Reportage international

Neueste Episode
525 Episoden
Gaza: Mohamed Dahlan signe son retour dans la politique palestinienne en marge des négociations
24.08.2026Retour affiché sur la scène politique palestinienne de Mohamed Dahlan. Ancienne figure de l'Autorité palestinienne, membre du Fatah, il est en exil depuis 15 ans et vit aux Émirats arabes unis. Il joue désormais les médiateurs pour le plan de paix à Gaza.
De nos correspondants à Jérusalem,
À Gaza, la réapparition de Mohamed Dahlan s’appuie sur la publication récente d’une biographie tirée à 2 000 exemplaires. L’éditeur, Samir Mansour, reconnaît que le livre tombe à point nommé. « Ce livre est très élogieux pour Mohammed Dahlan et sa publication est très opportune. Personne d’autre que Mohammed Dahlan ne peut diriger les affaires, car c’est le seul fils de Gaza qui comprenne la situation aujourd’hui, le seul qui se soucie du peuple », affirme-t-il.
S’agit-il d’un coup de publicité ? Toujours est-il que l’ouvrage n’est pas vendu, mais distribué gratuitement dans l’enclave, où la popularité de Mohamed Dahlan reste tangible. Rédigée par Ahmed Youssef, un ancien cadre du Hamas qui dit s’être éloigné du mouvement islamiste, cette biographie retrace le parcours d’un homme qui fut pourtant, au début des années 2000, un farouche opposant au Hamas. En 2007, lorsque le mouvement islamiste remporte les élections à Gaza, les violences interpalestiniennes atteignent leur paroxysme. À l’époque, Mohamed Dahlan, membre du Fatah, était responsable de la sécurité dans l’enclave, comme le rappelle le politologue gazaoui Ahmad Altanani. « Il avait l’image d’un homme ferme et déterminé. À cette époque, Mohammed Dahlan était le principal adversaire du Hamas dans la bande de Gaza. C’est ce qui l’a conduit à quitter Gaza pour la Cisjordanie », explique-t-il.
Son exil s’est ensuite prolongé en raison de sa rivalité avec le président Mahmoud Abbas. Aujourd’hui, Mohamed Dahlan semble avoir changé de stratégie, comme le souligne le politologue. « Aujourd’hui, Mohamed Dahlan parle avec tout le monde », indique Ahmad Altanani. « Le courant de Mohammed Dahlan et le Hamas sont en contact direct depuis des années, étant donné la situation à Gaza. Plusieurs sources indiquent que Mohammed Dahlan joue un rôle de médiateur. Il entretient des relations ouvertes avec le régime égyptien, avec les Émirats arabes unis, et ces derniers jouissent d’une influence importante sur les Américains. Et puis, il existe un canal de communication entre les Émirats arabes unis et le gouvernement israélien », ajoute-t-il. Le Jerusalem Post a même évoqué en mai une rencontre qui aurait eu lieu entre le chef des renseignements israéliens et Mohamed Dahlan.
Ce retour sur le devant de la scène serait motivé par une ambition personnelle, selon Ahmed Altanani. « Au cours des dernières années, il a tenté de se repositionner au sein du système palestinien. Dans ce contexte, son implication dans le dossier de la bande de Gaza a sans aucun doute constitué un tremplin. De plus, Mohammed Dahlan est originaire de Gaza. C’est là qu’il exerce principalement son influence, et c’est là qu’il s’impose », analyse le politologue.
Les élections législatives prévues en novembre prochain pourraient servir de test pour le courant de Mohammed Dahlan, à condition qu’elles aient bien lieu.
À lire aussiIsraël: les ONG restent sceptiques face aux enquêtes militaires sur des meurtres survenus à Gaza- Mêler savoirs ancestraux et technologies pour mieux gérer l’utilisation des terres, c’est ce qu’a mis en place l’association African People and Wildlife en Tanzanie. Dans le nord du pays, dans le village d’Arkaria, la participation communautaire est au cœur des programmes de réhabilitation des sols dégradés.
