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Gregory Pouy
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    #393 Sommes-nous tous devenus égoîstes malgré nous? Avec Camille Peugny

    05.05.2026 | 1 Std. 12 Min.
    Camille Peugny est sociologue et auteur du livre Le triomphe des égoïsmes. Il y a des chercheurs qui vous donnent des concepts nouveaux pour regarder ce que vous voyez déjà tous les jours, et Camille est clairement de ceux-là.
    Dans cet épisode, nous parlons de la différence entre individualisme et égoïsme, et pourquoi cette distinction change tout. L'individualisme, ça fait un siècle que les sciences sociales le documentent. L'égoïsme, c'est autre chose : c'est la croyance que les individus sont seuls responsables de leur parcours, de leur succès comme de leur échec. Et quand cette croyance se diffuse à grande échelle parmi les classes moyennes supérieures, elle devient une contrainte sociale qui nuit à la cohésion de tout le pays.
    J'ai questionné Camille sur comment on en est arrivé là, sur le rôle du capitalisme de plateforme dans la marchandisation du lien social, sur la conscience sociale triangulaire qui pousse les classes populaires à voter contre leurs propres intérêts, sur les femmes de ménage contraintes de devenir les auto-entrepreneuses de leur propre précarité, et sur la bombe à retardement des héritages qui va creuser un fossé béant entre ceux qui maîtrisent l'avenir et les autres.
    Ce qui m'a frappé dans cet épisode, c'est que Camille ne fait pas de la sociologie pour accabler les gens. Il fait de la sociologie pour rappeler une évidence qu'on a collectivement perdu de vue : on est membre d'un tout, et nos actes ont des conséquences sur les autres.

    Citations marquantes
    "Quand l'État social se retire, ce qui reste des relations sociales, c'est l'égoïsme comme contrainte sociale généralisée."
    "Ces classes populaires sont contraintes de devenir les auto-entrepreneuses de leur propre précarité."
    "Je suis égoïste lorsque j'agis en pensant uniquement à mon intérêt, en sachant pertinemment que cela détériore la situation d'autres personnes, et je l'assume au nom d'une croyance en mon mérite individuel."
    "On veut tous un village autour de soi, mais pas grand monde veut être un villageois."
    "Il manque un discours politique crédible qui parvient à articuler les différentes demandes qui s'expriment dans la société française vers un autre horizon que celui de cette compétition acharnée, permanente."
    Idées centrales discutées
    L'égoïsme n'est pas moral, il est sociologique L'égoïsme n'est pas une question de mauvaises personnes. C'est une contrainte que la société fabrique à travers la concurrence généralisée. On est tous tour à tour altruistes et égoïstes selon les circonstances. Ce qui a changé, c'est le système qui pousse structurellement vers l'un des deux. Pourquoi ça compte : ça déplace la responsabilité de l'individu vers le système, ce qui change radicalement la façon dont on peut agir. Timestamp approximatif : 00:05:20 à 00:06:30
    La marchandisation du lien social On a financiarisé des gestes qui créaient du ciment social : aller chercher quelqu'un à l'aéroport, déménager ensemble, garder les enfants d'un voisin. En monétisant ces moments, on a supprimé les occasions de se sentir interdépendants. L'État-providence a joué le même rôle paradoxal : en nous protégeant, il nous a permis de nous émanciper des solidarités traditionnelles. Pourquoi ça compte : on ne voit pas que ce qu'on appelle "liberté" est parfois la destruction silencieuse du tissu social. Timestamp approximatif : 00:10:20 à 00:14:00
    Le virage à droite des classes moyennes supérieures Il y a 40 ans, les cadres votaient plutôt à gauche parce qu'ils venaient des classes populaires. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus issus de classes moyennes supérieures et ont intégré le logiciel néolibéral : mérite individuel, responsabilité personnelle, concurrence. 60 % des cadres expliquent désormais les inégalités par le mérite individuel, contre une majorité qui les attribuait aux hasards de la naissance il y a quinze ans. Pourquoi ça compte : ce glissement idéologique a des conséquences électorales directes et durables. Timestamp approximatif : 00:30:00 à 00:34:00
    La conscience sociale triangulaire Avant, les classes populaires voyaient le monde en deux blocs : "nous les petits" contre "eux les riches". Aujourd'hui la vision est devenue ternaire : il y a un troisième pôle, "eux les assistés", qui polarise la colère vers le bas plutôt que vers le haut. C'est ce qui explique en partie le vote RN parmi des gens qui ne sont pas les premiers bénéficiaires du programme. Pourquoi ça compte : comprendre ce mécanisme est indispensable pour comprendre la politique française actuelle. Timestamp approximatif : 00:35:00 à 00:37:00
    La bombe des héritages D'ici 2035, 9000 milliards d'euros vont être transmis en France par les premières générations du baby-boom. Couplé à une polarisation du marché du travail entre emplois très qualifiés et emplois précaires, et à un marché immobilier inaccessible sans apport familial, cela va creuser une fracture massive entre héritiers et non-héritiers. Ce n'est pas seulement une question d'argent : c'est une question de qui peut se projeter dans l'avenir et qui vit dans l'angoisse du lendemain. Pourquoi ça compte : la prochaine grande ligne de fracture sociale ne sera pas le diplôme, ce sera l'héritage. Timestamp approximatif : 00:57:37 à 01:01:00

    Questions posées dans l'interview
    Parmi tous les sujets possibles en sociologie, pourquoi avoir choisi l'égoïsme ?
    Est-ce que tu te considères toi-même comme un égoïste ?
    Comment définir concrètement l'égoïsme pour quelqu'un qui se dit très généreux ?
    Est-ce qu'on peut être égoïste sans le savoir ? Commander sur Uber Eats sans penser au livreur sous la pluie, c'est de l'égoïsme ?
    On veut tous un village, mais personne ne veut être villageois : est-ce qu'on n'a pas simplement marchandisé le lien social ?
    Quelle est la vraie différence entre individualisme et égoïsme ?
    Pourquoi te concentres-tu sur les classes moyennes supérieures plutôt que sur les 1 % les plus riches ?
    Est-ce que tu as observé des différences selon le genre ou selon l'âge dans les comportements égoïstes ?
    Pour les classes populaires, cet égoïsme est-il une résignation ou une rationalité de survie ?
    Comment fait-on machine arrière, individuellement et collectivement ?

