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Le choix musical de RFI

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  • «The Sound of Milk»: la chanteuse Camille met la maternité en musique

    18.09.2026
    Neuf ans après Ouï, Camille revient avec un projet hors norme. Avec The Sound of Milk, la chanteuse et compositrice française livre une fresque musicale intime consacrée à la maternité, à l'enfance et à la transmission. Un album mûri pendant quinze ans, qui mêle journal sonore, chansons acoustiques et pop émerveillée.
    La pochette de The Sound of Milk résume à elle seule ce nouvel album de Camille : une œuvre profondément personnelle où la chanteuse se met à nu, pour explorer son expérience de mère, sans filtre ni artifices. 
    Pensé comme un triptyque, le disque rassemble trois volets enregistrés entre 2010 et 2025 : Naissance, Enfance et Adolescence. Un projet qui suit à la fois la croissance de ses enfants et l'évolution de sa propre vie d'artiste.
    Cinq ans après la sortie du film Comme un poisson dans l’air où la chanteuse documentait sa deuxième grossesse, voilà donc son pendant musical.
    Composer avec la vie de famille
    Le premier volet, Naissance, prend la forme d'un journal sonore. Pas d'instruments ici : seulement des voix, des souffles, des rires, des babillements d'enfants, des comptines et des scènes du quotidien enregistrées dans la maison familiale. Camille y transforme les sons ordinaires de la vie domestique en matière musicale.
    Vient ensuite Enfance, une collection de chansons acoustiques enregistrées avec ses enfants dans l'esprit d'une « comédie musicale de poche ». Accompagnée notamment de son compagnon Clément Ducol et du violoncelliste Martin Gamet, la musicienne donne une forme plus construite à ces mélodies nées dans l'intimité familiale.  
    « Une montée de lait, de sons et de mots »
    Invitée récemment sur RFI dans l’émission De Vive Voix, Camille décrit The Sound of Milk comme « le manifeste d'une femme libre et souveraine dans sa manière d'être mère ». Pour elle, la maternité a profondément transformé son rapport à la création : « Le lait chez moi il est vraiment arrivé avec tout un aéropage, une nuée, un nuage de chansons, qui sont venues. C’est une montée de lait, de sons, de mots... Une redécouverte de mots simples aussi, qui commence parfois par un mot prononcé par un enfant, ou une onomatopée, qui va devenir une chanson. Tout se transforme avec la naissance des enfants, avec eux, tout est une porte vers l’inconnu, l’invisible, vers un autre monde qu’on ne voit pas. »
    Une réflexion sur la maternité, mais aussi sur la transmission, la joie et la place de l'enfance dans un monde traversé par les crises sociales, politiques et écologiques.
    Une pop familiale tournée vers l'avenir
    Le troisième volet, Adolescence, est celui qui sera principalement défendu à la radio et sur les plateformes de streaming. Les enfants ont grandi, le son aussi. Plus pop, plus orchestré, ce dernier chapitre voit Camille retrouver une écriture plus directe.
    Elle y évoque les joies et les inquiétudes de la maternité, mais adresse aussi les thèmes d'une jeunesse confrontée aux écrans, l'urgence écologique ou encore à l'héritage laissé aux générations futures.
    Après le succès mondial de la bande originale d'Emilia Pérez, composée avec Clément Ducol et récompensée notamment par un Oscar, un César et un Golden Globe, Camille revient avec une œuvre à contre-courant : un disque qui célèbre la voix, la famille et le chant collectif comme gestes de transmission.
    The Sound of Milk est disponible depuis le 18 septembre. Une tournée française débute en novembre 2026, avec plusieurs dates à Paris début février 2027, à l'Olympia.