De notre correspondante à Dar es Salaam,
C’est un doux son à l’oreille de Mesia Mepukori : celui des herbes hautes qui s’écrasent sous ses pieds, signe d’un sol fertile. Depuis environ un an, ce Masaï est en charge de surveiller l’état des terres de son village. Des graduations taillées sur son bâton traditionnel l’aident à mesurer la hauteur de l’herbe sonore : « ici environ dix centimètres ». Autres outils indispensables : un smartphone et un mètre ruban à dérouler.
« On se place en direction du nord, on déroule le mètre et on prend une photo », explique-t-il. Une fois par mois, Mesia se positionne au même endroit et répond à un questionnaire sur son smartphone, une initiative mise en place par l’ONG African People and Wildlife, récompensée d’un prix l’an dernier.
« Là, je suis en train d’ouvrir l’application pour y entrer les informations. Le pâturage est autorisé en ce moment. Quelle est la couleur de l’herbe : verte, marron ou mixte ? Je réponds verte », détaille-t-il. Selon Mesia, cette nouvelle technologie a amélioré la façon de gérer les sols : « Avant, on regardait sans avoir de données, mais grâce à cette application, on peut faire des relevés précis chaque mois. »
Une fois enregistrées, ces informations sont transmises au centre de conservation, un bâtiment accessible à tous au cœur du village, doté d’internet et d’un grand écran. Un outil clé, comme l’explique Neovitus Sianga, responsable de la conservation et de l’environnement au sein de l’association. « Ce que nous essayons de faire, c’est de revitaliser leur système traditionnel et de le combiner avec la technologie afin de les aider à planifier et gérer les sols, mais aussi à améliorer leur qualité », souligne-t-il.
Les villageois d’Arkaria ont désormais mis en place un système de rotation des terres afin qu’elles se régénèrent. Ils sèment des graines pour offrir une nourriture de meilleure qualité à leur bétail et laissent des branches épineuses sur les sols nus. Cette dernière technique empêche les animaux d’accéder aux terres dégradées, permettant à l’herbe de repousser. Des gestes essentiels alors que la Tanzanie fait partie des endroits de la planète où les sols se dégradent le plus vite.
À lire aussiTanzanie: «Le pastoralisme est compatible avec l’environnement», assure un avocat massaï - La Mongolie accueille depuis le 17 août, et jusqu’au 28 août, la COP17 contre la désertification. Un sommet international à Oulan-Bator pour tenter de trouver des solutions et des financements contre ce phénomène exacerbé par le dérèglement climatique, qui touche une grande partie de la planète. La Mongolie en est l’une des victimes les plus emblématiques : 76,9% des terres mongoles sont touchées par la désertification qui rend des pâturages inexploitables. Cela fait des années que le pays tente de trouver des solutions.
De notre correspondant à Oulan-Bator, Étienne Cholez
Un mur presque noir se dresse au milieu de cette steppe verte : c’est une forêt, immense, la plus grande du pays plantée par des hommes. On est tout au nord de la Mongolie, dans la province du Selenge. « Si vous allez 20 kilomètres plus loin, c’est la Russie, et il y a un petit village là-bas… C’est la commune russe la plus proche de la Mongolie », explique un habitant de la région.
Odbayar, 31 ans, représente la troisième génération de la famille qui a commencé à planter ces pins, typiques de la taïga. C’était au début des années 2000. « À la sortie du communisme en 1990, on exportait énormément de bois vers la Chine. Beaucoup de gens coupaient des arbres illégalement, ça provoquait des feux de forêt. Le sol ici, c’est du sable. S’il n’y a pas d’arbre, ce sable se propage. C’est pour ça que mes parents ont décidé de se lancer dans cette opération de reboisement : pour faire renaître cette magnifique nature », raconte-t-il.
Cette forêt protégée s’étend sur une superficie de 65 000 hectares. Odbayar et sa famille ont replanté des arbres sur environ 20 000 hectares. Cette histoire est devenue l’emblème du projet « 1 milliard d’arbres » d’ici 2030, le programme phare de la Mongolie contre la désertification. « Pour lutter contre ce phénomène, vous devez d’abord planter des arbres dans des endroits qui en avaient. Dans le désert de Gobi, par exemple, il n’y en a jamais eu en grande quantité, comparé à ici, le nord de la Mongolie », précise-t-il.