    Références citées dans l'épisode
    Ouvrages et auteurs
    Le triomphe des égoïsmes de Camille Peugny (l'invité) — livre au cœur de l'épisode
    Émile Durkheim — cité pour sa théorisation sociologique de l'altruisme et du suicide altruiste (00:03:30)
    Alexis de Tocqueville — cité pour son concept d'individualisme lié à la démocratie (00:04:10)
    Robert Castel, Les Métamorphoses de la question sociale (1995) — cité pour sa réflexion sur le retrait de l'État social et le "struggle for life" (00:13:30)
    Olivier Schwartz — cité pour le concept de "conscience sociale triangulaire" (00:35:50)
    Zeeman (sociologue allemand du tournant du XXe siècle) — cité pour son analyse des classes moyennes comme vecteur de diffusion des valeurs (00:28:30)
    Scarlett Saldmann — citée pour le concept de "tournant personnel du capitalisme" (00:39:20)
    Pierre Bourdieu — cité pour son analyse des élites entre grand patron et intellectuel (00:48:40)
    Nicolas Dubout — cité pour son livre sur la différence entre classes populaires (angoisse du lendemain) et héritiers (maîtrise de l'avenir) (01:06:40)
    Mélanie Prouvée (nom cité avec doute) — citée pour un livre récent sur la fiscalité des héritages (01:02:20)
    Entrez rêveurs, sortez managez — livre sur les écoles de commerce, auteur journaliste (00:37:50)
    Zoé Boucherie — doctorante citée pour ses travaux sur le rapport au risque climatique des classes supérieures (00:16:30)
    Luc Ruban — politiste cité pour une enquête montrant que 20 % des enseignants votent RN (00:48:50)
    Références politiques et économiques
    Fondation Jean Jaurès — source du chiffre de 9000 milliards d'euros d'héritages d'ici 2035 (00:57:50)
    INSEE, enquête emploi — source des données sur l'origine sociale des classes moyennes supérieures (00:32:50)
    Législatives françaises de 2024 / dissolution — cité pour illustrer le glissement idéologique des élites économiques (00:50:40)
    Antoine Fouché — invité précédent du podcast, cité pour ses analyses sur l'immobilier et la fiscalité (00:34:20)

    Timestamps clés (optimisés YouTube)
    00:00:00 - Introduction Présentation de l'épisode et de Camille Peugny, sociologue auteur du Triomphe des égoïsmes.
    00:01:45 - Pourquoi l'égoïsme plutôt que l'individualisme ? Camille explique pourquoi le concept d'individualisme ne suffisait plus pour décrire ce qu'il observait dans la société française. L'égoïsme est un mot moralement chargé, mais Durkheim l'a déjà fait avec l'altruisme. Ce qui change ici, c'est l'idée que les comportements égoïstes ne font pas que se replier sur soi : ils agissent activement sur la société.
    00:05:20 - "Est-ce que tu es toi-même un égoïste ?" Réponse désarmante : on est tous tour à tour altruistes ou égoïstes. Ce qui compte, c'est que la société fabrique de l'égoïsme via la concurrence généralisée. Le sous-titre du livre "une nouvelle contrainte sociale" est là pour ça.
    00:08:00 - La définition précise de l'égoïsme Une phrase courte et tranchante : agir en pensant uniquement à son intérêt en sachant que ça détériore le sort d'autrui, et l'assumer au nom d'une croyance en son mérite individuel.
    00:10:20 - On a marchandisé le lien social L'exemple de l'aéroport, du déménagement, de la nounou : on a financiarisé des gestes qui créaient de l'interdépendance. Réponse de Camille via Robert Castel : l'État-providence lui-même a été un vecteur d'individualisation paradoxal.
    00:16:00 - Le déni climatique des classes supérieures Elles ne nient pas le problème. Elles le lisent à travers le logiciel néolibéral : tri des déchets, vélo, "le progrès technique va nous sauver". Pas de remise en cause systémique.
    00:27:10 - Pourquoi les classes moyennes supérieures sont au cœur du livre Elles diffusent les valeurs, elles votent plus que les autres, et leurs attitudes ont radicalement changé en 40 ans. De gauche héritée à droite assumée.
    00:33:55 - Le virage à droite des cadres : 4 raisons Première raison : leur origine sociale s'est élevée, elles ont perdu le souvenir des valeurs populaires. Deuxième raison : les écoles de commerce diffusent un logiciel individualisant. Troisième raison : le monde du travail s'est individualisé (compétences, coaching, entrepreneuriat de soi).
    00:35:00 - La conscience sociale triangulaire Le concept d'Olivier Schwartz : avant "nous" contre "eux les riches", aujourd'hui "nous", "eux les riches" ET "eux les assistés". Ce troisième pôle capte la colère et oriente le vote vers le bas plutôt que vers le haut. C'est redoutable.
    00:41:30 - Les classes populaires, auto-entrepreneuses de leur précarité L'exemple des femmes de ménage : carrières entières faites de petits jobs précaires, travail non déclaré, calculs de court terme qui se retournent contre elles à la retraite. Ce n'est pas de la paresse, c'est de la survie.
    00:46:20 - Les jeunes sont-ils vraiment plus individualistes ? Non. Les données ne montrent pas de clivage entre jeunes et vieux, mais entre diplômés et non-diplômés. Un jeune cadre de 23 ans ressemble plus à un cadre de 50 ans qu'à un jeune décrocheur de son âge.
    00:53:50 - L'enquête sur les femmes de ménage Une commande syndicale de la CFDT pour comprendre pourquoi l'action collective est si difficile dans ce secteur. Surprise : ces femmes ne veulent pas de plannings complets 35h. Elles préfèrent gérer elles-mêmes, à court terme. Elles se vivent comme leur propre patronne. Et elles finissent au minimum vieillesse.
    00:58:45 - 9000 milliards d'euros d'héritages d'ici 2035 Le chiffre qui fait froid dans le dos. Couplé à la polarisation de l'emploi et au marché immobilier inaccessible, c'est une fracture béante entre ceux qui héritent et les autres. Une "usine à frustrations, à ressentiments et à colère profonde."
    01:07:00 - Ce qui donne envie du futur Réponse sincère et un peu hésitante de Camille : les générations futures sont plus éduquées, plus exigeantes. La matière sociale est malléable. Le Covid a prouvé qu'on peut applaudir des éboueurs. Rien n'est jamais écrit.

