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    Avec PineDrama, TikTok se lance dans les séries de 1 min ?

    22.1.2026 | 2 Min.
    Alors que l’année 2026 démarrait à peine, ByteDance a choisi la discrétion plutôt que le grand show. Sans annonce tonitruante ni keynote spectaculaire, le groupe chinois a fait apparaître une nouvelle application sur les écrans américains et brésiliens : PineDrama. Un lancement presque furtif, mais révélateur d’une mutation profonde de nos usages vidéo. Car non, le règne du format court n’a visiblement pas encore atteint son plafond.

    PineDrama ne prétend pas révolutionner la narration. Elle pousse simplement la logique existante à son extrême. Le concept : des séries scénarisées, découpées en épisodes d’environ une minute, à regarder exclusivement en vertical. Ici, pas de plans léchés ni de budgets hollywoodiens. L’esthétique revendique le kitsch assumé : intrigues sentimentales, romances improbables, loups-garous, secrets de bureau et coups de théâtre à répétition. Des titres comme Love at First Bite ou The Officer Fell for Me donnent le ton : on est clairement du côté du « plaisir coupable ».

    La singularité du lancement tient aussi à son modèle économique. Contrairement à d’autres plateformes du même genre, PineDrama est, pour l’instant, accessible sans publicité ni abonnement obligatoire. Une gratuité surprenante dans un secteur habitué aux paywalls agressifs, mais qui s’explique par la puissance financière de ByteDance. Le groupe teste ce format depuis un moment déjà à travers les « TikTok Minis » sur TikTok, et PineDrama apparaît comme une déclinaison autonome de cette expérimentation. Ce mouvement n’a rien d’anecdotique. Il s’inscrit dans une tendance importée d’Asie, où les « micro-dramas » transforment le smartphone en distributeur automatique de fictions express. Là où Quibi s’était fracassé en tentant d’imposer une expérience premium et coûteuse sur mobile, PineDrama et ses concurrents comme ReelShort ont compris une chose essentielle : l’enjeu n’est pas la qualité cinématographique, mais l’addiction.

    Dans les transports ou entre deux rendez-vous, l’utilisateur ne cherche pas le prochain chef-d’œuvre, mais une décharge narrative immédiate. En internalisant ce format, ByteDance ne vise pas une ambition culturelle. Il cherche à récupérer ces précieuses minutes d’attention qui échappaient encore à son algorithme principal. Une bataille pour le temps de cerveau disponible, où la victoire se joue désormais sur la capacité à livrer un divertissement instantané, sans friction. Reste une inconnue : lorsque la gratuité disparaîtra, le public acceptera-t-il de payer pour ces feuilletons verticaux ? Pour l’instant, PineDrama teste le terrain outre-Atlantique. L’Europe, elle, observe de loin avec attention.
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    Grok devient l’IA officielle du Pentagone ?

    21.1.2026 | 2 Min.
    Après les polémiques à répétition — images sexualisées générées sans consentement, deepfakes explicites, y compris mettant en scène des mineurs — le chatbot Grok confirme sa réputation d’IA hors normes, pour ne pas dire hors cadre. Une intelligence artificielle volontairement permissive, peu filtrée, indifférente aux lignes rouges juridiques et éthiques. Une philosophie assumée par son créateur, Elon Musk, et désormais revendiquée au sommet de l’appareil militaire américain.

    Cette semaine, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration prochaine de Grok dans des systèmes classifiés du Pentagon. Objectif affiché : doter l’armée d’une IA « sans contraintes idéologiques » pour soutenir des usages militaires jugés légitimes. Lors d’un discours tenu devant des employés de SpaceX, au Texas, le message est limpide : l’IA militaire américaine « ne sera pas woke ». Une formule choc, mais parfaitement alignée avec l’ADN de Grok. Cette convergence n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une doctrine stratégique où l’efficacité prime sur le cadre légal, quitte à flirter avec les limites du droit international. Sous l’administration Trump, certaines opérations extérieures ont déjà suscité de lourdes controverses, de l’Amérique latine à la Corne de l’Afrique. Des actions spectaculaires, souvent pensées pour l’impact médiatique immédiat, mais rarement pour leurs conséquences à long terme.