  • La joie contagieuse du soulman Leon Bridges, de retour avec «Happiness Anytime»

    17.09.2026
    Deux ans après son dernier album, le soulman texan Leon Bridges est de retour avec un nouvel album intitulé Happiness Anytime : le bonheur à tout moment. Depuis son premier album sorti en 2015, Coming Home, il teinte sa musique d’ambiances rétro et redonne vie à la soul des années 1960. L'un de ses titres, « Illusion », est en playlist ce mois-ci sur RFI. 
    Chaque disque de Leon Bridges rend hommage à un ou plusieurs styles musicaux. En 2018, Good Things est influencé par la néo-soul des années 1990 et le « quiet storm » : ce genre musical de ballades soul à l'atmosphère nocturne mystérieuse et aux parties vocales très mises en avant. C'est ensuite du r'n'b des années 1990 et 2000 qu'on retrouve dans l'album Gold Diggers Sounds en 2021, puis de la folk et de la country dans son disque intitulé Leon sorti en 2024. Et dans ce tout nouvel album à paraître le 25 septembre, Happiness Anytime, Leon Bridges enveloppe ses ballades old school de productions plus modernes.
    S’il est aujourd’hui chanteur, guitariste, compositeur et producteur, Leon Bridges n'a pas toujours eu le droit de chanter et de composer ce genre de musique. Elevé au Texas dans un foyer religieux, il avait l'interdiction d'écouter de la musique profane. A 18 ans, il a le désir d'écrire sa propre version de la musique chrétienne, et des artistes américains comme Frank Ocean et Miguel l'inspirent à écrire des chansons chrétiennes r'n'b. Plus tard, il s'éloignera finalement de la religion et se dirigera vers cette soul des années 50 et 60 qui l'influence encore aujourd'hui.
    Une légèreté de son travaillée avec le collectif Jungle
    Sur ce cinquième album, Leon Bridges s'est entouré des membres du collectif de soul/funk britannique Jungle. Deux des membres de ce groupe, Lydia Kitto et John-Lloyd Watson, ont produit ce nouveau disque avec une consigne très claire : Leon Bridges voulait mettre l'accent sur l'émotion et apporter une certaine légèreté. Il souhaitait revenir à une musique ensoleillée, faite pour danser et évacuer le stress de la vie moderne.
    Pour ce faire, il puise dans l'afrobeat de Fela Kuti, le groove du disco, les rythmes sud-américains et la culture jamaïcaine du dancehall. Des lignes de basse très simples soulignent les mélodies qu'il chante de sa voix trainante et feutrée, souvent rejointe par des chœurs.
    Le nouvel album de Leon Bridges, Happiness Anytime, sortira le 25 septembre.
    Retrouvez tous les titres de la playlist officielle RFI et abonnez-vous à nos playlists thématiques sur tous nos environnements numériques Deezer, Spotify et YouTube.
  • Les Rita Mitsouko, encore et toujours cultes, quarante ans après

    16.09.2026
    La chanteuse Catherine Ringer s'est éteinte, dans la nuit de ce mardi 15 septembre 2026. Elle avait 68 ans. Avec elle, c'est la deuxième moitié des Rita Mitsouko qui disparaît, près de 20 ans après la mort de son compagnon et partenaire de scène, Fred Chichin. A deux, ils avaient formé l'un des groupes les plus mythiques du rock français, devenu culte au fil des décennies. 
    Les Rita Mitsouko, c'est d'abord une voix. Celle, magnifique, de Catherine Ringer : capable de monter dans des aigus improbables aussi bien que dans des graves profonds ; tour à tour rauque, sensuelle et grinçante ; en tout cas toujours chargée d'émotion. « C'était une interprète hors norme, s'émeut le directeur musical des antennes de Radio France Didier Varrod, presque surnaturelle dans sa capacité à reprendre des répertoires très différents et de les ramener à elle au lieu de les emmener ailleurs. »
    Une rencontre avant tout 
    Pourtant, cette voix n'aurait pas connu l'aventure rocambolesque des Rita Mitsouko sans la rencontre, fondatrice, avec Fred Chichin en 1979. Les deux artistes sont alors au coeur de la vingtaine et se croisent à l'occasion d'un spectacle auquel participe Catherine Ringer. C'est le coup de foudre, aussi bien amoureux que musical, et les deux trublions commencent à faire des étincelles. Lui, avec son air de dandy, joue de la guitare ; elle, extravertie et libre, interprète les titres qu'ils ont composé ensemble. 