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? Avec Pablo Servigne (partie 1) (https://audmns.com/WMxgIMf)

    Vlan #28 Créer un mouvement communautaire mondial à partir d’un hashtag avec Youmna ChamCham (https://audmns.com/OZTndPj)

    L'individualisme nous tue-t-il a petit feu? partie 1 avec Hugo Paul (https://audmns.com/ntXDwdf)

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    [Moment] Comment réduire le bruit qui nous fatigue avec Marc de Smedt

    30.04.2026 | 11 Min.
    Marc de Smedt, éditeur, auteur et figure de la transmission des sagesses orientales en France. Son livre L'Âge du silence, en est à sa 17ème réédition, et ce chiffre dit tout.
    J'ai rencontré Marc à une période où le bruit extérieur, les réseaux, l'info en continu, rend la moindre pause suspecte. Ce qui m'a frappé chez lui, c'est qu'il ne survend rien. Pas de méthode en 7 étapes, pas de promesse de transformation. Juste une façon de poser les choses avec une évidence déconcertante, celle de quelqu'un qui a passé des décennies à explorer ce que le silence a réellement à nous offrir.
    Dans cet épisode, nous parlons de la respiration comme premier ancrage, du silence comme espace de communication à part entière, et de ce que les cultures orientales ont compris que nous, en Occident, résistons encore à accepter. J'ai aussi questionné Marc de Smedt sur notre rapport aux réseaux sociaux, sur le regard comme langage silencieux, et sur pourquoi le silence nous fait si souvent peur.
    Citations marquantes
    "Il ne faut pas du tout croire qu'en méditation on va atteindre quelque chose. Ce n'est pas du tout un but, le fait de ne pas penser." (03:37)
    "On entre dans une pièce, on met tout de suite de la musique, au lieu de se poser, profiter du silence de la pièce." (05:24)
    "Dans une conversation, un ange passe. Et qu'est-ce qu'on fait ? On sort la mitraillette à parole et on tue l'ange." (06:28)
    "Le silence, c'est une sorte de concept qui recouvre un arrière-fond permanent avec lequel nous ne nous connectons pas et nous ne savons pas nous connecter." (11:17)
    "Ce qui est important, c'est de savoir débrancher. C'est ça aussi le silence : ne plus être connecté tout le temps." (09:12)
    Big Ideas
    1. La technique des voyelles comme porte d'entrée vers la conscience du souffle Timestamp : 00:52 à 03:35 Émettre chaque voyelle jusqu'au bout du souffle, trois fois de suite. Marc de Smedt décrit cette méthode comme sa première expérience de méditation, trouvée par hasard dans un opuscule d'un professeur de yoga belge à Ibiza. Ce qui la rend forte : elle est accessible à tout le monde, des enfants aux personnes âgées grabataires, et elle produit ce qu'il appelle "une douche psychique" immédiate.
    2. Le silence n'est pas l'absence de bruit, c'est une forme de présence Timestamp : 04:36 à 07:39 Le silence comme espace entre deux bruits, comme le montage audio qui cherche le vide pour que quelque chose prenne forme. Marc de Smedt élargit cette idée à la communication humaine : dans les cultures orientales, le silence dans une assemblée n'est pas un vide à combler, c'est un moment de présence partagée. L'expression japonaise Ichin Denshin, de mon âme à ton âme, résume cette idée : on peut communiquer sans parler.
    3. Débrancher est une forme de pratique, pas un luxe Timestamp : 08:22 à 09:35 Face aux réseaux sociaux, Marc de Smedt ne propose pas de les fuir mais de décider consciemment des moments où on s'y connecte et de ceux où on ne le fait pas. Ce n'est pas une critique des outils mais une réclamation de l'espace intérieur face à l'injonction permanente de réagir et de prendre position.
    Questions posées dans l'interview
    Comment apprendre à respirer concrètement, avec des exercices accessibles à tous ?
    Quelle est la technique des voyelles et comment la pratiquer ?
    En méditation, faut-il chercher à ne plus penser ?
    Le silence, c'est juste l'espace entre deux bruits ?
    Pourquoi le silence nous fait-il peur ?
    Qu'est-ce que les cultures orientales ont compris du silence que l'Occident refuse encore ?
    Sur les réseaux sociaux, faut-il avoir un avis sur tout ?
    Comment gérer le bruit informationnel quotidien ?
    Le langage des yeux est-il une forme de silence ?
    Qu'est-ce que votre livre L'Âge du silence explore sur ces différents types de silences ?
    Références citées
    Livres
    L'Âge du silence, Marc de Smedt. Mentionné directement, en est à sa 17ème réédition. (10:23)
    Un "petit opuscule" d'un professeur de yoga belge, non nommé, source de la technique des voyelles. (01:42)
    Concepts et expressions culturelles
    Ichin Denshin, expression japonaise signifiant "de mon âme à ton âme", communication silencieuse. (06:28)
    "Un ange passe", expression française sur les silences dans une assemblée. (06:28)
    Lieux et contextes
    Ibiza dans les années 1960-70, décrite comme sauvage et paradisiaque, avant sa transformation actuelle. (01:42)
    Timestamps clés (format YouTube)
    00:00 Introduction : qu'est-ce qu'un "Moment" VLAN! 00:20 Le bruit des réseaux et de l'info en continu : comment en sortir ? 00:52 La technique des voyelles : respirer jusqu'au bout du souffle 02:44 Ce que Marc de Smedt a ressenti la première fois : "une douche psychique" 03:35 Méditer sans chercher à atteindre quelque chose 04:36 Le silence comme espace entre deux bruits 05:24 Pourquoi le silence nous angoisse 06:28 "On sort la mitraillette à parole et on tue l'ange" 07:39 Ce que l'Orient nous apprend du silence 08:22 Réseaux sociaux : critiquer la haine, pas l'outil. Mais savoir débrancher 09:35 Le langage des yeux comme forme de silence 10:23 L'Âge du silence et les différents types de silences 11:17 Le silence comme arrière-fond permanent auquel on ne se connecte plus