Un manque de végétation mortel pour les élevages
Ce reboisement permet aussi de ramener des éleveurs nomades dans des pâturages qu’ils avaient quittés. Bayarsaikhan rentre les veaux avant la nuit. Sa yourte est installée en haut d’une colline qui surplombe la forêt. Cela fait cinq ans que l’éleveuse et sa famille ont quitté leur province natale, beaucoup plus montagneuse, située à 700 km à l’ouest du pays. « Dans mon ancienne vie, j’ai perdu trop d’animaux. Une année, on a eu un été sec, sans herbe. L’hiver ensuite a été terrible. J’avais 1 000 moutons. À la fin, il ne m’en restait que 108. Les vaches aussi, elles sont toutes mortes. C’était financièrement impossible. Ici, près de la forêt, c’est mieux. L’herbe pousse bien, elle est plus haute. Je peux enfin préparer les hivers », témoigne-t-elle.
Mandakh, une scientifique spécialiste de la désertification et membre du comité d’organisation de la COP17, analyse l’action de son propre pays. « La Mongolie se débrouille plutôt bien. Nous avons des lois dédiées à la désertification. Sur le papier, on a aussi différentes initiatives. Mais le problème récurrent, c’est le financement. Nous sommes un pays qui vient juste de commencer son développement. Cela veut dire que parfois on se développe avec la nature et parfois contre », souligne-t-elle. Elle espère que cette COP17 servira à quelque chose et ne sera pas un sommet de plus où les discussions prennent le pas sur les actes.
À lire aussiEn Mongolie, l’exode rural forcé des éleveurs à cause du changement climatique - Pour accompagner la croissance de sa population, l’Australie, qui compte désormais plus de 28 millions d’habitants, s’urbanise à grande vitesse. Ce qui n’est pas sans créer quelques conflits de voisinage, notamment avec les chauves-souris, une espèce nomade vivant en colonies, qui trouve dans ces zones urbaines une source quasi infinie de nourriture. Une coexistence parfois difficile à vivre mais néanmoins indispensable, les chauves-souris étant de très loin le principal rempart face à la désertification en Australie. Notre correspondant Grégory Plesse s’est rendu à Harrington Park, une banlieue située dans le sud-ouest de Sydney, où une colonie de roussettes à tête grise, l’une des plus grandes espèces de chauve-souris au monde, a pris ses quartiers il y a quelques mois.
À quatre heures du matin, c’est un véritable concert. Des roussettes à tête grise, on estime que dans cette banlieue arborée de Sydney, il y en aurait plus de 50 000, soit quatre fois plus que le nombre d’habitants. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils apprécient moyennement cette cohabitation. À l’image de Leigh, qui a même dû modifier sa routine matinale. « Elles défèquent partout, et elles sentent très mauvais. J’avais pour habitude de me promener dans ce parc, sous les arbres, c’est magnifique. Mais depuis que les chauves-souris sont arrivées, j’ai trop peur de prendre ce chemin », raconte-t-elle.
Leigh n’est pas la seule à se plaindre. David, lui, est simplement résigné. « Il faut que je nettoie tous les jours la merde violette de chauve-souris sur le parterre de ma maison et autour de ma piscine, c’est un peu embêtant mais on ne peut pas faire grand-chose d’autre, puisque c’est une espèce protégée », regrette-t-il.
Une espèce protectrice de l'environnement
De fait, les roussettes à tête grise sont une espèce menacée. On estime que leur nombre a diminué de 30 % ces vingt dernières années, en raison notamment de la déforestation et donc de la destruction de leur habitat. Un déclin d’autant plus regrettable qu’elles jouent un rôle majeur pour la protection de l’environnement en Australie. C’est ce que souligne le biologiste Alfredo Ortega Gonzalez : « Les roussettes sont capables de transporter beaucoup de graines, mais aussi du pollen qui se colle à leur fourrure, sur de très grandes distances. Il n’est pas inhabituel pour elles de parcourir 20, 50 km par nuit, elles peuvent donc couvrir de très longues distances ».
Alfredo Ortega Gonzalez est le coauteur d’une étude parue il y a quelques semaines, qui estime que cette seule espèce de chauve-souris contribuerait ainsi à planter plus de 90 millions d’arbres par an en Australie. Une raison suffisante pour les défendre, selon lui : « Oui, elles font du bruit, oui elles sentent mauvais, mais les bénéfices qu’elles apportent sont bien supérieurs à leurs désagréments. Il nous faut donc trouver un moyen de coexister, d’autant que l’urbanisation ne cesse de progresser ».