    En 1984, le feu prend avec une chanson devenue culte : « Marcia Baila ». « Cette chanson est vraiment un marqueur sociétal, raconte Didier Varrod. Que ce soit en discothèque en ville ou dans des campings ruraux, tout le monde a dansé sur cette chanson. » Une chanson dont l'équilibre tient au contraste entre sa mélodie - dansante, enjouée, entre sonorités rock et latines - et ses thématiques : « on dansait sur des paroles tragiques, se souvient encore Didier Varrod. "Marcia Baila" parle du cancer et de la mort. Et ce contraste-là, on le retrouve dans plusieurs chansons des Rita Mitsouko. » L'exemple le plus frappant étant sans doute « Le Petit train », chanson aux airs de comptine enfantine qui raconte pourtant l'expérience des trains de la mort vécue par le père de Catherine Ringer durant la Seconde guerre mondiale. 
    Des modèles du rock français 
    Avec les Rita Mitsouko, les Français découvrent qu'ils peuvent faire du rock. « Le rock français avait été un peu enterré à l'époque. Les Rita Mitsouko - avec d'autres, notamment Alain Bashung - ont prouvé que c'était possible, » pointe Didier Varrod. Un rock loin des standards anglo-saxons : matiné d'influences punk, funk, électro ou hip-hop, caractérisé par un « esprit français » aussi libre que râleur. 
    Autant de caractéristiques qui permettent aux Rita Mitsouko de s'inscrire dans la durée, d'autant, souligne Didier Varrod, «​​​​​qu'ils n'ont pas cherché à correspondre à l'esthétique des années 1980, très électronique et synthétique. » Intemporelle, leur musique a donc pu traverser les décennies sans prendre la moindre ride. 
    Cinquante ans ou presque après la formation du groupe, le public est toujours au rendez-vous et les tubes des Rita Mitsouko ont peu à peu acquis le statut de chanson culte. Comme quoi, même si « les histories d'amour finissent mal en général, » il y a toujours une exception.
  • Le trio Automatic conquiert l'Amérique sans un seul riff de guitare

    15.09.2026
    Trois Californiennes, zéro guitare, un flingue à la place du cœur : Automatic ne pardonne rien et ça fait danser.
    Automatic est un trio de musiciennes trentenaires, formé sur la scène autogérée de Los Angeles. En 2019, l'album Signal impose d'emblée sa signature, un rétrofuturisme minimaliste éclatant. Le suivant, encensé par la critique, navigue entre post punk et pop douce et installe les filles dans la durée. Le dernier confirme qu'elles sont à la pointe de l'avant-garde.
    Des voix, des synthétiseurs, de la batterie, on en trouve sur les trois albums. Mais dans tous les morceaux, c'est la basse qui mène la danse. Pas la moindre guitare chez Automatic. Pour elles, la gratte est trop associée à l'énergie masculine. Le nom du groupe lui même Automatic  est un clin d'œil a un  titre emprunté aux Go Go's, référence absolue du punk rock féministe américain de la fin des années 1970.
    Les Californiennes s'inscrivent dans cette lignée mais la rendent plus vive, et surtout plus critique. Patriarcat, crise climatique, capitalisme, leur constat sur l'état du monde est amer. Et ça s'entend dans le titre « Too Much Money ».
    La joie comme acte de résistance
    Face à une époque anxiogène, les californiennes choisissent pourtant de faire danser. La joie comme acte de résistance, quel beau programme. Le morceau « Mercury » le dit sans détour : « ne cédons pas au nihilisme, gardons une vision spirituelle du monde malgré tout ce qui ne va pas ».