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    #392 Comment la paix pourrait encore émerger au Moyen-Orient? Avec Yasmina Asrarguis (partie 2)

    28.04.2026 | 32 Min.
    Yasmina Asrarguis est une ancienne diplomate et doctorante spécialiste du Moyen-Orient, autrice de "Le mirage de la paix". C'est également une personne que je connais depuis un moment et je suis son travail de près.
    Son livre est construit sur des archives diplomatiques inédites, des conversations téléphoniques entre présidents, et des années d'enquête sur les coulisses de ce conflit que tout le monde commente et que presque personne ne comprend vraiment.
    Il est rare que je reçoive quelqu'un qui cumule à la fois l'expérience du terrain diplomatique, la rigueur académique et la capacité à tout remettre dans un récit qui tient. Avec Yasmina, on s'est connus avant qu'elle sorte ce bouquin, et je savais que cette conversation allait être différente. Elle est jeune, femme, maghrébine, et elle parle d'un sujet que la diplomatie a toujours réservé aux hommes d'un certain âge. C'est déjà en soi quelque chose.
    Dans cet épisode, nous parlons des deux grandes forces qui rendent la paix impossible aujourd'hui : les idéologues messianiques (des deux côtés) et les acteurs opportunistes qui font de la géopolitique comme on fait des affaires.
    J'ai questionné Yasmina sur pourquoi le 7 octobre était en réalité une réponse à un accord de paix qui était sur le point d'être signé, sur ce que Kissinger avait vraiment compris que personne n'a retenu, sur l'enrichissement personnel de Trump comme boussole de sa politique étrangère, et sur ce qui, malgré tout, lui donne envie du futur dans cette région.
    Citations marquantes
    "Tant qu'on aura des idéologues d'une part, et des acteurs fortement opportunistes qui ont le pouvoir dans certaines capitales, il sera extrêmement compliqué de voir advenir une paix civilisationnelle."
    "Le 7 octobre, c'est véritablement le conseil du Hamas qui se réunit pour une réunion d'urgence et qui dit : il nous faut agir extrêmement vite pour empêcher la reconnaissance."
    "Le business peut générer de la dépendance. Mais pas de la confiance. Ce ne sont pas les mêmes acteurs."
    "On est passé d'une Amérique où il y avait cette idée de rêve américain. Aujourd'hui, c'est juste le rêve de Trump."
    "Ce que l'on voit à savoir la guerre, le sang, la revanche — ce n'est pas le lot commun du Moyen-Orient. C'est aussi une région de beauté infinie, d'une jeunesse pleine de rêves."
    Grandes idées discutées
    1. Idéologues vs opportunistes : le cocktail qui rend la paix impossible (~0:05:35 – 0:09:44) D'un côté les messianismes (évangélique américain, religieux israélien, islamiste arabe). De l'autre, une "business diplomacy" trumpiste qui traite la région comme un marché. Ces deux logiques s'excluent mutuellement — et aucune ne pense aux populations. Tant que ce duo est aux commandes, la paix n'est pas un horizon réel.
    2. La paix par la prospérité, puis la paix par la force — deux échecs annoncés (~0:09:57 – 0:13:00) Trump a d'abord testé la "paix par la prospérité" (accords d'Abraham). Après le 7 octobre, il est passé à la "paix par la force" (guerres en Iran). Aucune des deux n'intègre les populations civiles. C'est une géopolitique de businessmen qui ignorent que la paix se construit avec les gens, pas autour d'eux.
    3. Le 7 octobre comme réponse directe à la normalisation saoudienne (~1:04:00 – 1:07:38) Ce que j'ignorais et que Yasmina documente dans son livre : le Hamas a lancé les attaques du 7 octobre en réaction directe à la normalisation imminente entre Israël et l'Arabie Saoudite. MBS était apparu sur Fox News pour dire que la reconnaissance était prochaine. Le Hamas ne pouvait pas atteindre les dirigeants, alors il a frappé la population civile pour créer une surréaction qui rendrait la normalisation impossible. Deux ans après, ça a marché.
    4. Trump, l'enrichissement personnel comme boussole géopolitique (~0:48:15 – 0:55:54) Ce n'est pas une thèse complotiste — c'est documenté. Avant chaque déplacement dans la région, c'est le fils de Trump qui signe les contrats. Des achats de drones et d'hydrocarbures dans le premier cercle présidentiel quelques jours avant la guerre en Iran. Un avion présidentiel offert par le Qatar. Une rivière à 40 km de Doha. Yasmina le dit avec des chiffres, pas des opinions.
    5. La confiance ne se bâtit pas avec des contrats, mais avec de l'éducation et de la culture (~1:09:09 – 1:13:35) L'exemple franco-allemand est là : personne en 1945 n'aurait parié sur cette réconciliation. Ce qui a marché, ce n'est pas le business. C'est Erasmus, l'apprentissage des langues, la codépendance culturelle. C'est ça que le Moyen-Orient n'a pas encore eu le droit d'expérimenter.
    6. Hamas et gouvernance par la peur — le paradoxe des sondages (~0:56:41 – 1:01:02) Un chiffre contre-intuitif : l'adhésion au Hamas est plus forte dans les territoires gouvernés par l'Autorité palestinienne que dans ceux gouvernés par le Hamas lui-même. Les populations qui vivent sous le régime connaissent la réalité. Celles qui n'y sont pas ont encore le fantasme. Même mécanique qu'en Iran.
    7. La jeunesse comme seule vraie variable d'espoir (~1:17:49 – 1:21:48) Pas le business. Pas les PDG. La jeunesse — diplomates de 30 ans, entrepreneurs locaux, femmes qui prennent la parole. Une région qui est aussi de beauté et de rêves, pas seulement de destruction. C'est la seule chose qui donne envie du futur à Yasmina. Et après cette conversation, à moi aussi.
    Questions posées dans l'interview
