la centrale solaire, Neoen, car les moutons, en broutant, réduisent considérablement ses frais d'entretien. À tel point d'ailleurs que des élevages de moutons sont désormais présents sur toutes les centrales solaires qu'exploite Neoen en Australie, tout comme la plupart de leurs concurrents. C'est ce qu'affirme Emily Walker, directrice de Neoen pour la Nouvelle-Galles du Sud : « Tout le secteur bouge très vite sur ce sujet, car nous vivons dans un monde où il n'est plus possible de découpler la terre de son usage agricole historique et de la production d'énergie solaire. »
    D'ailleurs, l'agrivoltaïsme en Australie ne se limite plus à l'élevage. Des panneaux solaires ont ainsi été déployés sur des vignes dans différentes parties du pays, pour l'instant à titre expérimental. Mais les agriculteurs ont beaucoup à y gagner. Selon un rapport du Clean Energy Council, entre les loyers perçus et les gains de productivité, ces derniers pourraient générer, grâce aux énergies renouvelables, 600 millions d'euros de revenus supplémentaires d'ici à 2030, et plus de 6 milliards à l'horizon 2050.
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    Écosse: le whisky perd du terrain face à la baisse de consommation et aux taxes américaines

    27.02.2026
    Alors que 2025 a été une mauvaise année pour le whisky, 2026 pourrait s'annoncer semblable, voire pire. Depuis trois ans, la boisson écossaise perd chaque année une part de son chiffre d'affaires. En cause : la diminution de la consommation d’alcool dans le monde, et en particulier celle des jeunes générations, mais il y a aussi les taxes douanières états-uniennes, premier pays d’exportation du whisky écossais. De 10 % en 2025, elles sont passées à 15 % la semaine dernière. Ces atermoiements économiques de Donald Trump mettent à mal une industrie vitale pour l’Écosse et lucrative pour Londres.
    Dans un des entrepôts de la distillerie Fettercairn, dans les Highlands, des milliers de barils vieillissent 16, 22, voire 46 ans avant d'être mis en bouteille. Ce whisky, qui vient de fêter son 200e anniversaire est parti à l’assaut des États-Unis l’an dernier avec ses productions les plus rares, et ce malgré les taxes douanières imposées par Donald Trump « On s’est lancé aux États-Unis avec des whisky de plus de 24 ans. Donc nos bouteilles de 24, 28, 40, 46 ans. Et honnêtement ça a vraiment bien marché et nos whiskies ont reçu de bonnes critiques », dit Stewart Walker, responsable de la distillerie.
    Avec des prix allant de 675 livres, qui peuvent rapidement monter à 3 450, 9 000, et 20 000 livres, la marque a ciblé les États les plus riches avec des clients qui pouvaient se permettre 10 % de plus sur ces prix déjà élevés : New York, la Californie, et la Floride. Cette année, Fettercairn tente le reste du catalogue, dont le premier prix est à 60 dollars.
    Mais d’autres exportateurs de whisky ont beaucoup plus de difficultés. Le géant Diageo - qui possède les marques Johnny Walker ou Talisker - a réduit sa production à cause du recul de la demande. Au sein du groupe Suntory, deux distilleries (Laphroaig et Bowmore) ont même ouvert des plans de départ volontaire. En cause : une baisse de la consommation d’alcool dans le monde et la baisse significative des ventes de whisky écossais aux États-Unis.
    « Nous avons évidemment subi l’imposition des nouvelles taxes de 10 % en avril dernier, explique Emily Weaver Roads qui fait partie de l’association écossaise du whisky. Depuis cette date, nos exportations de whisky ont chuté de 15 % en volume. Les grandes distilleries ont des investissements et des connexions importantes aux États-Unis, mais nos petits producteurs ont aussi des employés et des investissements aux États-Unis. Alors, ces taxes ont un impact en particulier sur les plus petits producteurs pour qui les États-Unis sont vraiment un marché essentiel », explique-t-elle.
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    « Parler de crise dans l’industrie du whisky est un peu fort »
    Reste que, selon Carolyn Watt, qui travaille pour le groupe Whyte and Mackay, derrière la distillerie de Fettercairn, la crise n’est peut-être que conjoncturelle : « Parler de crise dans l’industrie du whisky est un peu fort. Je pense que cela a ralenti, mais avec le Covid-19, les ventes étaient au plus haut, et peut-être que des gens pensaient que cela allait toujours durer, et du coup ils ressentent une crise. Mais je pense que l’on retourne à un niveau plus stable. Vous savez, c’est une industrie du long terme. Même si on a des fluctuations, il faut toujours penser sur 20 ans. »
    Mais pour les distilleries qui n’exportent pas outre-Atlantique, là aussi les temps sont durs. La distillerie de Angus, à Dundee, a annoncé une perte de 25 % de son chiffre d’affaires, par exemple. Les ventes ont beau augmenter, mais les taxes britanniques ont, elles, triplé. Ces taxes représentent aujourd’hui 70 % du prix d’une bouteille de whisky.
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    Argentine: la protection des glaciers menacée par les réformes de Javier Milei

