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    Australie: le retour de la statue de Joy, travailleuse du sexe, à Sydney

    26.06.2026
    Pour la journée mondiale des travailleuses et travailleurs du sexe ce 2 juin dernier, nous vous proposons de partir aujourd’hui à Sydney, en Australie, où en 1995 a été érigée la première statue dans le monde leur rendant hommage. Joy, de son nom, avait à l’époque suscité une vive controverse et avait fini par être déboulonnée deux ans plus tard. Mais après quatre ans de campagne, menée par une militante défendant la cause des travailleuses du sexe et par une historienne, Joy a fait son retour à Darlinghurst, l’ancien quartier rouge de Sydney. Reportage.
    De notre correspondant à Sydney,
    Appuyée contre l'entrebâillement d’une porte, elle observe les allées et venues dans la rue, tandis que sa mini-jupe laisse apparaître de longues jambes croisées. Elle, c’est Joy. Une statue en bronze représentant une travailleuse du sexe, qui après avoir passé près de trente ans dans la réserve d’une université, a retrouvé il y a quelques mois son piédestal, à l’angle de deux rues dans le quartier de Darlinghurst, à Sydney.
    « Joy représente une forme de travail du sexe qu’on appelait "les portes". Vous voyez comment elle se tient dans l’encadrement d’une porte ? Toutes ces maisons alignées que vous voyez autour, c’est là que nous, les travailleuses du sexe, on vivait et on bossait. On se tenait devant ces portes. Mais ça, c’était avant les téléphones portables et Internet », témoigne Julie Bates, une ancienne travailleuse du sexe, une ancienne propriétaire de maison close. Et surtout, une militante acharnée de la défense des droits des travailleurs du sexe. C’est elle qui a plaidé pendant quatre ans pour le retour de Joy et elle en est très fière. « C’est une chose magnifique, elle est la cerise sur mon gâteau de militante ! »
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     « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies »
    Parce que Joy, dans sa première version, avait été installée en 1995. Il s’agissait alors d’une première mondiale, coïncidant avec la dépénalisation totale du travail du sexe en Nouvelle-Galles du Sud. Une initiative qui, comme le souligne l’historienne Catherine Freyne, visait également à saluer le rôle joué par ce secteur dans la promotion de l’usage du préservatif. « Quand les maisons closes ont été dépénalisées, dans le milieu des années 1990, c’était aussi le moment où le sida arrivait et d’un formidable militantisme, de la part de Julie et de ses collègues pour faire en sorte que la transmission du VIH ne passe pas par les maisons closes. » 
    Un accomplissement qui remplit de fierté Julie. « Les travailleurs du sexe ont sauvé des vies. Nous sommes les héros de la prévention de cette épidémie et jusqu’à aujourd’hui encore, il n’y a pas eu un seul cas de transmission du VIH entre une travailleuse du sexe et un client », raconte Julie Bates.
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    Raconter l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe
    Mais à l’époque, une partie de la société n’était pas prête à l’entendre. Après de nombreuses protestations, Joy finira par être déboulonnée en 1997, avant de faire son retour fin 2025. Elena, qui travaille dans le quartier, s’en félicite : « On a des statues partout qui honorent des hommes qui ont colonisé, des hommes qui ont fait la guerre et tué beaucoup de gens. Et on doit les vénérer, mais on ne vénère pas les femmes, et les gens ordinaires, donc je crois que c’est une bonne chose ».
    Julie, pour sa part, organise désormais des Joy tours dans le quartier, durant lesquels elle raconte aux touristes l’histoire du mouvement pour les droits des travailleurs du sexe.
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    Albanie: le rejet du tout tourisme avec la «révolution des flamants roses»

    26.06.2026
    En Albanie, le pays est secoué depuis presque un mois par la « révolution des flamants roses », un mouvement de contestation né avec le rejet d’un vaste complexe touristique dans une zone naturelle protégée du pays, un projet associé à la famille Trump. Alors que les autorités misent beaucoup sur le développement du tourisme de luxe et multiplient ce genre d’investissements, les manifestants remettent en cause cette stratégie de développement. Ils lui reprochent de détruire les espaces naturels et d'accentuer les fractures sociales.
