C dans l'air du 21 mai 2026 - Carburants : la crise s'aggrave, les caisses sont vides...
L'impact économique du conflit au Moyen-Orient risque de se faire davantage sentir cet été. Le marché pétrolier pourrait entrer dans une « zone rouge », avec une pénurie d'offre en « juillet ou en août », en l'absence d'issue durable au conflit au Moyen-Orient, a alerté ce jeudi le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie, Faith Birol. Alors que la crise des carburants s’aggrave, en France, le Premier ministre doit annoncer en fin d’après-midi de nouvelles aides pour le mois de juin, encore très ciblées. Le gouvernement promet de « changer d’ampleur et d’échelle » pour protéger « les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés » par la flambée des prix à la pompe. Mais il s’agit avant tout d’« adapter » les dispositifs de soutien à l’activité économique, sans dégrader les comptes. L’exécutif n’est « pas là pour faire des aides généralisées », parce que le « quoi qu’il en coûte, c’est terminé », a martelé dimanche sur France 3 le ministre de l’Économie, Roland Lescure.
Pas question donc de changer de cap : la stratégie reste la même, quand bien même la crise s’installe et que les voyants économiques virent au rouge. Croissance nulle au premier semestre, inflation, faillites record… Nombre d’entreprises sont désormais au bord de l’asphyxie, mais les ménages aussi. Le dernier sondage Elabe-BFMTV publié ce mercredi 20 mai révèle une aggravation nette du sentiment d’étouffement financier. Ainsi, 81 % des Français déclarent aujourd’hui se « serrer la ceinture », dont 26 % disent le faire « beaucoup ». Les catégories populaires restent les plus touchées, avec 88 % de personnes contraintes de réduire leurs dépenses, mais le phénomène gagne aussi les classes intermédiaires et une partie des catégories aisées. Signe de ces difficultés, près de trois Français sur dix disent avoir été régulièrement à découvert au cours des douze derniers mois, avec un seuil critique qui intervient désormais, en moyenne, dès le 16 du mois.
Dans ce contexte, plus de huit Français sur dix disent avoir modifié leurs comportements d’achat ces derniers mois. Promotions, marques de distributeur, suppression de certains produits ou recherche systématique d’articles moins chers deviennent des réflexes. Parallèlement, de nombreux salariés s’organisent pour se rendre au travail en dépensant le moins possible : bus, train, covoiturage… Mais les conducteurs et les entreprises doivent faire face à une recrudescence des vols de carburant. Les gendarmeries alertent sur une multiplication des siphonnages de réservoirs. En raison de la flambée des prix, l’essence et le diesel sont devenus très convoités par les voleurs.
Alors les risques de pénurie de carburants sont-ils réels lors des vacances d'été ? Quelles nouvelles aides pour faire à la flambée des prix ? Jusqu'où ira l'inflation ? Quels produits alimentaires pourraient bientôt coûter plus cher ?
Nos experts :
- Christophe BARBIER - Éditorialiste politique, conseiller de la rédaction de Franc-Tireur
- Dominique SEUX - Éditorialiste aux Echos et sur France Inter
- Stéphanie VILLERS - économiste, spécialiste des questions de Finances, conseillère économique de PwC France, un cabinet de conseils auprès des entreprises
- Olivia DETROYAT - journaliste économique au figaro, en charge de la grande consommation