3425 Episoden
- Le 13 mars 2012, au Texas, la police américaine arrête un automobiliste. Il s'appelle Israel Keyes, il a 34 ans et travaille dans le bâtiment. Derrière cette apparence ordinaire se cache un tueur en série particulièrement atypique, soupçonné d'avoir assassiné onze personnes à travers les États-Unis.
Mais pourquoi son cas est-il si particulier ?
D'abord, parce que contrairement à de nombreux tueurs en série, Israel Keyes ne semblait pas avoir de profil de victime privilégié.
En effet, les enquêteurs recherchent souvent des points communs entre les victimes d'un même criminel : leur âge, leur sexe, leur apparence ou leur situation sociale. Ces ressemblances peuvent permettre de relier plusieurs affaires.
Or, Keyes s'attaquait aussi bien à des hommes qu'à des femmes, parfois à des couples. Ses victimes étaient souvent choisies au hasard, sans aucun lien personnel avec lui.
Autre particularité : son extraordinaire anticipation.
Keyes pouvait préparer ses crimes plusieurs années à l'avance. Lors de ses déplacements, il dissimulait dans différents endroits des États-Unis ce qu'il appelait des « kits de meurtre » : des caches contenant notamment des armes, des outils et de l'argent.
Certains de ces équipements pouvaient rester enterrés pendant deux ans avant d'être utilisés.
Il voyageait ensuite sur de longues distances pour commettre ses crimes. En 2011, par exemple, il quitte l'Alaska, prend l'avion jusqu'à Chicago, puis parcourt environ 1 600 kilomètres en voiture pour rejoindre le Vermont.
Là, il assassine Bill et Lorraine Currier, un couple qu'il ne connaissait absolument pas.
Cette dispersion géographique compliquait considérablement le travail des enquêteurs. Les crimes commis dans différents États pouvaient sembler totalement indépendants.
Mais malgré ces précautions, Keyes finit par commettre une erreur décisive.
En février 2012, il enlève et assassine Samantha Koenig, une jeune femme de 18 ans qui travaillait dans un kiosque à café en Alaska.
Il réclame ensuite une rançon à sa famille et utilise la carte bancaire de sa victime pour retirer de l'argent dans plusieurs États américains.
Or, ces retraits permettent aux policiers de suivre ses déplacements jusqu'au Texas, où il est finalement arrêté.
Pendant ses interrogatoires, Keyes reconnaît plusieurs crimes. Mais le 2 décembre 2012, il se suicide dans sa cellule, emportant avec lui une grande partie de ses secrets.
À ce jour, seules trois de ses victimes ont été formellement identifiées.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - « Mystère et boule de gomme ! » Voilà une expression que l’on utilise lorsqu’on ne comprend pas quelque chose, lorsqu’on ignore la réponse à une question ou lorsqu’on souhaite entretenir un secret. Mais pourquoi associer un mystère à une boule de gomme ? L’histoire de cette formule est particulièrement intrigante, car son origine exacte demeure inconnue.
Commençons par sa signification. Dire « mystère et boule de gomme », c’est une manière plaisante de répondre « je n’en sais rien » ou « je ne vous le dirai pas ». L’expression appartient au registre familier et possède une tonalité enfantine.
Mais quand est-elle apparue ?
Pendant longtemps, les dictionnaires situaient ses premières apparitions littéraires à la fin des années 1940. On la retrouve notamment en 1947 dans un roman de Geneviève Néranval, puis en 1949 dans une pièce d'Henry de Montherlant intitulée Demain il fera jour.
Cependant, des recherches plus récentes ont permis de remonter beaucoup plus loin. L'expression figure dans le journal Le Soleil du 24 septembre 1909, où une chroniqueuse écrit, à propos d'une situation incertaine : « Mystère… et boules de gomme ». Elle existait donc déjà au début du XXe siècle.
Reste à comprendre pourquoi une boule de gomme.
Une première hypothèse fait référence aux voyantes et à leur célèbre boule de cristal. Traditionnellement, cette boule transparente est censée permettre de découvrir l'avenir. Mais remplacez-la par une boule de gomme, parfaitement opaque : impossible d'y voir quoi que ce soit ! Le mystère reste donc entier.
L'explication est amusante, mais aucun document historique ne permet de la confirmer.
Une deuxième hypothèse évoque Jules Verne et son roman Les Cinq Cents Millions de la Bégum, publié en 1879. L'expression serait née d'un jeu de mots transformant « Bégum » en « boule de gomme ». Là encore, aucune preuve solide ne soutient cette interprétation.
Enfin, une troisième piste paraît plus convaincante aux yeux de certains linguistes : celle du langage enfantin.