    Dans ce contexte, l’arrivée d’une IA comme Grok pose une question centrale : que se passe-t-il lorsqu’on confie des décisions potentiellement létales à un outil qui ne connaît ni le doute, ni la retenue ? Une IA capable d’analyser froidement des données satellitaires, des flux de renseignement, des réseaux sociaux, puis de proposer des cibles, des scénarios, des méthodes. Une IA qui peut calculer l’acceptabilité politique d’une frappe, intégrer les pertes civiles comme de simples variables, et optimiser une opération sans jamais en questionner la légitimité. Le risque ne s’arrête pas au champ de bataille. Grok pourrait aussi piloter la guerre de l’information, notamment via X, en amplifiant certains récits, en noyant les faits sous des narratifs concurrents, en discréditant témoins et sources gênantes. Pour une machine dépourvue d’éthique, la vérité n’est qu’un paramètre parmi d’autres.

    Le basculement est là : la guerre tend à devenir un processus technique, automatisé, délégué à des systèmes qui n’assument aucune responsabilité. Or une IA n’est ni un officier, ni un décideur politique. Elle ne comparaît pas devant un tribunal. Elle ne rend de comptes à personne. Et pourtant, Grok s’apprête à peser sur des décisions de vie ou de mort. Un choix lourd de conséquences, dont il sera difficile de mesurer — et de corriger — les effets une fois la machine lancée.
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    Amazon lance son cloud européen 100% indépendant ?

    20.1.2026 | 3 Min.
    Amazon franchit un cap stratégique en Europe. Ce jeudi 15 janvier, Amazon Web Services lance officiellement son AWS European Sovereign Cloud, une infrastructure pensée pour répondre aux exigences les plus strictes en matière de souveraineté numérique. La première région ouvre en Allemagne, dans le Brandebourg, avec déjà des extensions prévues en Belgique, aux Pays-Bas et au Portugal via des « Local Zones ». L’investissement est à la hauteur de l’ambition : 7,8 milliards d’euros engagés outre-Rhin pour redessiner le paysage du cloud européen.

    La promesse est simple, presque radicale : ce cloud peut fonctionner en totale autonomie, même en cas de coupure complète avec le reste du réseau mondial d’AWS. Aucune dépendance technique ou opérationnelle hors de l’Union européenne. Les données, métadonnées, factures et comptes clients restent confinés sur le sol européen. L’exploitation est assurée par des équipes locales, sans lien fonctionnel avec les États-Unis, et une copie complète du code source est accessible aux responsables européens en cas d’urgence. Une concession rare de la part d’un hyperscaler américain, conçue pour répondre frontalement aux inquiétudes liées à l’extraterritorialité du droit américain. Cette offre vise clairement les secteurs les plus sensibles : administrations, défense, finance, santé, énergie ou télécoms. Pour ces acteurs, longtemps réticents à migrer vers le cloud public, AWS promet désormais « le meilleur des deux mondes » : la puissance industrielle d’un géant mondial, sans abandon du contrôle juridique et opérationnel. Reste que certains sceptiques continueront de douter de l’étanchéité réelle du dispositif face à une éventuelle pression judiciaire venue de Washington.

    Pour crédibiliser son discours, Amazon a mis en place une architecture juridique inédite. Une société mère allemande chapeaute trois filiales de droit local, toutes dirigées par des citoyens européens. À leur tête, l’Allemand Stefan Hoechbauer, épaulé par le Français Stéphane Israël, ancien patron d’Arianespace. Un conseil consultatif complète le dispositif, avec notamment le général Philippe Lavigne et l’Irlandaise Sinéad McSweeney. Dès son lancement, plus de 90 services sont disponibles, de l’IA au stockage en passant par la cybersécurité. Des acteurs comme EWE AG, l’université Lausitz Carl Thiem ou Sanoma Learning ont déjà signé. Les partenaires historiques d’AWS — Accenture, SAP, Capgemini, Deloitte ou Mistral AI — suivent le mouvement. Pour l’Allemagne, l’enjeu est économique autant que stratégique : 2 800 emplois créés chaque année et un impact estimé à 17,2 milliards d’euros sur le PIB. Un signal fort envoyé à toute l’Europe.
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    CAF : comment fonctionne l’algorithme de contrôle des allocataires ?

    19.1.2026 | 2 Min.
    C’est un geste rare, presque inédit dans l’administration française. Le jeudi 15 janvier, la Caisse nationale des allocations familiales a décidé de lever le voile sur un outil longtemps accusé d’opacité : son algorithme de datamining utilisé pour cibler une partie des contrôles d’allocataires. Code source, variables utilisées, critères écartés, pondérations… tout est désormais public. La CAF parle de DMDE 2026, pour DataMiningDonnées Entrantes, et assume une démarche de transparence totale.

