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    Un deal à 800 millions entre Epic Games et Google ?

    26.1.2026 | 1 Min.
    C’est un feuilleton judiciaire qui dure depuis près de six ans, un bras de fer entre deux poids lourds du numérique : Epic Games d’un côté, Google de l’autre. Au cœur du conflit, les règles du Play Store et les pratiques jugées anticoncurrentielles du géant de Mountain View sur le marché des applications mobiles. En novembre dernier, les deux camps ont annoncé vouloir enterrer la hache de guerre. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait. Lors d’une audience récente à San Francisco, un élément inattendu est venu troubler le tableau. En parallèle du procès, Epic aurait négocié un partenariat commercial d’envergure avec… Google lui-même.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’éditeur de Fortnite prévoit d’investir 800 millions de dollars sur six ans dans les services de Google. Une somme que le juge fédéral James Donato a qualifiée de « partenariat plutôt solide ». L’accord prévoirait des développements de produits communs, des opérations marketing conjointes et divers projets commerciaux partagés. Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games, explique que cet argent correspond à l’achat de prestations précises, sans en détailler la nature. Une lettre d’intention a été présentée au tribunal, mais l’accord n’est pas encore finalisé. Selon lui, cette collaboration s’inscrirait surtout dans la stratégie autour du métavers, avec Fortnite comme vitrine, et inclurait notamment une utilisation renforcée de l’Unreal Engine par Google. Il insiste aussi sur un point : l’Epic Games Store ne bénéficierait d’aucun traitement de faveur sur Android.

    Reste que ce rapprochement interroge. Après des années à dénoncer les barrières de l’écosystème Android, pourquoi soudain faire affaire avec l’adversaire ? Le juge cherche à savoir si cet accord financier a pesé dans la décision d’Epic de mettre fin au contentieux. Tim Sweeney, lui, assume. Pour lui, payer Google pour favoriser davantage de concurrence n’a rien d’incohérent. Une position pragmatique… mais qui contraste avec six ans de bataille judiciaire acharnée.
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    ChatGPT utilise l’IA Grok comme source ?

    25.1.2026 | 2 Min.
    Vous vous rappelez peut-être le grand show autour de GPT-5.2. OpenAI promettait une intelligence artificielle taillée pour les professionnels, solide, fiable, presque infaillible. Une sorte d’assistant surdoué capable de gérer des dossiers complexes sans broncher. Sur le papier, c’était la Rolls-Royce de l’IA. Sauf qu’en regardant de plus près, le moteur semble un peu bricolé.

    Une enquête du Guardian vient en effet semer le doute. Pour construire certaines réponses, le modèle irait puiser directement dans… Grokipedia, l’encyclopédie alimentée par l’écosystème d’Elon Musk. Autrement dit, l’outil vedette d’OpenAI s’appuierait sur une base liée à son principal rival. Ironie totale dans la guerre des milliardaires de la tech. Les journalistes britanniques ont mené des tests simples : douze questions factuelles, sur des sujets sensibles. Résultat, GPT-5.2 a cité Grokipedia neuf fois. Pas un accident isolé, mais un réflexe récurrent. L’IA s’y est référée pour évoquer des dossiers géopolitiques délicats, comme les liens supposés entre l’Iran et l’opérateur MTN-Irancell, ou encore pour retracer le parcours de l’historien Richard Evans, témoin clé au procès du négationniste David Irving.

    Problème : OpenAI assure depuis des mois avoir verrouillé ses sources, avec des filtres stricts pour éviter les contenus douteux. Officiellement, l’entreprise parle d’un « large éventail de sources publiques » soigneusement sélectionnées. Mais dans les faits, l’algorithme s’appuie sur une plateforme elle-même alimentée par une autre IA, Grok, déjà critiquée pour des biais et des renvois vers des forums extrémistes. Pas exactement un gage de sérénité. Au-delà de la rivalité entre Musk et OpenAI, cette affaire révèle un souci plus profond. Les intelligences artificielles commencent à se nourrir les unes des autres. Une sorte de boucle fermée où des contenus générés par des machines deviennent des « références » pour d’autres machines. Les erreurs, approximations ou biais se recyclent, se renforcent, puis prennent l’apparence de vérités établies. À force d’aspirer tout le web, ces modèles risquent surtout d’avaler leurs propres déchets.
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    Avec PineDrama, TikTok se lance dans les séries de 1 min ?

    22.1.2026 | 2 Min.
    Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.

    PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».

    La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.

    Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention.
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    Grok devient l’IA officielle du Pentagone ?

    21.1.2026 | 2 Min.
    Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.

    Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.

    Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.

    Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée.
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    Amazon lance son cloud européen 100% indépendant ?

    20.1.2026 | 3 Min.
    Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.

    La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.

    Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe.
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