    Le reportage à Zvërnec et à Tirana. 
    De notre correspondant à Tirana,
    Un flamant rose en carton à la main, Edi est venue manifester sur la plage sauvage de Dalan, dans la zone protégée de Vjosa-Narta, au sud-ouest de l’Albanie. Cette étudiante de 19 ans s’inquiète de voir les dunes, la forêt de pins et la lagune être transformées en un complexe touristique de plus de 10 000 lits : « Il faut que le peuple et la jeunesse se soulèvent ! Les oligarques ne font que voler et détruire ce qui nous appartient. On n’a pas besoin d’une nouvelle station balnéaire : il y en a déjà plein ! Cette terre appartient à tous les Albanais et à la nature. Il nous faut une révolution ! »
    Depuis quelques années, ces projets immobiliers à plusieurs millions d’euros se multiplient sur l’ensemble de la côte et même au cœur des montagnes albanaises. Ils sont le moteur de la politique de développement par le tourisme du Premier ministre socialiste, Edi Rama, au pouvoir depuis 2013. Mais pour les milliers d’Albanais qui manifestent chaque soir depuis bientôt un mois, ces constructions symbolisent avant tout un système dont ils se sentent exclus.
    La défense des flamants roses est devenue le point de ralliement d’une contestation plus large, contre la corruption et l’accaparement des terres. « Est-ce qu’on peut faire des vacances dans ces complexes hôteliers luxueux avec une retraite de 120€ ? C’est impossible avec le niveau actuel des salaires et des retraites. Et on nous dit que ces projets vont apporter du développement ? Mais de quel développement on parle quand ces hôtels font venir des travailleurs d’Inde, du Bangladesh ou des Philippines qui sont payés 400 ou 500€ ? Ça m’apporte du développement, ça ? », réagit Erdin, âgé de 32 ans.
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    « On a des milliardaires qui ne savent plus quoi faire de leur argent »
    Derrière cette contestation, inédite depuis la fin de la dictature communiste, les manifestants dénoncent des choix politiques qui ne profiteraient qu’à une petite élite économique. En 2024, les autorités ont modifié la loi sur les zones protégées et ouvert la voie à l’urbanisation des espaces naturels les plus sensibles.
    Majlinda Hoxha est directrice de l’ONG Network Albania, spécialisée dans la défense de l’environnement et des droits humains : « Seuls les investisseurs tirent des profits de ces constructions. Tous ces projets, qui sont développés en tant que "projets stratégiques", n’apportent pas un développement sain à l’Albanie. Avec cette loi et l’arrivée de ces "investisseurs stratégiques", sans aucune transparence, sans savoir qui se cache vraiment derrière ces investissements, cela a créé un profond déséquilibre dans la société albanaise. On a des milliardaires qui ne savent plus quoi faire de leur argent, et des très pauvres qui peinent à joindre les deux bouts. »
    Ces derniers mois, le SPAK, le parquet anticorruption albanais, a multiplié les enquêtes sur plusieurs de ces projets touristiques soupçonnés d’être liés à des opérations de blanchiment d'argent. Parmi eux, celui de Zvërnec, à l'origine de la mobilisation.
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    «Vous ne ressortirez plus jamais par cette porte pour retourner aux États-Unis»: un Vietnamien expulsé témoigne

    25.06.2026
    Aux États-Unis, plus de 8 000 Vietnamiens ont été arrêtés, et près d’un millier expulsés vers leur pays de naissance. Beaucoup seraient d’anciens réfugiés arrivés avant 1995, condamnés par le passé sur le sol américain. Pendant des années, un accord bilatéral a limité leur expulsion. Mais un protocole signé en 2020 entre Washington et Hanoï, puis le durcissement de la politique de l’ICE en 2025, ont accéléré ces retours forcés. C’est le cas de Danny, rencontré à Hô Chi Minh-Ville.