En effet, les enfants affectionnent les formules absurdes, rythmées et sonores. Associer un mot sérieux, « mystère », à une expression inattendue, « boule de gomme », produit un contraste comique.
Le linguiste Alain Rey évoquait ainsi une probable origine dans le langage codé et fantaisiste des enfants.
D'ailleurs, dès le XIXe siècle, on trouvait des associations tout aussi farfelues, comme « Mystère et jambonneau ! », attestée en 1877.
Finalement, l'explication la plus prudente est celle d'une plaisanterie verbale progressivement entrée dans le langage courant.
Et si vous demandez qui l'a inventée, la réponse est toute trouvée : mystère et boule de gomme !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - « Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. »
Cette célèbre introduction des aventures d’Astérix et Obélix est évidemment une fiction. Pourtant, elle rappelle un épisode historique bien réel : celui d’Uxellodunum, une forteresse gauloise qui résista jusqu’au bout aux armées de Jules César.
Nous sommes en 51 avant Jésus-Christ, un an après la terrible défaite de Vercingétorix à Alésia. La Gaule est presque entièrement soumise à Rome. Mais dans le sud-ouest de l’actuelle France, une dernière poche de résistance refuse de déposer les armes.
Son nom : Uxellodunum.
Il ne s’agit pas d’un simple village, mais d’un oppidum, autrement dit une place forte installée sur une hauteur et naturellement protégée par des falaises. Les archéologues situent aujourd’hui ce site au Puy d’Issolud, dans le département du Lot.
Deux chefs gaulois, Luctérios et Drappès, organisent cette résistance. Face à eux, les légions romaines entreprennent un siège. Mais la forteresse est difficile à prendre : les Gaulois disposent de réserves et surtout d’un accès à l’eau.
César comprend alors que la soif pourrait vaincre les défenseurs plus sûrement que ses soldats.
Il commence par interdire l’accès à la rivière, puis fait creuser des galeries souterraines pour détourner la source qui alimente la forteresse. L’eau vient à manquer. Les assiégés, persuadés que les dieux les abandonnent, finissent par capituler.
Mais la victoire romaine prend une tournure effroyable.
César décide d’épargner la vie des combattants, mais ordonne qu’on leur tranche les mains. Ces hommes mutilés sont ensuite relâchés pour servir d’avertissement à toute la Gaule : voilà ce qui attend ceux qui osent défier Rome.
Ce châtiment terrible est rapporté dans le huitième livre de La Guerre des Gaules, rédigé par Aulus Hirtius, un proche de César.
Uxellodunum marque ainsi l’un des derniers grands épisodes militaires de la conquête romaine de la Gaule.
Alors, s’agit-il vraiment du village d’Astérix ?
Pas exactement. Dans la bande dessinée créée par René Goscinny et Albert Uderzo en 1959, le village se trouve en Armorique, dans l’actuelle Bretagne. La commune d’Erquy, dans les Côtes-d’Armor, est souvent présentée comme une possible inspiration, notamment pour ses paysages côtiers.
En revanche, même si aucun lien direct avec les auteurs n’est établi, Uxellodunum rappelle incontestablement l’esprit d’Astérix : celui d’une poignée de Gaulois déterminés à résister à la puissance de Rome.
À une différence près : dans la réalité, il n’y avait ni potion magique, ni fin heureuse.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Tout commence en juillet 1969, pendant la mission spatiale Apollo 11. Après ses premiers pas sur le sol lunaire, Neil Armstrong prélève rapidement un peu de poussière et quelques fragments de roche. C’est un échantillon de secours. Oui, si les astronautes doivent repartir précipitamment, ils auront au moins rapporté quelque chose sur Terre.
Ensuite ces prélèvements sont placés dans un contenant spécial, lui-même protégé par un sac blanc muni d’une fermeture éclair, marqué « Lunar Sample Return ». Son rôle est notamment de limiter les risques de contamination. Et à l’intérieur resteront quelques grains de poussière lunaire.
Puis, après le retour d’Apollo 11, ce sac entre dans les collections de la NASA. Mais des années plus tard, il se retrouve au Cosmosphere, un musée spatial du Kansas, avant de disparaître.
Une enquête est diligentée, e elle révèle qu’un ancien responsable du musée, Max Ary, a détourné et revendu plusieurs objets liés à la conquête spatiale. Les autorités saisissent alors ses biens, dont le fameux sac. Seulement voilà : à cause d’une erreur d’inventaire, personne ne comprend qu’il provient d’Apollo 11. On le croit lié à une autre mission.