Ainsi, dans d’autres secteurs de Sydney également envahis par les chauves-souris, des aides financières sont apportées aux résidents pour couvrir leurs frais de nettoyage.
À lire aussiQuand les animaux «moches» sont délaissés par les scientifiques - Alors que le Proche-Orient vit au rythme des guerres et que la paix n’a probablement jamais paru aussi lointaine, pourquoi apprendre la langue de l’autre ? À Tel Aviv, des Israéliens se sont inscrits à des cours de langue arabe, une pratique controversée dans la société israélienne alors que l'occupation en Cisjordanie se poursuit et que les massacres à Gaza continuent.
De notre correspondante de retour de Tel-Aviv,
Plus de 300 étudiants suivent des cours d’arabe dans cette école de langues établie à Tel Aviv, Haïfa et Jérusalem. « À mes yeux, chaque personne qui vit ici doit savoir parler l’arabe, juge Kim Ibrahim, l’une des professeurs et Palestinienne d’Israël. L’arabe n’est pas la langue d’une minorité. C’est la langue de cette terre. Si tu ne la maitrises pas, tu ne peux pas te rapprocher de son peuple. »
La plupart des étudiants ici sont des militants de gauche qui se rendent fréquemment en Cisjordanie pour y dénoncer l’occupation. Un activisme pas toujours facile à assumer dans la société israélienne, comme l’explique Akiva, qui travaille pour une ONG de défense des droits humains. « Ce qu’on me dit quand j’annonce que j’ai fait des études d’arabe et d’architecture à l’université, c’est souvent des choses du genre : “Wow, tu vas pouvoir travailler pour le Mossad !” Ou alors “Tu vas construire des hôtels à Gaza !”, raconte-t-il. On est vraiment dans l’optique qui consiste à mieux connaître son ennemi, à utiliser l’arabe dans le cadre de missions dans l’armée ou pour le Mossad. »
Sur les murs, des posters appelant à l’égalité des droits pour tous « from the river to the sea » ou encore des appels à libérer les détenus palestiniens des prisons israéliennes. Ces Israéliens savent être une minorité.
À lire aussi«Nous vivons dans la peur»: en Israël, l'abandon sécuritaire de la minorité arabe dénoncé
« La langue arabe est désormais perçue comme une provocation »
La langue arabe est de plus en plus perçue comme une menace en Israël. Jadis langue officielle de l’État hébreu, l’arabe a été rétrogradé langue à statut spécial en 2017. Certains commerçants arborant des inscriptions en arabe dans leurs boutiques sont désormais sommés de les retirer.
C’est pour dénoncer cette situation que l’élue municipale de Haïfa, Sally Abed, décide de prendre la parole en hébreu et en arabe lors d’une réunion à la mairie le mois dernier. « Haïfa a parlé arabe pendant des décennies, pendant des siècles. Haïfa parle arabe ! », a-t-elle souligné. La situation va vite dégénérer. « Va à Gaza ! Haïfa est juive ! Haïfa n’est pas arabe ! Va à Gaza ! », hurle un homme.
Contactée, Sally Abed assume son coup d’éclat. « Depuis le 7 octobre, la langue arabe est désormais perçue comme une provocation. Le problème pour eux, c’est que je politise la langue arabe et que je sois une politicienne arabe, insiste-t-elle. Sincèrement, j’ai voulu marquer le coup. C’était une sorte de déclaration d’amour à ma langue, aux Palestiniens de Haïfa qui se sentent effacés, transparents et persécutés. »
Un rejet de l’arabe que Sally Abed dénonce. D’autant que cette langue est parlée au quotidien par sa communauté – les Palestiniens d’Israël qui forment 20% de la population du pays. Mais aussi par certains Séfarades, les juifs originaires de pays arabes qui représentent, eux, 50% de la population juive d’Israël.
À lire aussiApprendre l’hébreu à Ramallah: ces Palestiniens qui suivent des études israéliennes pour mieux «combattre» l’occupation
Über Reportage international
Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro.
Podcast-Website