    De notre correspondant à Hanoï,
    Le regard profond, le sourire contagieux, Danny raconte avoir quitté le Vietnam à l’âge de huit mois, en 1975, à la fin de la guerre. Arrivé aux États-Unis avec ses parents, il dit avoir fait de mauvais choix à l’adolescence, qui le conduiront à passer six ans en prison. « Quand je suis sorti de prison en 2000, j’ai changé de vie. Je me suis marié. J’ai ouvert des entreprises. J’ai acheté des maisons, des voitures. J’ai reconstruit ma vie comme une personne respectueuse de la loi. »
    Un agent de l’ICE place Danny en détention
    En 1996, les États-Unis durcissent leur législation migratoire et élargissent les motifs d’expulsion des étrangers condamnés, même lorsqu’ils ont grandi dans le pays. Danny doit être expulsé dès sa sortie de prison, mais faute d’accord opérationnel avec Hanoï pour le retour des réfugiés arrivés avant 1995, il est placé sous supervision par l’ICE. « Je me suis présenté chaque année. Je l’ai fait correctement pendant vingt-cinq ans. De 2000 à 2025, sans problème. Je me présentais, ils me disaient : "OK, à l’année prochaine", et je repartais », explique Danny.
    En septembre 2025, tout bascule : comme chaque année, il se rend dans les bureaux de l’immigration. Cette fois, un agent de l’ICE lui demande de passer dans une pièce à l’arrière. « Il m’a dit : "Vous ne ressortirez plus jamais par cette porte pour retourner aux États-Unis, plus jamais de votre vie. Je vais maintenant vous mettre des chaînes, et vous allez être placé en détention puis expulsé vers votre pays de naissance." »
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    Danny veut être un soutien aux Vietnamiens expulsés des États-Unis
    Après six mois d’attente en détention, il est finalement expulsé vers le Vietnam, aux côtés d’autres prisonniers et anciens détenus dans son cas. Danny redécouvre alors son pays d’origine, plus de cinquante ans après l’avoir quitté, en parlant un vietnamien « enfantin », selon ses mots. « Quand je suis arrivé ici, j’étais, comme tous les autres Vietnamiens, très inquiet de ce qui allait nous arriver. Mais le gouvernement a été très respectueux avec nous. Ma femme veut s’installer ici. Mes enfants sont heureux d’être ici, mais ils ont perdu leurs amis et leur famille là-bas », explique-t-il.
    Dans un pays dont les codes leur sont étrangers, et dont certains ne parlent pas la langue, l’intégration reste complexe. Danny est resté en lien avec d’autres personnes expulsées. « Certains sont ici depuis presque un an. Ils restent coincés dans leur appartement, ou dans leur chambre chez leur famille. Ils ne vont nulle part. Ils ont peur de sortir, parce qu’ils pensent être jugés par les habitants », détaille Danny.
    L’homme affirme vouloir continuer à soutenir ceux qui, comme lui, ont été expulsés vers le Vietnam, pour les aider à s’autoriser de nouveau à rêver d’une vie meilleure.
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    «Demain fusillade»: en Argentine, des graffitis provoquent la psychose dans les écoles

    24.06.2026
    « Demain fusillade » : en Argentine, des graffitis sinistres provoquent la psychose dans les écoles et les collèges. Des centaines d’établissements scolaires à travers le pays ont vu les mêmes messages de menace apparaître sur les murs, quelques semaines après une fusillade mortelle dans une école. Alimenté par les réseaux sociaux, le phénomène a poussé plusieurs provinces à mettre en place un protocole de sécurité.
    De notre correspondant à Buenos Aires,
    La sonnerie retentit et la journée de classe prend fin devant l’institut Obras Sanitarias à Buenos Aires. Le mois dernier, un graffiti inquiétant est venu troubler le quotidien de cet établissement scolaire. « Quelqu’un a écrit dans les toilettes que le lundi 20 avril, il allait y avoir une fusillade dans le collège », narre cet élève en classe de seconde, Benicio Quintana, âgé de 15 ans. L’apparition de cette menace a fait souffler un vent de panique, raconte-t-il. « Beaucoup d’élèves ont eu peur et ne sont pas venus au collège. La direction a dû prévenir le ministère et mettre en place un méga-protocole. Le lundi en question, ils ont fouillé nos sacs et confisqué nos téléphones. »
    Des messages de menaces devenus une tendance sur TikTok
    La menace a été prise d’autant plus au sérieux qu’elle est intervenue trois semaines après une fusillade dans une école du centre du pays. Un élève a ouvert le feu à la carabine sur ses camarades, faisant un mort et huit blessés. Cependant, selon Benicio Quintana, l’explication des tags apparus dans les toilettes de son collège est à chercher ailleurs. « Pour moi la cause, ce sont les vidéos de TikTok et leur répercussion », évoque-t-il.