    L'histoire d'Automatic est celle de l'Amérique d'aujourd'hui, avec cette volonté farouche de ne pas subir, de ne pas se contenter d'être les naufragées de la crise. Alors le groupe avance, cherche ailleurs, s'ouvre au trip hop et même au jazz.
    Humour noir, vitalité, acuité politique, les rockeuses nous invitent à bouger ensemble.Ce qui n’empêche pas chacune de se consacrer a des activités personnelles, le ramassage des chats errants, la botanique et les chevaux.
    Automatic part en tournée, plus de trente dates aux États Unis, puis au Canada et en Australie.
  • Kin'Gongolo Kiniata: les sorciers du son recyclé venus de Kinshasa

    14.09.2026
    Energie brute, instruments bricolés et messages engagés, le collectif congolais Kin'Gongolo Kiniata impose un univers musical aussi surprenant qu'original. Dans l'effervescence des rues de Kinshasa, les cinq artistes ont forgé une identité sonore à la croisée de l'afro-punk, de l'électro-rock expérimental et des musiques traditionnelles congolaises. 
    Des guitares à une corde, des percussions fabriquées à partir de bouteilles en plastique, de casseroles ou encore de bidons récupérés : chez Kin'Gongolo Kiniata, le recyclage n'est pas seulement un choix esthétique ou économique : c'est un véritable message.
    « L'amour du prochain et protéger notre planète Terre. C'est pour cela qu'on crée des instruments avec des objets recyclés, des objets jetés », explique Lebrina Sabiti, alias Leebruno, chanteur et percussionniste du groupe.
    Les membres du collectif fabriquent eux-mêmes leurs instruments à partir de matériaux récupérés. Boîtes de conserve, pièces de rechange automobiles, métal de récupération : tout devient source de création sonore.
    Chanter le quotidien des Kinois
    Les artistes, tous trentenaires, chantent en lingala et racontent la vie quotidienne à Kinshasa. Leurs textes célèbrent l'ingéniosité et la débrouillardise que les habitants de la capitale congolaise appellent « l'article 15 », autrement dit l'art de se débrouiller par ses propres moyens.
    Le groupe évoque les petites victoires de tous les jours, les difficultés rencontrées par la population, mais aussi les espoirs qui continuent d'animer la jeunesse congolaise.
    Entre spiritualité et réalités sociales
    Parmi les thèmes abordés figurent également la religion et la place importante qu'elle occupe dans la société congolaise. Certaines chansons s'inspirent directement de l'univers des églises et des prédicateurs, omniprésents dans les rues de Kinshasa.
    Sur un registre plus social, Kin'Gongolo Kiniata évoque aussi les conditions de vie difficiles dans certaines zones rurales, notamment l'accès à l'eau potable. Une réalité quotidienne pour de nombreuses familles contraintes de parcourir de longues distances pour s'approvisionner.
    Un message de paix
    Le groupe n'hésite pas non plus à aborder des sujets plus graves, comme le conflit qui touche l'est de la République démocratique du Congo depuis plusieurs décennies.
    Dans leur titre « Toko Lemba Té » (« Nous ne cèderons pas »), les musiciens délivrent un message de résistance et d'espoir. Un refrain simple et puissant : ne pas abandonner malgré les épreuves.
    « Le son qui écrase »
    Le nom du collectif résume à lui seul leur identité musicale. Kin'Gongolo Kiniata signifie « le son qui écrase ». Une expression qui traduit parfaitement la puissance rythmique de ce groupe né dans l'effervescence de Kinshasa. Après avoir marqué les esprits en France, notamment lors des Trans Musicales et du festival Africolor en 2022, les musiciens poursuivent leur conquête des scènes européennes.
    Leur credo : transformer les bruits de la ville, les objets abandonnés et le quotidien de Kinshasa en une musique irrésistible, inventive et profondément humaine.
Über Le choix musical de RFI
Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.
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