    C'est quoi, selon toi, les dynamiques dans le Moyen-Orient que la majorité des gens ne comprennent pas ?
    Quand ils parlent de paix, dans aucun des cas ils envisagent les humains qui sont sur place — tu confirmes ?
    Est-ce que le gouvernement Netanyahou est symétrique à l'Iran dans sa logique messianique ?
    Y a-t-il vraiment une scission profonde dans la société israélienne, ou c'est du bruit médiatique ?
    Pourquoi un certain nombre de personnes de confession juive ne sont pas nécessairement sionistes ?
    Est-ce juste de dire que l'État d'Israël est né de l'antisémitisme européen ?
    Quel a été le rôle de la guerre froide dans la région, et comment Kissinger a tout changé ?
    Comment le Hamas a réussi à prendre autant de pouvoir en Palestine ?
    Y a-t-il une volonté réelle d'une solution à deux États, côté Netanyahou, côté Hamas, côté Hezbollah ?
    Qu'est-ce qui te donne envie du futur dans cette région, malgré tout ce qu'on vient de dire ?
    Références citées
    Livres
    Le mirage de la paix — Yasmina Asraragiz (son propre livre, fil rouge de l'entretien)
    Accords et documents historiques
    Déclaration Balfour (document britannique autorisant la création d'un État israélien) — ~0:31:46
    Accords d'Oslo (Israël / Autorité palestinienne, Rabin / Arafat) — ~1:02:49
    Accords de Camp David (Israël / Égypte, Sadat / Begin) — ~1:03:30
    Accords d'Abraham (normalisation entre Israël et pays arabes) — ~0:10:30
    Personnalités historiques
    Théodore Herzl (fondateur du sionisme) — ~0:28:09
    Henry Kissinger (diplomatie navette, guerre de Yom Kippour) — ~0:37:27 et ~0:39:52
    Anwar Sadat (assassiné après Camp David) — ~1:03:36
    Yitzhak Rabin (assassiné après Oslo) — ~1:02:49
    Golda Meir — ~0:40:19
    Ben Gurion — ~0:29:00
    Personnalités contemporaines
    Charlie Kirk (messianisme évangélique US) — ~0:05:35
    Donald Trump et Jared Kushner — ~0:46:00 / ~0:48:15
    Steve Witkoff (envoyé spécial US au Moyen-Orient) — ~0:07:00
    Mohamed Ben Salman (MBS) — ~1:04:30
    Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich (extrême droite israélienne) — ~0:26:00
    Netanyahou — multiple occurrences
    Reza Pahlavi (cité comme potentiel successeur du régime iranien) — ~0:13:00
    Événements
    Guerre de Yom Kippour (1973) — ~0:38:00
    Guerre des Six Jours — ~0:39:52
    Guerre civile libanaise / guerres israélo-libanaises — ~0:19:50
    7 octobre 2023 — ~1:04:00
    Embargo pétrolier arabe de 1973 — ~0:38:30
    Crise du canal de Suez — ~0:43:10
    Afghanistan / Al-Qaïda / talibans (financement CIA) — ~0:43:29
    Institutions
    ONU / Conseil de sécurité — ~0:14:07
    FINUL (force de l'ONU au Liban) — ~0:20:30
    Congrès américain — ~1:05:00
    Timestamps clés (optimisés YouTube)
    00:00 — Introduction Gregory présente le podcast et pose la question fondatrice : peut-on encore se réjouir du futur ?
    00:34 — Qui est Yasmina ? Ancienne diplomate, doctorante, autrice du Mirage de la paix. Gregory souligne la rareté : une femme jeune, maghrébine, qui parle de géopolitique avec une expertise rare.
    02:00 — Pourquoi si peu de femmes dans l'analyse géopolitique ? Yasmina explique le coût psychique de ce domaine et comment les femmes s'auto-excluent d'un sujet porté historiquement par des hommes.
    05:35 — Les deux forces qui bloquent la paix Idéologues messianiques (US, Israël, monde arabe) d'un côté. Business diplomacy opportuniste de l'autre. Aucun ne pense aux populations.
    09:57 — Paix par la prospérité vs paix par la force Les deux doctrines Trump expliquées. Pourquoi aucune ne peut produire une vraie paix durable.
    14:07 — Israël et Iran : guerre existentielle Les deux camps croient jouer leur survie. Quand vous êtes en mode existentiel, le droit international ne compte plus.
    27:41 — Origines du sionisme et débat interne Herzl, les rabbins anti-sionistes, la gauche soviétique : l'histoire du sionisme que personne ne raconte vraiment.
    31:46 — L'État d'Israël est-il né de l'antisémitisme européen ? La déclaration Balfour, ses motivations réelles, les Juifs instrumentalisés. Yasmina répond avec les archives.
    37:27 — Kissinger et le pivot américain vers le Moyen-Orient Guerre de Yom Kippour, embargo pétrolier, naissance de la diplomatie navette. Le moment où les US ont compris l'enjeu.
    48:15 — Trump : enrichissement personnel comme boussole géopolitique Chiffres, contrats, famille, avion qatari. Yasmina documente ce qui est souvent dit mais rarement démontré.
    56:41 — Comment le Hamas a pris Gaza Gouvernance par la peur, assassinats politiques, et le paradoxe des sondages : l'adhésion au Hamas est plus forte là où il ne gouverne pas.
    1:04:00 — Le 7 octobre comme réponse à la normalisation saoudienne La révélation centrale du livre. Le Hamas a frappé pour empêcher un accord de paix imminent entre Israël et l'Arabie Saoudite.
    1:09:09 — Ce qu'il faudrait vraiment pour une paix Moins d'idéologues, moins de business. Plus d'éducation, de culture, de codépendance humaine. L'exemple franco-allemand.
    1:14:52 — Le rôle du Maroc et des pays du Maghreb La relation Maroc-Israël analysée : démographie partagée, coopération sécuritaire, projets culturels. Un cas à part dans la région.
    1:17:49 — Ce qui donne envie du futur : la jeunesse Des diplomates de 30 ans, une jeunesse qui rêve, un Moyen-Orient de beauté que la guerre cache. La seule vraie variable d'espoir.
    1:21:54 — VLAN final Claquer la porte au messianisme. L'ouvrir à la jeunesse moyenne-orientale et aux défenseurs de la paix.