    Depuis le mois d’avril, de nombreux messages de menaces se sont virtualisés au point de devenir une tendance sur TikTok en Argentine. « Ces vidéos génèrent beaucoup de likes et d'interactions. Et ça, les likes, c’est quelque chose qui anime les jeunes d’aujourd’hui. Selon moi, c’était plus pour attirer l’attention qu’autre chose », développe le jeune homme.
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    « En cas de menace, la marche à suivre est très claire »
    Reste que ce défi ou cette tendance sur les réseaux sociaux a des conséquences bien réelles. Il ne s’agit pas de blagues potaches, mais de délit, a rappelé le chef du gouvernement de la ville de Buenos Aires, Jorge Macri. Face à l’ampleur prise par le phénomène, fin avril, il a donné une conférence de presse avec sa ministre de l'Éducation Mercedes Miguel : « Toutes les provinces ont été touchées par ces menaces. »
    Les mêmes messages de menaces sont en effet apparus dans des centaines d’écoles à travers tout le pays. Craignant un passage à l’acte, plusieurs provinces, dont Buenos Aires, ont mis en place un protocole de sécurité. « En cas de menace, la marche à suivre est très claire. La direction doit préserver le lieu de la menace et le documenter et appeler la police, qui détermine si le risque est réel », complète la ministre.
    Cette vague de menaces intervient au moment où le président argentin Javier Milei, grand admirateur de Donald Trump, dérégule petit à petit le marché des armes à feu. Si les fusillades dans les écoles restent extrêmement rares en Argentine, certains s’inquiètent de voir le pays ressembler de plus en plus aux États-Unis.
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    Écosse: des protections menstruelles gratuites pour les femmes

    23.06.2026
    Depuis 2022, l’Écosse est la première nation dans le monde à offrir des protections hygiéniques pour femmes gratuitement. On en trouve dans les toilettes des collèges, lycées, universités, piscines, musées, même dans les bibliothèques, pharmacies, pubs, supermarchés. La mesure qui n'était destinée au départ qu'aux plus pauvres a depuis été reprise, y compris par les entreprises. Retour sur ce qui était une expérimentation et est devenu un phénomène de transformation de société.
    De notre correspondant à Aberdeen,
    Désormais c’est entré dans la vie courante en Écosse. Pour ces étudiantes, rencontrées devant l’université d’Aberdeen, c’est normal d’avoir accès aux produits d'hygiène féminine quand on en a besoin, comme du savon dans des toilettes.  
    « C’est super utile, et très rassurant quand tu dois sortir là où il y a du monde. Des fois tu es dehors, en classe ou dans ton labo et là, soudain, j’ai besoin de quelque chose que je n’ai pas emporté avec moi. Alors que ce soit accessible, ça aide vraiment », souligne Beck, âgée de 29 ans.
    Nathalie, 23 ans, évoque le poids que cela impose aux femmes : « On dit en général aux femmes de bien anticiper, de toujours avoir tout le nécessaire sur soi au cas où on en aurait besoin. C’est une manière de libérer sa charge mentale. Ça enlève aussi une partie de la stigmatisation des produits menstruels. »
    Quant à Rihanna, âgée aussi de 23 ans, elle met en évidence l'intérêt de ce changement surtout pour les jeunes filles. « Si elles ont leurs règles sans être préparées et sans savoir quoi faire. Elles peuvent au moins aller aux toilettes et trouver une solution. »
    À la banque alimentaire, le présentoir se vide très vite
    Les produits hygiéniques gratuits, on en parle en Écosse depuis 2017. Le gouvernement lance alors un pilote pour leur distribution. L'objectif est de lutter contre la précarité, l’isolement et l’embarras des femmes de milieux modestes. 