Il est alors mis aux enchères à plusieurs reprises. Mais il ne trouve d’abord aucun acheteur. Finalement, en février 2015, une collectionneuse américaine, Nancy Lee Carlson, l’emporte pour seulement 995 dollars.
Intriguée, elle l’expédie à la NASA pour faire authentifier les traces de poussière présentes à l’intérieur. Surprise : les analyses confirment non seulement leur origine lunaire, mais aussi le lien du sac avec la toute première mission habitée sur la Lune.
La NASA refuse alors de le rendre, estimant qu’un tel trésor historique doit rester propriété de l’État américain. Mais Nancy Carlson saisit la justice. Et en 2016, un juge lui donne raison : la vente, bien qu’organisée à la suite d’une erreur, lui a légalement transféré la propriété du sac.
Enfin, le 20 juillet 2017, exactement quarante-huit ans après le premier alunissage, le sac est vendu chez Sotheby’s, à New York, pour 1 812 500 dollars, frais compris.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Un homme manque de se noyer en essayant de nager. Une fois sauvé, il prend une grande décision : il ne retournera jamais dans l'eau… avant d'avoir appris à nager !
Cette blague pourrait parfaitement être racontée aujourd'hui. Pourtant, elle a environ 1 700 ans ! Elle figure dans le Philogelos, considéré comme le plus ancien recueil de blagues qui nous soit parvenu.
Son titre signifie, en grec ancien, « L'ami du rire ». Il contient environ 265 plaisanteries, certaines étonnamment modernes.
Mais d'où vient ce mystérieux ouvrage ?
Le Philogelos aurait été compilé entre le IIIe et le Ve siècle après Jésus-Christ. Sa date exacte reste discutée. Il est traditionnellement attribué à deux auteurs, Hiéroclès et Philagrios, dont nous ne savons pratiquement rien.
À cette époque, le monde méditerranéen est dominé par l'Empire romain, mais le grec demeure une langue très répandue dans sa partie orientale.
Or, contrairement à ce qu'on pourrait penser, les habitants de l'Antiquité adoraient déjà se raconter des histoires drôles. Certaines circulaient oralement depuis des générations, avant d'être rassemblées dans ce livre.
Et de quoi riaient-ils ?
Eh bien, souvent des mêmes choses que nous !
Le Philogelos se moque des médecins incompétents, des avares, des devins, des maris malheureux ou encore des intellectuels prétentieux.
Ces derniers sont d'ailleurs les principales victimes des plaisanteries. On les appelle les scholastikoi, des hommes instruits, mais tellement enfermés dans leurs raisonnements qu'ils en oublient le bon sens.
Voici un autre exemple.
Un intellectuel, qui manque cruellement d'argent, décide de vendre ses livres. Puis il écrit fièrement à son père : « Bonne nouvelle ! Je commence enfin à vivre de mes livres ! »
L'humour repose donc déjà sur les mêmes mécanismes qu'aujourd'hui : les malentendus, l'absurde, les jeux de mots et les situations ridicules.
Cependant, certaines plaisanteries nous semblent désormais cruelles ou incompréhensibles. Elles reposent sur des préjugés propres à la société antique.
Et c'est précisément ce qui rend le Philogelos si intéressant pour les historiens.
En effet, derrière ces blagues apparaissent les préoccupations de la vie quotidienne : l'argent, le mariage, la maladie, les relations sociales ou encore la réputation.
Une dernière précision : le Philogelos n'est pas nécessairement le premier livre de blagues jamais écrit. D'autres recueils existaient auparavant, mais ils ont disparu.
Il est simplement le plus ancien conservé.
Et il nous rappelle une chose fascinante : si les civilisations changent, notre goût pour le ridicule, lui, traverse les siècles.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Weitere Bildung Podcasts
Trending Bildung Podcasts
Über Choses à Savoir - Culture générale
Développez votre culture générale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Podcast-WebsiteHöre Choses à Savoir - Culture générale, {ungeskriptet} - Der Meinungsfreiheit verpflichtet. und viele andere Podcasts aus aller Welt mit der radio.at-App

Hol dir die kostenlose radio.at App
- Sender und Podcasts favorisieren
- Streamen via Wifi oder Bluetooth
- Unterstützt Carplay & Android Auto
- viele weitere App Funktionen
Hol dir die kostenlose radio.at App
- Sender und Podcasts favorisieren
- Streamen via Wifi oder Bluetooth
- Unterstützt Carplay & Android Auto
- viele weitere App Funktionen


Choses à Savoir - Culture générale
Code scannen,
App laden,
loshören.
App laden,
loshören.
Choses à Savoir - Culture générale: Zugehörige Podcasts




