    26.02.2026
    Jeudi 26 février à Buenos Aires, une dizaine de militants de Greenpeace ont été interpellés après s'être brièvement introduits dans le Parlement argentin pour protester contre un projet de loi qui vise à réduire la protection des glaciers du pays. Déjà menacés par le changement climatique, les glaciers argentins sont dans le collimateur de Javier Milei. Climatosceptique notoire, le président ultralibéral veut passer la loi de protection des glaciers à la tronçonneuse pour ouvrir la voie à l'industrie minière. Jeudi, les sénateurs argentins devaient examiner un projet de flexibilisation de la loi. Dans la province de San Juan, la population locale se mobilise pour préserver l'eau face aux appétits miniers. 
    De notre correspondant de retour de San Juan,
    Nous sommes au cœur de la cordillère des Andes, à plus de 4 000 mètres d'altitude. Le vent souffle fort, mais l'oxygène commence à se faire rare. Autour de nous, des montagnes aux tons ocre, brun, presque pourpre. Et, au fond, une grande tache blanche : le glacier de San Lorenzo, au sud de l'Argentine.
    Silvio Pastore est glaciologue à l'université de San Juan : « Aujourd'hui, il est dans un processus continu de dégradation, et nous allons le voir disparaître presque entièrement. » Des roches aux reflets ambrés attirent son attention. Leur couleur, leurs textures, leur poids : tout indique que la zone est riche en minerais, assure-t-il, et pas n'importe lesquels. Cuivre, or, argent…
    À écouter aussiLes glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge
    Pour Silvio Pastore, la présence de ces minerais pose un dilemme. Depuis 2010, les 17 000 glaciers argentins sont protégés par la loi, tout comme les sols congelés des zones périglaciaires. Or, ces dernières sont souvent riches en cuivre, un métal crucial pour la transition énergétique, et donc pour la lutte contre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers :
    « Je suis actuellement dans une zone périglaciaire, la loi interdit l'activité minière ici. Mais je peux voir à l'œil nu et démontrer scientifiquement qu'une grande partie de ces montagnes ne contiennent ni eau ni glace. Donc logiquement, il y a des zones qui peuvent être libérées. »
    Silvio Pastore est membre d'un think tank proche du lobby de l'industrie minière, qui assure que 17 milliards de dollars d'investissements dépendent de la flexibilisation de la loi voulue par Javier Milei.
    En aval, des habitants inquiets et méfiants
    À une cinquantaine de kilomètres en aval du glacier de San Lorenzo, les habitants de la petite ville de Jachal se sont organisés en assemblée citoyenne pour défendre leur rivière. Après 20 ans de cohabitation avec la mine d'or Veladero, Carolina Caliva ne croit plus aux promesses de l'industrie minière :
    « Ils sont arrivés avec leur petit refrain sur le plein emploi et le développement durable. La réalité, c'est que notre ville est aussi pauvre qu'avant, si ce n'est plus. »
    Carolina fait référence aux scandales de contamination au mercure de la rivière Jachal qui ont éclaboussé la mine Veladero à plusieurs reprises.
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    Omar Aciar est agriculteur. Il nous montre la terre sèche et craquelée de son champ de luzerne. Si l'industrie minière continue de se développer dans la région, dans dix ans, il sera impossible de cultiver quoi que ce soit à Jachal, assure-t-il : « Que va-t-on laisser à nos enfants ? Nous n'avons déjà presque plus d'eau potable, les puits sont quasiment à sec. Dans ce contexte, comment pourrait-on sacrifier nos glaciers ? C'est pourtant évident que l'eau, c'est la vie. »

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