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    📣 V­lan! présente Mlle Pitch ON AIR - S3 - #8 Aixploreuse : L’aventure au féminin

    28.04.2026 | 21 Min.
    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Mlle Pitch ON AIR de Agence Mlle Pitch ici
    S3 - #8 Aixploreuse : L’aventure au féminin

    Dans cet épisode de Mlle Pitch On Air, Magali Faget reçoit Émilie Robert, fondatrice d’Aixploreuse, une agence d’aventure outdoor 100% féminine. Ensemble, elles explorent comment réinventer l’aventure pour les femmes, en remplaçant la compétition par la bienveillance et la performance par la découverte.
    Ancienne sportive de haut niveau en tennis, Émilie Robert revient sur le déclic qui a donné naissance à AixPloreuses : l’envie de créer un espace où les femmes osent s’aventurer sans peur ni jugement. Après une carrière en marketing digital et une passion pour le trail, elle offre aujourd’hui aux femmes, des escapades locales ou lointaines, accessibles, solidaires et respectueuses de la nature.
    Au micro de Magali Faget, Émilie partage les valeurs qui animent AixPloreuses, notamment : La sororité avec des expériences entre femmes, où l’authenticité et l’échange priment sur la compétition. Mais aussi le souci de l’impact environnemental grâce à une logique de mobilité douce (covoiturage, train) et des aventures majoritairement locales.
    Cet épisode parlera à toutes les femmes en quête d’évasion et de confiance en elles. Il sera plein de sens également pour celles qui rêvent de concilier aventure, bienveillance et respect de la planète. Découvrez l’histoire d’Émilie Robert, qui prouve qu’il est possible de réinventer l’exploration en y intégrant douceur, collectivité et impact positif.

    Mlle Pitch On Air, histoire d’impact, le podcast où Magali Faget donne la parole à ceux qui font bouger les lignes. Disponible sur toutes les plateformes !


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    #392 Comment la paix pourrait encore émerger au Moyen-Orient? avec Yasmina Asrarguis (partie 1)

    28.04.2026 | 51 Min.
    Yasmina Asrarguis est une ancienne diplomate et doctorante spécialiste du Moyen-Orient, autrice de "Le mirage de la paix". C'est également une personne que je connais depuis un moment et je suis son travail de près.
    Son livre est construit sur des archives diplomatiques inédites, des conversations téléphoniques entre présidents, et des années d'enquête sur les coulisses de ce conflit que tout le monde commente et que presque personne ne comprend vraiment.

