C dans l’air du 13 mars 2026 - Un soldat français tué, six blessés : la France entraînée dans la guerre ?
Il s’appelait Arnaud Frion et appartenait au 7e bataillon de chasseurs alpins de Varces, dans l’Isère. L'adjudant-chef a été tué jeudi soir dans une attaque de drones contre une base de la coalition internationale dans la région d’Erbil, en Irak. Six autres soldats ont été blessés lors de cette frappe.
Un groupe armé irakien pro-iranien, nommée Ashab al-Kahf, apparu en 2019, a annoncé vouloir cibler tous les intérêts français en Irak et dans l’ensemble de la région « après l’arrivée du porte-avions français ».
La présence de l’armée française en Irak n’est pas en lien avec le conflit en cours au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par les frappes américaines et israéliennes sur l'Iran. Depuis 2014, l’armée française est engagée dans la coalition internationale formée pour combattre l’organisation djihadiste État islamique. La mission principale des militaires français est la formation des forces irakiennes et des combattants kurdes peshmergas, notamment dans la région d’Erbil, capitale du Kurdistan irakien.
« Nos soldats ont été frappés alors qu'ils luttaient contre le terrorisme. La position de la France est purement défensive », a affirmé Emmanuel Macron ce vendredi. En début de semaine son côté, le président de la République avait justifié le déploiement du Charles de Gaulle en Méditerranée par un souci « de protection » de Chypre et de la présence française dans la région, où vivent 400 000 Français et où sont engagés de nombreux militaires. Dénonçant une attaque « inacceptable », le président de la République a rendu hommage à l'adjudant-chef Arnaud Frion, « mort pour la France ». « La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques », a déclaré le chef de l’État, ajoutant : «La France continuera à faire preuve de sang-froid, de calme, de détermination, d'être fiable vis-à-vis de nos partenaires, de protéger nos ressortissants et de défendre nos intérêts et notre sécurité ».
La France est visée directement, alors que l’Iran et ses alliés poursuivent les frappes de drones et de missiles dans la région, au lendemain de l’appel du nouveau Guide suprême iranien à maintenir le détroit d'Ormuz fermé et à étendre le conflit. Selon le gouverneur d’Erbil, le Kurdistan irakien a essuyé depuis hier plus de 30 attaques de drones. Des drones ont frappé le sultanat d’Oman, d’autres ont été interceptés en Arabie saoudite et en Israël.
Face à la crise énergétique et à la flambée des prix, les États-Unis ont annoncé ce vendredi autoriser, de manière temporaire, la vente du pétrole russe stocké sur des navires. En France, le gouvernement a obtenu des distributeurs de carburants qu’ils plafonnent ou baissent de 10 à 30 centimes par le prix au litre. Mais jusqu'à quand ? Deux semaines après le début de la guerre au Moyen-Orient, les prix du pétrole flambent.
Alors pourquoi la France est-elle ciblée ? Quelle est la situation au Moyen-Orient ? Quels conséquences en France ? Se dirige-t-on vers une crise économique et financière mondiale ?
Experts :
- Dominique TRINQUAND - ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU, autrice de D’un monde à l’autre publié chez Robert Lafont
- Lucas MENGET - Grand reporter, spécialiste des questions internationales, correspondant en Irak pendant douze ans
- Patricia ALLEMONIERE - grand reporter, autrice de géopolitique du Sahel publié chez PUF
- Alain PIROT - Journaliste, réalisateur, spécialiste des questions de défense, ancien correspondant en Israël