    L’enjeu est de taille. Chaque année, l’institution verse plus de 108 milliards d’euros de prestations à près de 14 millions de foyers. Dans ce contexte, la moindre suspicion de contrôle automatisé injuste alimente la défiance. Consciente de cette fragilité, la CAF a décidé de répondre frontalement aux critiques. Depuis mars 2025, un comité d’éthique indépendant réunit juristes, experts du numérique et représentants des usagers. Son rôle n’est pas symbolique : il examine chaque algorithme, identifie les risques de biais et peut imposer des corrections. Une charte encadre l’ensemble, avec un principe central : l’outil doit assister la solidarité, pas surveiller les allocataires. « Ouvrir, oui, mais avec méthode et responsabilité », résume Nicolas Grivel, directeur général de la CAF.

    À la lecture des documents publiés, un point frappe immédiatement : l’algorithme ne concerne qu’une part infime des contrôles. En 2024, sur 31,5 millions de vérifications, moins de 1 % ont mobilisé ce système. Son rôle est simple : produire un score de risque lorsqu’un trop-perçu potentiel dépasse 600 euros sur six mois. Rien de plus. La décision finale revient toujours à un contrôleur humain. « Ces dossiers restent minoritaires dans notre activité », insiste Thomas Desmoulins, responsable du contrôle à la CNAF. Autre élément clé : ce que l’algorithme ne regarde pas. Les données sensibles — nationalité, sexe, adresse précise, quartier — sont exclues. Les comportements aussi : fréquence de connexion, appels à la CAF, retards administratifs ou contrôles passés n’entrent pas en ligne de compte. L’objectif est clair : éviter toute stigmatisation ou effet boule de neige.

    Ce que le modèle analyse, en revanche, ce sont des éléments factuels : situation professionnelle, composition du foyer, montants perçus, changements récents de statut. Le tout repose sur une méthode statistique classique, la régression logistique, compréhensible et explicable. Pas de boîte noire, donc. Pour la première fois, chacun peut consulter le code et comprendre comment un score est calculé.
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    Le Congrès américain sauve la NASA et son budget ?

    18.1.2026 | 2 Min.
    Difficile, ces derniers mois, d’entrevoir un rayon de soleil dans le paysage politique américain. Et pourtant, contre toute attente, le budget fédéral 2026 adopté par le Congrès offre un répit bienvenu au monde de la recherche. Les parlementaires ont choisi de préserver les grands programmes scientifiques, en particulier ceux de la NASA, mais aussi d’autres agences fédérales clés. Une décision qui tranche nettement avec les intentions initiales de l’administration Trump.

    Au printemps 2025, la Maison-Blanche avait présenté un projet de budget drastique, taillant dans les crédits de l’astrophysique, de l’exploration planétaire ou encore des sciences de la Terre. Autant de domaines jugés coûteux et non prioritaires. Mais au fil des débats, Sénat et Chambre des représentants ont largement revu la copie.
    Résultat : la NASA se voit finalement attribuer environ 24,4 milliards de dollars pour 2026, un niveau de financement qui permet de maintenir l’essentiel des missions prévues, des instruments en cours de construction et des programmes scientifiques déjà engagés. Cette enveloppe garantit une continuité précieuse. Les projets en préparation ne sont pas stoppés, les calendriers restent globalement inchangés et les équipes peuvent travailler sans la crainte d’une interruption brutale. Les programmes d’exploration planétaire, qu’il s’agisse de Mars, des lunes glacées ou des astéroïdes, conservent leurs moyens. En astrophysique, les crédits nécessaires au développement de l’observatoire spatial Nancy Grace Roman sont maintenus, tout comme ceux dédiés à l’étude des exoplanètes et de la cosmologie.

    La décision du Congrès dépasse le seul périmètre de la NASA. La National Science Foundation conserve des financements cohérents avec ses missions de recherche fondamentale et appliquée. La NOAA préserve ses crédits pour la surveillance climatique et les satellites d’observation de la Terre, tandis que le NIST poursuit ses travaux sur les normes et la métrologie, indispensables à l’innovation technologique. Les textes votés encadrent toutefois strictement l’usage de ces fonds. Les agences devront rendre compte de l’avancement des projets, du respect des échéances et de la justification des dépenses. Une contrainte assumée, qui offre en contrepartie une visibilité budgétaire essentielle. Dans un contexte international tendu, ce budget 2026 agit comme un garde-fou : il sécurise la continuité des missions scientifiques américaines et préserve la crédibilité des États-Unis dans les grandes collaborations de recherche mondiales.
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