    Il est rare que je reçoive quelqu'un qui cumule à la fois l'expérience du terrain diplomatique, la rigueur académique et la capacité à tout remettre dans un récit qui tient. Avec Yasmina, on s'est connus avant qu'elle sorte ce bouquin, et je savais que cette conversation allait être différente. Elle est jeune, femme, maghrébine, et elle parle d'un sujet que la diplomatie a toujours réservé aux hommes d'un certain âge. C'est déjà en soi quelque chose.
    Dans cet épisode, nous parlons des deux grandes forces qui rendent la paix impossible aujourd'hui : les idéologues messianiques (des deux côtés) et les acteurs opportunistes qui font de la géopolitique comme on fait des affaires.
    J'ai questionné Yasmina sur pourquoi le 7 octobre était en réalité une réponse à un accord de paix qui était sur le point d'être signé, sur ce que Kissinger avait vraiment compris que personne n'a retenu, sur l'enrichissement personnel de Trump comme boussole de sa politique étrangère, et sur ce qui, malgré tout, lui donne envie du futur dans cette région.
    Citations marquantes
    "Tant qu'on aura des idéologues d'une part, et des acteurs fortement opportunistes qui ont le pouvoir dans certaines capitales, il sera extrêmement compliqué de voir advenir une paix civilisationnelle."
    "Le 7 octobre, c'est véritablement le conseil du Hamas qui se réunit pour une réunion d'urgence et qui dit : il nous faut agir extrêmement vite pour empêcher la reconnaissance."
    "Le business peut générer de la dépendance. Mais pas de la confiance. Ce ne sont pas les mêmes acteurs."
    "On est passé d'une Amérique où il y avait cette idée de rêve américain. Aujourd'hui, c'est juste le rêve de Trump."
    "Ce que l'on voit à savoir la guerre, le sang, la revanche — ce n'est pas le lot commun du Moyen-Orient. C'est aussi une région de beauté infinie, d'une jeunesse pleine de rêves."
    Grandes idées discutées
    1. Idéologues vs opportunistes : le cocktail qui rend la paix impossible (~0:05:35 – 0:09:44) D'un côté les messianismes (évangélique américain, religieux israélien, islamiste arabe). De l'autre, une "business diplomacy" trumpiste qui traite la région comme un marché. Ces deux logiques s'excluent mutuellement — et aucune ne pense aux populations. Tant que ce duo est aux commandes, la paix n'est pas un horizon réel.
    2. La paix par la prospérité, puis la paix par la force — deux échecs annoncés (~0:09:57 – 0:13:00) Trump a d'abord testé la "paix par la prospérité" (accords d'Abraham). Après le 7 octobre, il est passé à la "paix par la force" (guerres en Iran). Aucune des deux n'intègre les populations civiles. C'est une géopolitique de businessmen qui ignorent que la paix se construit avec les gens, pas autour d'eux.
    3. Le 7 octobre comme réponse directe à la normalisation saoudienne (~1:04:00 – 1:07:38) Ce que j'ignorais et que Yasmina documente dans son livre : le Hamas a lancé les attaques du 7 octobre en réaction directe à la normalisation imminente entre Israël et l'Arabie Saoudite. MBS était apparu sur Fox News pour dire que la reconnaissance était prochaine. Le Hamas ne pouvait pas atteindre les dirigeants, alors il a frappé la population civile pour créer une surréaction qui rendrait la normalisation impossible. Deux ans après, ça a marché.
    4. Trump, l'enrichissement personnel comme boussole géopolitique (~0:48:15 – 0:55:54) Ce n'est pas une thèse complotiste — c'est documenté. Avant chaque déplacement dans la région, c'est le fils de Trump qui signe les contrats. Des achats de drones et d'hydrocarbures dans le premier cercle présidentiel quelques jours avant la guerre en Iran. Un avion présidentiel offert par le Qatar. Une rivière à 40 km de Doha. Yasmina le dit avec des chiffres, pas des opinions.
    5. La confiance ne se bâtit pas avec des contrats, mais avec de l'éducation et de la culture (~1:09:09 – 1:13:35) L'exemple franco-allemand est là : personne en 1945 n'aurait parié sur cette réconciliation. Ce qui a marché, ce n'est pas le business. C'est Erasmus, l'apprentissage des langues, la codépendance culturelle. C'est ça que le Moyen-Orient n'a pas encore eu le droit d'expérimenter.
    6. Hamas et gouvernance par la peur — le paradoxe des sondages (~0:56:41 – 1:01:02) Un chiffre contre-intuitif : l'adhésion au Hamas est plus forte dans les territoires gouvernés par l'Autorité palestinienne que dans ceux gouvernés par le Hamas lui-même. Les populations qui vivent sous le régime connaissent la réalité. Celles qui n'y sont pas ont encore le fantasme. Même mécanique qu'en Iran.
    7. La jeunesse comme seule vraie variable d'espoir (~1:17:49 – 1:21:48) Pas le business. Pas les PDG. La jeunesse — diplomates de 30 ans, entrepreneurs locaux, femmes qui prennent la parole. Une région qui est aussi de beauté et de rêves, pas seulement de destruction. C'est la seule chose qui donne envie du futur à Yasmina. Et après cette conversation, à moi aussi.
    Questions posées dans l'interview
    C'est quoi, selon toi, les dynamiques dans le Moyen-Orient que la majorité des gens ne comprennent pas ?
    Quand ils parlent de paix, dans aucun des cas ils envisagent les humains qui sont sur place — tu confirmes ?
    Est-ce que le gouvernement Netanyahou est symétrique à l'Iran dans sa logique messianique ?
    Y a-t-il vraiment une scission profonde dans la société israélienne, ou c'est du bruit médiatique ?
    Pourquoi un certain nombre de personnes de confession juive ne sont pas nécessairement sionistes ?