    Cette année-là, il y avait encore, en Grande-Bretagne, des jeunes filles qui mettaient des chaussettes dans leur culotte pour éviter que les saignements ne se voient. Ce pilote a lieu à Aberdeen et a été mené par l’organisation CFINE, l’Initiative alimentaire communautaire du Nord-Est de l’Écosse, qui est déjà en contact avec les milieux les plus précarisés.
    Non loin du port se trouve le centre de distribution alimentaire de CFINE. Dans l’entrée, un grand présentoir où on trouve normalement des tampons, des serviettes hygiéniques, et parfois des coupes menstruelles et serviettes lavables. Mais aujourd’hui il ne reste que deux paquets de tampons en libre-service.
    Sean Mcvey est responsable du programme de distribution des protections menstruelles à Aberdeen. C’est lui qui achète tous ces produits qui vont être donnés dans la ville. « Celui-là est vide, on l’a pourtant rempli ce matin. On va le réapprovisionner bientôt. Mais ça se vide très vite comme on a une centaine de personnes qui viennent chaque jour profiter de la banque alimentaire et du soutien alimentaire d’urgence. Donc, oui, c’est très fréquenté. Aberdeen traverse actuellement un pic de pauvreté, donc on travaille dur pour soutenir et soulager par tous les moyens possibles. Donner des protections menstruelles est un des moyens. »
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    4 800 livres est le coût pour une vie de femme sur 38 ans de règles
    En 10 ans, les revenus disponibles des habitants d'Aberdeen ont chuté de plus de 18 %, notamment à cause du Brexit. Or les produits d'hygiène féminine coûtent à chaque femme autour de 130 livres par an, soit 150 euros. Et 4 800 livres sur une vie de femme pour une période de 38 ans de règles. Alors pour entériner l’accès aux « protections gratuites facilement accessibles » dans toute l’Écosse, une loi a été votée en 2022. Le budget de ce programme est désormais autour de 7 millions de livres par an, entièrement financé par le gouvernement écossais.
    « Je trouve qu’avoir ces présentoirs dans l’espace public, avec des produits d'hygiène féminine disponibles et avec des gens qui en parlent, qui se servent… Je trouve que ça a un impact ou une implication positive sur cette question de société. Quand la loi est passée, il y a aussi eu beaucoup de discussions autour des protections féminines. Ça a été salutaire et très utile », développe Sean McVey.
    Et depuis, ce ne sont plus seulement les femmes qui récupèrent les protections. Une transformation sociétale est en train de s’opérer. « On voit tout le temps des hommes prendre des produits pour n’importe qui en fait : leur femme, leur sœur, leurs filles. Peu importe qui ! On a besoin des papas, on a besoin des frères ! C’est quelque chose qui doit entrer dans les conversations. Les hommes doivent parler des règles. Les femmes représentent plus de 50 % de la population mondiale, donc plus de la moitié d’entre nous va avoir des menstruations dans sa vie. C’est vraiment important que tout le monde ait des connaissances là-dessus », précise Sean McVey.
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    « On parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle »
    Pour Fiona Rae, la directrice de l’organisation CFINE, on peut maintenant parler de dignité et donc tendre vers l’égalité. « La chose essentielle dans la gratuité des produits hygiéniques, c’est la dignité. Donc, on parle de dignité menstruelle plutôt que de précarité menstruelle. On va continuer à être les ambassadeurs des protections féminines et faire tout pour que ça continue à se diffuser, et que cela ne recule pas. Mais je ne pense pas que ça va arriver, on est trop avancés maintenant. Mais on a l’espoir qu’on pourra encore améliorer les choses avec de meilleurs produits, ou avec des produits bio par exemple. »
    Aujourd’hui en Écosse des protections périodiques gratuites sont disponibles un peu partout, et pas uniquement dans les espaces ouverts au public. Beaucoup d’entreprises les mettent à disposition dans leurs toilettes pour femmes et là aussi les présentoirs se vident assez rapidement. Ce n’est plus uniquement pour les femmes en situation de précarité.
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