C dans l’air du 3 février 2026 - Budget adopté, qui va payer ?
Fin du marathon budgétaire. Après l’échec, hier, des ultimes motions de censure déposées par la gauche, à l’exception des socialistes, et par l’extrême droite, la loi de finances pour 2026 est considérée comme définitivement adoptée. En dépit de sa promesse d’y renoncer, Sébastien Lecornu aura dégainé trois 49.3 (sur la partie recettes, la partie dépenses, puis le texte définitif) pour faire passer sans vote le texte, négocié avec le socle commun et les socialistes, sur lequel les députés ne sont pas parvenus à s’accorder. Encore quelques jours, le temps que le Conseil constitutionnel l’analyse et en retire les articles non conformes à la Constitution, et il sera promulgué. Le budget 2026 devrait entrer en vigueur autour du 10 février.
Ainsi s’achève une longue séquence entamée dès le 15 juillet 2025, lorsque le Premier ministre d’alors, François Bayrou, avait avancé de premières pistes. Plus de deux cents jours de discussions, de débats électriques et de tractations ont suivi. Alors, quel est le contenu du budget 2026 ? La copie initiale envisageait de réduire le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026, contre 5,4 % du PIB en 2025. Il prévoit finalement un déficit public de 5 %, à hauteur de 131,9 milliards d’euros. Impôts, taxes, économies… Quelles sont les principales mesures ? Qui sont les gagnants et les perdants ?
La séquence politique autour du vote du budget 2026 laisse des traces sur la cote de popularité des principales formations politiques et de leurs représentants. Alors que la campagne des municipales débute, un sujet s’impose. Sur le terrain, les candidats vont à la rencontre des Français et un thème est au cœur des préoccupations : le logement. Il s’agit du poste de dépense qui pèse le plus sur leur pouvoir d’achat et qui a le plus augmenté ces dix à quinze dernières années.
« Tous les signaux sont au rouge », alerte ces derniers jours la Fondation pour le logement, qui dépeint, dans son dernier rapport, 2025 comme une année noire, avec près d’un million de personnes sans logement personnel en France. Parmi elles, environ 350 000 sont sans domicile ou hébergées en structures d’urgence, dont 40 000 vivent à la rue, tandis que 600 000 personnes sont contraintes d’être hébergées chez des tiers. Plus de 900 décès de personnes sans-abri ont été recensés en 2025. Au total, 4,2 millions de personnes sont aujourd’hui sans logement ou mal logées en France. À ce chiffre s’ajoutent 12,3 millions de personnes fragilisées par la crise du logement : ménages en impayés de loyers, victimes de la précarité énergétique, situations de surpeuplement ou logements inadaptés au handicap.
« On n’avait jamais connu de telles tensions sur le front du mal-logement et de la pauvreté », a déclaré Christophe Robert, délégué général de la Fondation, dénonçant une réponse politique « très en deçà des besoins ». Selon lui, l’année 2025 s’est achevée « comme elle avait commencé : sans budget, dans l’instabilité politique et l’illisibilité de l’action gouvernementale ». La Fondation appelle également à la mobilisation des élus locaux pour enrayer une « spirale inquiétante ».
Les situations varient selon les territoires, mais aucun n’est épargné. À Paris, l’habitat prend déjà une place centrale dans la campagne, avec des propositions très opposées, à gauche comme à droite.
Nos experts :
- JÉRÔME JAFFRÉ - Politologue - Chercheur associé au CEVIPOF
- FANNY GUINOCHET - Éditorialiste économique - France Info
- MATHILDE SIRAUD - Rédactrice en chef du service politique - Le Point
- JÉRÔME FOURQUET - Directeur du département Opinion - Institut de sondages IFOP, auteur de Métamorphoses françaises