    Est-ce juste de dire que l'État d'Israël est né de l'antisémitisme européen ?
    Quel a été le rôle de la guerre froide dans la région, et comment Kissinger a tout changé ?
    Comment le Hamas a réussi à prendre autant de pouvoir en Palestine ?
    Y a-t-il une volonté réelle d'une solution à deux États, côté Netanyahou, côté Hamas, côté Hezbollah ?
    Qu'est-ce qui te donne envie du futur dans cette région, malgré tout ce qu'on vient de dire ?
    Références citées
    Livres
    Le mirage de la paix — Yasmina Asraragiz (son propre livre, fil rouge de l'entretien)
    Accords et documents historiques
    Déclaration Balfour (document britannique autorisant la création d'un État israélien) — ~0:31:46
    Accords d'Oslo (Israël / Autorité palestinienne, Rabin / Arafat) — ~1:02:49
    Accords de Camp David (Israël / Égypte, Sadat / Begin) — ~1:03:30
    Accords d'Abraham (normalisation entre Israël et pays arabes) — ~0:10:30
    Personnalités historiques
    Théodore Herzl (fondateur du sionisme) — ~0:28:09
    Henry Kissinger (diplomatie navette, guerre de Yom Kippour) — ~0:37:27 et ~0:39:52
    Anwar Sadat (assassiné après Camp David) — ~1:03:36
    Yitzhak Rabin (assassiné après Oslo) — ~1:02:49
    Golda Meir — ~0:40:19
    Ben Gurion — ~0:29:00
    Personnalités contemporaines
    Charlie Kirk (messianisme évangélique US) — ~0:05:35
    Donald Trump et Jared Kushner — ~0:46:00 / ~0:48:15
    Steve Witkoff (envoyé spécial US au Moyen-Orient) — ~0:07:00
    Mohamed Ben Salman (MBS) — ~1:04:30
    Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich (extrême droite israélienne) — ~0:26:00
    Netanyahou — multiple occurrences
    Reza Pahlavi (cité comme potentiel successeur du régime iranien) — ~0:13:00
    Événements
    Guerre de Yom Kippour (1973) — ~0:38:00
    Guerre des Six Jours — ~0:39:52
    Guerre civile libanaise / guerres israélo-libanaises — ~0:19:50
    7 octobre 2023 — ~1:04:00
    Embargo pétrolier arabe de 1973 — ~0:38:30
    Crise du canal de Suez — ~0:43:10
    Afghanistan / Al-Qaïda / talibans (financement CIA) — ~0:43:29
    Institutions
    ONU / Conseil de sécurité — ~0:14:07
    FINUL (force de l'ONU au Liban) — ~0:20:30
    Congrès américain — ~1:05:00
    Timestamps clés (optimisés YouTube)
    00:00 — Introduction Gregory présente le podcast et pose la question fondatrice : peut-on encore se réjouir du futur ?
    00:34 — Qui est Yasmina ? Ancienne diplomate, doctorante, autrice du Mirage de la paix. Gregory souligne la rareté : une femme jeune, maghrébine, qui parle de géopolitique avec une expertise rare.
    02:00 — Pourquoi si peu de femmes dans l'analyse géopolitique ? Yasmina explique le coût psychique de ce domaine et comment les femmes s'auto-excluent d'un sujet porté historiquement par des hommes.
    05:35 — Les deux forces qui bloquent la paix Idéologues messianiques (US, Israël, monde arabe) d'un côté. Business diplomacy opportuniste de l'autre. Aucun ne pense aux populations.
    09:57 — Paix par la prospérité vs paix par la force Les deux doctrines Trump expliquées. Pourquoi aucune ne peut produire une vraie paix durable.
    14:07 — Israël et Iran : guerre existentielle Les deux camps croient jouer leur survie. Quand vous êtes en mode existentiel, le droit international ne compte plus.
    27:41 — Origines du sionisme et débat interne Herzl, les rabbins anti-sionistes, la gauche soviétique : l'histoire du sionisme que personne ne raconte vraiment.
    31:46 — L'État d'Israël est-il né de l'antisémitisme européen ? La déclaration Balfour, ses motivations réelles, les Juifs instrumentalisés. Yasmina répond avec les archives.
    37:27 — Kissinger et le pivot américain vers le Moyen-Orient Guerre de Yom Kippour, embargo pétrolier, naissance de la diplomatie navette. Le moment où les US ont compris l'enjeu.
    48:15 — Trump : enrichissement personnel comme boussole géopolitique Chiffres, contrats, famille, avion qatari. Yasmina documente ce qui est souvent dit mais rarement démontré.
    56:41 — Comment le Hamas a pris Gaza Gouvernance par la peur, assassinats politiques, et le paradoxe des sondages : l'adhésion au Hamas est plus forte là où il ne gouverne pas.
    1:04:00 — Le 7 octobre comme réponse à la normalisation saoudienne La révélation centrale du livre. Le Hamas a frappé pour empêcher un accord de paix imminent entre Israël et l'Arabie Saoudite.
    1:09:09 — Ce qu'il faudrait vraiment pour une paix Moins d'idéologues, moins de business. Plus d'éducation, de culture, de codépendance humaine. L'exemple franco-allemand.
    1:14:52 — Le rôle du Maroc et des pays du Maghreb La relation Maroc-Israël analysée : démographie partagée, coopération sécuritaire, projets culturels. Un cas à part dans la région.
    1:17:49 — Ce qui donne envie du futur : la jeunesse Des diplomates de 30 ans, une jeunesse qui rêve, un Moyen-Orient de beauté que la guerre cache. La seule vraie variable d'espoir.
    1:21:54 — VLAN final Claquer la porte au messianisme. L'ouvrir à la jeunesse moyenne-orientale et aux défenseurs de la paix.

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #321 (partie 1) Israël-Palestine : Comprendre et décrypter le conflit avec Vincent Lemire (https://audmns.com/FvEjGWR)

    #312 Les défis géopolitiques d’un monde hors de contrôle avec Thomas Gomart (https://audmns.com/jscnrns)

    #345 L'occident ne comprends plus le monde avec Pierre Haski (partie 1) (https://audmns.com/yGmnzUq)

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Generated: 5/6/2026 - 12:44:51 AM